Les commerçants de Rouen au bord de la crise de nerfs

Vides les rues commerçantes de Rouen ? (Dvelec)

Vides, les rues commerçantes de Rouen ? (Dvelec)


« Étouffés, pris à la gorge, ras-le-bol ». Ce sont les mots que certains commerçants ont prononcé à l’issue de la manifestation organisée, lundi matin, devant la mairie de Rouen, dans le but d’interpeller le maire, Yvon Robert. Ces derniers se disent dans une situation critique à cause de la circulation compliquée, des places de stationnement payantes qui fleurissent, mais aussi des amendes régulières que reçoivent les clients « même lorsqu’ils ne s’arrêtent que deux minutes ».
La fermeture du pont Mathilde a aggravé le phénomène mais n’est pas le seul problème des boutiquiers rouennais.

Livraison de bouquets en métro

Pour la gérante de la fleuristerie Florabel située place Saint-Vivien, la fermeture du pont Mathilde ne semble pas avoir de réelles conséquences sur son chiffre d’affaires. « Nous, on s’est organisé à la fermeture du pont. Nous avons souvent des bouquets de fleurs à livrer, que ce soit rive droite où rive gauche. Nous y allons en métro et en Téor ! On ne perd pas plus de temps qu’en camionnette avec les bouchons », explique la fleuriste à 76actu.

Son réel souci est ailleurs dans la rue. Cette dernière pointe du doigt les agissements de certains agents municipaux. « Un client se gare en double file à peine 5 minutes pour récupérer un bouquet et on lui colle une amende ! Les agents passent 30 fois par jour dans la rue, on a l’impression qu’ils sont là à guetter ! », s’alarme cette commerçante, agacée.

Pour la gérante du 5 à sec situé rue Armand Carrel, c’est un peu la même réflexion. « C’est la crise, pas le pont Mathilde qui fait fuir les clients ! Notre clientèle est principalement du quartier, pour les autres, ils passent le midi pendant les heures de repas au lieu de venir le soir après le bureau comme avant que le pont brûle », précise cette dernière avant d’en arriver au même constat que sa consoeur : les agents municipaux font leur travail avec une incroyable efficacité !

Un stationnement très compliqué

Changement de quartier avec la Croix de Pierre cette fois-ci. Le quartier est très commerçant, le passage des clients, c’est du matin au soir.
Pour David Omont, le patron de la boucherie-charcuterie plusieurs fois championne de France de boudin, « la fermeture du pont Mathilde n’est pas un souci ». « Mais il est vrai que l’on voit plus de monde le midi venir chercher des plats préparés. Des clients qui rentraient manger à la maison le midi avant la fermeture du pont et qui restent sur place maintenant. Nous, c’est bon pour nos affaires », confie-t-il avec le sourire.

35 euros les cinq minutes en double file

Mais lorsque l’on évoque la problématique du stationnement, le boucher change de visage. « Cela fait 5 ans qu’on est installé ici, à la Croix de Pierre, ça a toujours été l’anarchie pour se garer. Tout le monde stationne en double file. Il y a deux semaines, un habitué garé en double file quelques minutes a pris 35 € ! Ça fait cher le kilo de boudin ! Je ne l’ai pas revu depuis ! » conclut David Omont.

La volonté affichée de la Ville de restreindre l’accès des automobilistes au centre-ville pose donc de sérieux problèmes aux commerces. Cette semaine, de nombreux travaux ont été mis en œuvre dans le centre-ville afin de rendre payantes des places de stationnement qui ne l’étaient pas encore. Rue Jean Lecanuet, les travaux rendent la circulation infernale depuis lundi 26 novembre.

Une grève des transports pour couronner le tout ?

Lundi soir, la CGT TCAR a déposé un nouveau préavis de grève pour une période de huit jours, du 15 au 23 décembre. La direction et les syndicats ne semblent toujours pas avoir trouvé un accord, malgré les réunions qui ont lieu toutes les semaines, selon les dires du directeur de la TCAR, Elie Franc.
Une grève des transports en commun juste avant Noël, alors que les clients fuient le centre-ville, serait un coup dur de plus. Certains avouent sans réserve que si aucune solution n’est trouvée, ils mettront la clé sous la porte. Les commerçants attendent de la municipalité des solutions viables, afin de voir les clients revenir en centre-ville.

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