Hier soir je me suis rendu au lancement de la campagne mondiale pour l’abolition universelle de la peine de mort. Laurent Fabius, qui en a pris l’initiative, accueillait au Ministère des Affaires étrangères nombre de militants reconnus à travers le monde pour leur engagement fort contre la peine de mort. Avocats, diplomates, anciens condamnés comme Ahmed Haou, ancien condamné à mort marocain, intervenaient lors de différents forums. La date n’était pas choisie au hasard. Chacun se souvient de la voix de Robert Badinter intervenant à la tribune de l’assemblée nationale et qui résonne encore comme la plus belle des plaidoiries contre cette infâme condamnation : ” Demain, grâce à vous la justice française ne sera plus une justice qui tue. Demain, grâce à vous, il n’y aura plus, pour notre honte commune, d’exécutions furtives, à l’aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises. Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées. “. Ces mots prononcés dans l’hémicycle le 17 septembre 1981 restent associés au long combat contre la peine de mort qui a commencé bien avant la Révolution française avec Cesare Beccaria, s’est poursuivi avec des grandes figures comme Victor Hugo, Lamartine ou encore Aristide Briand. La loi du 9 octobre 1981 mettait un point final à ce châtiment en France. Robert Badinter, présent hier soir, le verbe haut, le regard vif, n’a jamais cesse le combat. Il reste de part le monde des pays qui pratiquent la peine de mort. Le combat est universel. Universel car la peine de mort constitue bien une violation des droits de l’Homme.