Les jeunes licenciés du judo club de Saint-Étienne-du-Rouvray ont accueilli pour leur dernier cours de l’année un entraîneur de marque : Ugo Legrand, qualifié pour les JO de Londres. Dans la famille Legrand il y a deux cousins ce jeudi soir sur le tatami stéphanais. Enzo, l’entraîneur du club avait convié Ugo à venir prendre les rênes du dernier entraînement de saison. Évidemment, quand on a 12 ou 14 ans – et même lorsqu’on est adulte –, ce n’est pas tout à fait rien de se faire expliquer un geste technique par un tout récent champion d’Europe des moins de 73 kg. Un athlète qui s’apprête à disputer ses premiers Jeux olympiques, cet été à Londres. Les élèves étaient venus en nombre approcher le sportif de haut niveau. Des parents aussi assistent à la séance, téléphone portable ou appareil photo en main pour immortaliser cet instant. Claude Conord, le président du club est là lui aussi, visiblement ravi de l’événement qui se joue.
Après l’échauffement, les choses sérieuses commencent. "Guillaume, tu viens pour montrer l’exercice…" L’adolescent se positionne devant Ugo qui propose aux élèves de travailler une évolution d’un geste technique assez basique. Une fois l’explication donnée, les judokas, par groupe de deux, s’exercent à la réitérer sous l’œil attentif de l’entraîneur de marque.
Malgré un palmarès impressionnant et des ambitions olympiques affichées, Ugo Legrand reste tout à fait disponible et à l’écoute des benjamins et minimes du judo club qui le sollicitent. Particulièrement heureux d’en découdre avec un champion, Amin, 9 ans, ne perd pas une miette des explications livrées par Ugo. Son papa assure que son fiston attendait cette rencontre avec impatience ; le jeune garçon, lui, feint d’être blasé : "En fait, il est plus impressionnant à la télévision". Tessia 16 ans joue les groupies : "Il est trop beau ! C’est sûr j’apprends mieux avec lui", lâche-t-elle en pouffant de rire. De son côté, Nancy Limoges, la trésorière du club et élève depuis six mois, avoue son "appréhension : il pourrait être mon fils !"
La fin du cours sonne. Un dernier salut, puis c’est l’heure des photos et des dédicaces. "Cela fait partie du jeu, assure Ugo Legrand, c’est un plaisir pour moi. J’accepte l’invitation parce qu’il s’agit de la famille, mais aussi parce que je sais que cela marque quand on est enfant. je me souviens parfaitement d’avoir admiré André Allard, un athlète de haut niveau de
Grand-Quevilly qu’on suivait de près avec Enzo. Ce sont des rencontres qui donnent le goût de la compétition, précise-t-il en souriant. Mais c’est ici une de mes toutes dernières sorties. Les stages de préparation aux Jeux olympiques vont désormais s’enchaîner, avant que l’équipe de France ne rejoigne son camp de base, au Touquet."
Fin juillet, Ugo Legrand entrera en compétition à Londres, avec pour objectif : la médaille d’or de sa catégorie.