« Il n’y a pas que dans l’air que cela pue actuellement! » déplore Manuel Sanchez, l’un des représentants du personnel du site basé sur la commune. « Notre président directeur général Stéphane Bringues est venu nous expliquer, vendredi, comment et dans quelles conditions, l’usine cessera son activité d’ici au 31 mars prochain! Communication des postes supprimés, possibilités de reclassement, reconversion, montant des indemnités… tout ou presque a été évoqué. Merci d’être venus, circulez… ». L’histoire de cette entreprise est malheureusement des plus classiques. Spécialisée dans la fabrication de fluides de coupe, huiles de laminage ou autres modificateurs de surface, celle-ci était connue sur le territoire quevillais sous la dénomination JP Industrie. Rachetée en 1985 par le raffineur Shell (!), elle est cédée en 2011, sur fond de rationalisation à la holding Houghton, elle-même appartenant au fonds américain AEA investors. D’après les chiffres publiés, Houghton qui possède 3 sites en Europe est en parfaite santé. Néanmoins, 8 postes au siège social de Rueil-Malmaison + le service commercial sont supprimés en août 2011. Surfant sur la vague mondiale des transactions financières, AEA décide, fin 2012, de vendre Houghton qui passe alors dans le giron de la tentaculaire entreprise « familiale » indienne HINDUJA. S’en suivent la décision de Houghton de cesser ses activités de production à Grand-Quevilly et de déménager prochainement les « survivants » du laboratoire. Fermez le ban, la boucle est bouclée. Pour l’ensemble des salariés concernés, « cela est un coup de massue. Nous avons tous entre 6 et 30 ans d’ancienneté et l’on ne nous laisse pas le choix. Accepter le plan de départ ou être licenciés économiques! Notre délai pour réagir est bien trop court. Non seulement nous n’avons pas de syndicat mais nos représentants du comité d’entreprise, basés à Rueil-Malmaison ne semblent pas avoir toutes les cartes en mains pour entreprendre quoi que ce soit. C’est pourquoi dans un premier temps nous voulons la nomination d’un expert comptable afin de vérifier le bien-fondé d’une telle décision, que la direction vienne à une table de négociation pour envisager, si le site n’est réellement plus viable, une reconsidération des indemnités qu’elle devraient nous octroyer. Nous nous réservons de toute façon la possibilité d’enclencher certaines initiatives, allant jusqu’au blocage des expéditions, afin de faire entendre notre voix ».
Grand-Quevilly – Salariés de l’entreprise Houghton
Odeurs de licenciements.