(fil-fax 20/07/12)
Dans la nuit de lundi à mardi un agent SNCF de l’Infralog Normandie a mis fin à ses jours sur son lieu de travail à Sottevilles-les-Rouen, a indiqué jeudi Cyrille Baglan, porte-parole du syndicat Sud Rail Normandie. Cet agent de 53 ans, père de cinq enfants, a été retrouvé pendu dans l’atelier où il était affecté. Il faisait partie de l’équipe chauffage de l’ABE « Agence Bâtiment Energie » depuis plus de 30 ans. La police en charge de l’enquête aurait retrouvé sur place une lettre du désespéré dans laquelle il aurait fait mention de ses difficultés professionnelles, croit savoir le syndicat. L’équipe de chauffagistes « venait de subir une nouvelle restructuration, la direction de l’Infra ayant fermé tout le service depuis le 1er juillet pour brader la charge de travail à des entreprises extérieures », précise le porte-parole. Dans un communiqué de presse, les syndicats SUD-Rail et Solidaires affirment que cet évènement tragique “vient s’ajouter à une liste bien trop longue qui illustre de façon dramatique la situation de souffrance des salariés à la SNCF“. En cinq ans, « 22 salariés de la SNCF ont mis fin à leurs jours sur leurs lieux de travail » auquel le syndicat ajoute 26 autres suicides survenus ces trois dernières années en dehors de l’entreprise. Cyrille Baglan regrette que « les restructurations imposées aux cheminots engendrent la perte de repères des salariés par l’absence de perspectives d’avenir, fragilisent la sécurité ferroviaire, détruisent les collectifs de travail et augmentent la souffrance au travail ». De son côté, Jocelyne Kriner, directrice régionale adjointe de la SNCF, a confirmé qu’une enquête interne collective avait été lancée à la suite de cet « évènement dramatique ». « L’objectif est de comprendre les raisons multiples qui ont conduit l’agent à commettre ce geste », a-t-elle indiqué. « Contrairement aux allégations des dirigeants, qui ne manquent jamais de supposer des “problèmes personnels“ chez les victimes pour évacuer leurs responsabilités, il est établi de façon certaine que ce n’est jamais par hasard que l’on se suicide dans son entreprise », commente sur ce point le syndicat Sud Rail.