(fil-fax 20/07/12)
Dans une contribution thématique déposée en vue du Congrès du Parti socialiste à Toulouse, Marc-Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil, vice-président du conseil régional de Haute-Normandie, appelle à la mise en œuvre d’un « plan national de rénovation urbaine de deuxième génération (…) pour éviter, non pas l’explosion des banlieues ou le désespoir des jeunes (…) mais une république bancale, un pays à deux vitesses », écrit M. Jamet qui est également premier secrétaire de la fédération de l’Eure du Parti socialiste. Sa commune fait l’objet d’une ORU (Opération de renouvellement urbain) d’un montant global de 95 M€.
Marc-Antoine Jamet avance neuf propositions. Il plaide tout d’abord pour un renouvellement urbain « synonyme de diversité architecturale », convaincu que « la “richesse visuelle/esthétique“ est un facteur de mixité ». Sur ce point il cite en exemple Rouen et le quartier Grammont « autour de la médiathèque imaginée par Rudy Ricciotti » qui avait pourtant suscité un débat virulent entre le maire centriste Pierre Albertini et les socialistes alors dans l’opposition municipale. Cette dernière ne remettait pas en cause le choix de Rudy Ricciotti mais le transfert de la médiathèque du centre de Rouen vers un quartier périphérique.
M. Jamet appelle à une « révolution technologique » estimant que « l’exemple de la fibre optique est central ». et prône un effort d’innovation en faveur de l’habitat ancien avec des solutions « moins tape-à-l’œil » que de faire du neuf qui ne représente par an que l’équivalent de 1% du bâti existant.
Le renouvellement urbain doit être créateur d’emplois, demande M. Jamet qui propose la constitution d’une “agence nationale pour le développement économique des banlieues“, qui aurait vocation à démarcher des entreprises, des marchés, des investissements au bénéfice des villes et quartiers de grande pauvreté. Pour « associer les habitants », il suggère des expériences d’autoproduction par exemple dans les travaux mineurs de réhabilitation du logement.
En matière de mixité sociale, M. Jamet veut éviter les « logements spécifiques dans des bâtiments dédiés ». Sur la question de la diversité il considère que pour « comprendre la misère en couleurs », il faut oser, « des statistiques nationales pour mieux lutter contre les concentrations qui parquent les immigrés et les communautés dans les logements dégradés et les quartiers défavorisés ».
Pour un aménagement « de tout le territoire », M. Jamet juge majeure « la réhabilitation de la ville/bourg existante en ville/bourg durable » et que l’on s’attaque à une mobilité individuelle pourtant de moins en moins supportable pour les ménages tant elle est financé par un « troisième loyer », celui des transports après le logement et l’énergie.
Il faut des synergies entre la politique de la ville et les innovations territoriales associées aux pôles de compétitivité et aux universités. Enfin, il appelle à une fusion ANRU-EPARECA-ACSE (*), évitant ainsi « le constat rituel que chaque structure nationale (et sectorielle) a bien rempli ses objectifs, mais pas au même endroit ou au même moment ».
(*) Agence nationale de renouvellement urbain ; Établissement public national d’aménagement et de restructuration des espaces commerciaux et artisanaux ; Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances