(fil-fax 12/01/13)
Sans surprise, le tribunal de commerce de Rouen a autorisé vendredi une prolongation de trois mois de la poursuite de l’activité de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne. Cette autorisation, qui venait à expiration le 16 janvier, a été prolongée jusqu’au 16 avril, comme le demandait le procureur de la République avec le soutien de l’intersyndicale, de la direction et des administrateurs judiciaires. « Cette autorisation est la dernière que le tribunal peut légalement décider », a toutefois prévenu Yvon Scornet, porte parole de l’intersyndicale devant une centaine de salariés rassemblés devant le tribunal.
Ce syndicaliste a appelé les salariés à « se mobiliser » dorénavant dans la perspective du 5 février, date ultime fixée pour le dépôt des offres de reprise de la raffinerie. « Nous entrons dans la dernière ligne droite et il va nous falloir choisir notre cheval », a dit Yvon Scornet. Selon lui, seuls trois industriels restent encore intéressés : NetOil dont le siège est à Dubaï, l’Irakien Jabs Gulf Energy Ltd et l’Iranien Tadbir Energy Development Group. Exit Alafandi petroleum group basé à Hong-Kong, le fonds d’Etat libyen ainsi que les Suisses Activapro et Terrae international dont les noms avaient circulé à l’automne mais qui ne se sont pas manifesté depuis.
Yvon Scornet s’est attardé sur le dossier iranien qu’il juge solide. « Ils savent ce qu’est une raffinerie, ils ont l’argent et ils ont le pétrole », a-t-il assuré en appelant l’Etat à dire si une telle reprise serait « faisable ou pas ». Le pétrole iranien est en effet soumis à embargo mais Tadbir a fait savoir qu’il pouvait s’approvisionner ailleurs « en Irak ou en Mer du Nord ». Le candidat attend maintenant une réponse de l’Etat avant de développer son offre, a précisé Alain Renault délégué CFE/CGC.