(fil-fax 21/09/12)
La ville de Saint-Etienne du Rouvray sera candidate pour un prolongement de l’ORU – Opération de renouvellement urbain – qu’elle conduit dans le cadre des programmes de l’ANRU, a indiqué jeudi son maire Hubert Wulfranc (PCF) lors d’une rencontre avec la presse. L’ORU actuellement en cours d’achèvement et qui s’élève à quelque 130 M€ (1.000 logements détruits, 1.000 logements reconstruits) et concernait pour l’essentiel les quartiers du Château-Blanc. Dans l’attente d’un nouveau dispositif que prépare le ministère de la Ville, M. Wulfranc a appelé « au prolongement de l’effort » dans le domaine urbain, avec son accompagnement social. « D’autant plus qu’ici nous sommes prêts. Je dispose d’un pré-programme de l’ordre de 60 M€ », avance le maire de la ville de 30.000 habitants. Parmi les opérations en magasin, il espère un achèvement de la reconstruction du Château-Blanc qui bute maintenant sur deux tours d’immeubles de co-propriétés, matériellement et socialement dégradées. Ni leur réhabilitation ni leur démolition ne sont possibles en l’état. Lors d’une récente visite sur place du préfet de région, Pierre de Bousquet, le maire de Saint-Etienne avait insisté sur ce type de blocage qui empêche d’achever des programmes de logements sociaux. Cette situation n’est pas spécifique à la commune de l’agglomération rouennaise. A Val-de-Reuil où une ORU est également en cours d’achèvement, un problème similaire se pose.
Dans le domaine urbain, Saint-Etienne du Rouvray entend également obtenir un accompagnement pour la population étudiante qui réside sur le campus du Madrillet, autour du technopôle du même nom. Ce sont maintenant 4.500 jeunes qui étudient dans cette partie sud de l’agglomération de Rouen, avec des logements mais un déficit d’offres de loisirs et d’activités. « Les associations étudiantes me demandent des accès aux terrains de foot, aux salles festives… L’équipement socio-culturel du technopôle doit être renforcé. Il faut une ambition importante », demande instamment Hubert Wulfranc en se tournant vers la CREA.
Saint-Etienne du Rouvray est également très attentive à la question des rythmes scolaires, de la semaine de quatre jours et demi avec le mercredi matin à l’école et de la réduction d’une heure de la journée. La commune a déjà mie en place des espaces péri-scolaires matin, midi et soir, dans le cadre d’une convention avec la Caisse d’Allocations Familiale et l’Education nationale. « On est prêt à apporter notre contribution, mais avec la solidarité de l’Etat », prévient M. Wulfranc qui prévoit une multiplication par deux du coût pour la commune et ses 1.100 enfants scolarisés, de 350.000 € à 700.000 €. « Pour nous, ce ne sera pas une feuille blanche grâce à notre expérience. Nous réfléchissons à des hypothèses. Il faudra seulement que nous en sachions plus. Nous votons le budget en décembre… ».
Danger du Traité européen
Le maire communiste, conseiller général du canton de Saint-Etienne du Rouvray, livre une analyse moins radicale que certains de ses amis politiques sur l’action du nouveau gouvernement. « L’héritage est encore bien présent avec un patronat qui assure le service après-vente en direct », assène Hubert Wulfranc. « Les premiers pas de ce gouvernement doivent encore être regardés avec bienveillance, tant la situation est lourde pour tous ceux qui ont participé à sa mise en place ».
Seulement, ajoute M. Wulfranc, « la situation pourrait très très vite devenir périlleuse ». Et sur ce point il se déclare « préoccupé » par la référence à l’échéance 2014 retenue par le Président de la République. « la volonté politique doit s’accompagner de moyens concrets et législatifs ».
Le traité européen qui sera soumis au Parlement ne trouve pour autant grâce. « C’est un socle très dangereux pour atteindre l’engagement du Président de la République de rétablir une situation acceptable à échéance de deux ans. C’est un premier obstacle à ce qui est annoncé ».