Le tunnel, long de 575 mètres. (Photo : ©Levilly)
« Nous avons débuté avec les déviations des conduites souterraines de gaz situées sous le futur tracé et des lignes d’électricité et de téléphone localisées à proximité, afin qu’aucun de ces réseaux ne circule sous le tramway, de façon à ce qu’aucune panne ne pénalise l’équipement. Puis sont venus les travaux de déviation des conduites souterraines d’eau et d’assainissement », raconte Patrick Avot, le chef de projet havrais chez Systra.
Le groupe d’ingénierie-conseil dans le transport urbain et ferroviaire est habitué aux projets d’envergure ! Il a notamment œuvré dans la construction du tramway d’Alger, du métro de Dubaï, ou encore de Santiago. « Au Havre, le timing était très serré, mais il a été respecté. Un record », se félicite Patrick Avot.
Huit équipes, sur huit zones, en même temps
Dans son bureau, un grand planning – « un chemin de fer » coloré – montre l’avancée des travaux au fil de ces deux années. Ils se sont déroulés en simultané sur les différents secteurs de l’agglomération afin de tenir le délai de mise en service commerciale du 12 décembre 2012. La pose des rails a commencé sur l’avenue du Bois au Coq, début mars 2011. Suivront les secteurs Paul Verlaine, boulevard de Strasbourg et avenue du 8 mai 1945 en mars et avril 2011, puis le parc urbain de Mont-Gaillard et le cours de la République, en juin 2011.
« 75 000 m2 de terrassement, 3 300 rails (de 18 mètres de long !), 42 000 traverses, 55 000 m3 de béton, 3 500 soudures aluminothermiques… », liste le chef de projet qui évoque « 250 entreprises mobilisées », et jusqu’à 120 personnes sur le terrain. La volonté de la Codah (l’Agglomération du Havre) était claire : « atténuer au maximum la durée des nuisances », résume Patrick Avot.
« Alors que la réalisation d’un tel projet se fait habituellement tronçon par tronçon », pour le tramway de l’agglomération havraise, huit équipes ont travaillé simultanément sur huit zones de travaux.
Les travaux de voirie et de génie civil (lignes aériennes de contact, implantation de plateformes, des stations…), les aménagements urbains (trottoirs, pistes cyclables, plantations, éclairage, mobilier…), la pose des revêtements de sol, les plantations des arbres et autres travaux de finition (signalétique, réglage de la signalisation lumineuse de trafic…), ont été menés en parallèle sur les zones.
« Ne pas pénaliser les vacanciers, ni les étudiants…»
« Nous devions veiller à aller vite, mais aussi à ne pas pénaliser les vacanciers qui allaient à la plage, l’été, à ne pas perturber la circulation des pompiers et ne pas bloquer les accès à l’université », énumère le chef de chantier.
« L’un des aménagements les plus considérables », aura été le tunnel, long de 575 mètres et permettant le franchissement de la costière du Havre entre la ville basse et la ville haute.
12 000 m3 de béton pour le tunnel
Après 12 mois de travaux, l’excavatrice – une machine de 108 tonnes et 14 mètres de long – est venue à bout des 535 mètres. 35 000 m3 de déblais, 12 000 m3 de béton ! 400 mètres ont été percés par le sud, 135 par le nord. 80 personnes ont été mobilisées sur ce chantier.
La construction du centre de maintenance d’Octeville-sur-Mer, « ultramoderne », a également constitué un moment fort du chantier : « un site de cinq hectares avec le parking-relais, l’atelier de maintenance, la station-service, le bâtiment de direction, le bâtiment de remisage, le parking bus… ».
Autre problématique du maître d’œuvre, tout au long du chantier, « les négociations permanentes avec les entreprises, pour limiter les coûts », pointe Patrick Avot.
Au final, la facture du tramway du Havre « a été fidèle aux prévisions », selon le député-maire du Havre. Elle s’est élevée à près de 400 millions d’euros.
Patrick Avot, le chef de projet havrais chez Systra.