(fil-fax 27/10/12)
L’Agence Régionale de Santé (ARS) et la Communauté de l’Agglomération Havraise (CODAH) ont signé vendredi le Contrat Local de Santé (CLS) mis en place dans le cadre de la loi Hôpital, Patients, Santé, Territoires (HPST) du 21 juillet 2009. Destiné à réduire les inégalités sociales et territoriales de santé sur un territoire de 17 communes de quelque 220 000 habitants, il s’appuie sur six axes stratégiques : Santé et environnement, Promotion de la santé et renforcement de la prévention, Accès aux soins (démographie médicale), Accès aux soins des personnes dépendantes), Périnatalité et Petite Enfance, Santé mentale.
Si Le Havre n’est pas la première en Normandie à signer le CLS, après l’agglomération Seine-Eure et la ville de Saint-Etienne du Rouvray, la ville et son agglomération s’inscrivent dans une tradition historique d’initiatives en faveur de la santé, intégrée dans ses compétences. Elle est ainsi la première à se doter, en 1879, d’un bureau municipal d’hygiène suite à une épidémie de choléra. En 1950, un Syndicat intercommunal d’hygiène est créé regroupant six puis 19 communes de la région (il a été dissous en 2003 et son personnel transféré à la CODAH). Des centres municipaux de soins ont aussi été implantés dans les quartiers, progressivement fermés depuis 1993, suite à la généralisation du tiers payant. La Ville a recruté un médecin de santé publique pour diriger le service Santé et ouvert en janvier un centre dentaire accueillant des étudiants de l’université de Lille. « Les missions de santé sont ainsi passées d’une culture de soins à une culture de santé publique, c’est-à-dire de prévention et plus encore de promotion de la santé, dont l’objectif est d’aider chacun à être acteur de sa propre santé », explique-t-on à la CODAH.
Et pourtant. Le territoire de l’agglomération du Havre souffre de nombreux handicaps : taux de mortalité générale et prématurée -en particulier par cancer -, insuffisance dans l’offre médico-sociale pour personnes âgées, l’offre de soins et la qualité de l’air (24 décès attribués en 2003 à la qualité de l’air pour 100 000 habitants). Et « 60 000 habitants soit près d’un tiers de la population ressortent de la politique de la ville », rappelle Claude d’Harcourt, directeur de l’Agence Régionale de Santé pour qui la problématique essentielle est celle de l’environnement. Près de deux ans auront été nécessaire pour l’établissement du CLS. Un Diagnostic territorial de Santé a d’abord été établi, suite aux Diagnostics faits par les Ateliers Santé Ville puis une étude qualitative sur l’accès aux soins. « L’un des atouts du Havre est un maillage associatif fort qui permet un travail en partenariat efficace », remarque Claude d’Harcourt.
Natalie Castetz
60 actions
La CODAH et l’ARS s’engagent pour une période de trois ans à « développer la politique volontariste de santé publique, notamment en consolidant le partenariat local sur les questions de santé dans le cadre de la mise en œuvre du projet régional de santé (PRS) ». Une soixantaine d’actions ont été définies, variées : création d’un pollinarium sentinelle aux Jardins suspendus, ateliers Cuisine, contrat de lutte contre la précarité énergétique, création d’un réseau gérontologique ville-hôpital, points d’accueil Prévention santé ou évaluation des Risques Sanitaires de Zone sur l’agglomération havraise. La CODAH assure pour 2013 un financement de près de 400 000 €, l’ARS apportera un montant annuel d’environ 100.000 €.