Mardi 19 février, la TCAR a annoncé que tous les bus de la ligne 10 rentraient au dépôt après plusieurs agressions dans le quartier Grammont (photo d'illustration : Flickr/cc/VDKphotos).
« La direction a pris la décision de stopper la ligne 10 », explique à 76actu, Olivier Cosnefroy, du syndicat CGT de la TCAR, les transports en commun de l’agglomération de Rouen.
Une réunion a eu lieu dans l’après-midi du mardi 19 février, au dépôt de la TCAR, pour « trouver des solutions », après deux tentatives de braquages de conducteurs, à proximité de la clinique Mathilde, dans le quartier Grammont.
« J’ai les nerfs », témoigne le conducteur
La première agression se serait déroulée dimanche 17 février, « vers 21h ». « Le conducteur a été menacé par des jeunes, armés d’un fusil, au niveau de la médiathèque. Ils voulaient la caisse ! », raconte Olivier Cosnefroy.
« Quelqu’un attendait à l’arrêt Simone de Beauvoir, poursuit le chauffeur agressé, interrogé par 76actu mardi 19 février au dépôt de la TCAR. J’ai ouvert et aussitôt un jeune est arrivé derrière, une capuche sur la tête. Il a brandi une arme, un fusil à canon scié. Je ne me suis pas laissé faire. Je me suis levé de mon siège et ils se sont enfuis. » Sans argent. « J’ai les nerfs », bredouille aujourd’hui le chauffeur, sept ans de ligne 10 à son actif.
Reprise prévue mercredi 20 février
Le même scénario s’est reproduit, mardi 19 février, en début d’après-midi, toujours dans le quartier Grammont. « Des jeunes, encore armés d’un fusil », se désole le syndicaliste.
Le réseau Astuce, sur son site internet, évoque « un acte de vandalisme » et précise que « la ligne 10 n’assure plus aucune desserte, et tous les bus de la ligne rentrent au dépôt ».
Il est par ailleurs indiqué que la circulation des bus de la ligne 10 devrait reprendre mercredi 20 février, au matin.
Ce qu’a confirmé Élie Franc, le directeur de la TCAR : « La ligne 10 est arrêtée. Elle reprendra progressivement jusqu’à Sotteville-lès-Rouen. Le quartier Grammont ne sera pas desservi, tant que les auteurs ne seront pas retrouvés ».
Regardez : les réactions du directeur de la TCAR et du secrétaire général de la CGT :
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« Un quartier sensible sur le réseau »
Le patron des bus de Rouen a d’ailleurs reconnu que le secteur posait problème. « On sait que c’est un quartier sensible sur le réseau, notamment pendant les vacances scolaires. Il y a souvent des agressions verbales, regrette-t-il. Les caméras ne sont pas suffisantes et pas assez dissuasives. Les agresseurs sont suffisamment intelligents pour ne pas être repérés… »
Des solutions ? Jean-Claude Blot, délégué CGT et secrétaire du CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail), les énumère : « Il faut que les pouvoirs publics prennent conscience que l’on fait un métier difficile. Il faut faire de la prévention, mettre de la présence journalière et policière dans le quartier, et continuer à faire de la pédagogie dans les écoles ».
80 conducteurs sur la ligne 10
Si direction de la TCAR et les partenaires sociaux semblent pour l’instant sur la même longueur d’ondes, le syndicaliste n’exclut pas l’utilisation du droit de retrait en cas de nouvel incident. Une conductrice de la ligne 10 a indiqué à 76actu qu’elle avait aussi subi une agression en 2011, et que depuis, elle allait au travail avec « la boule au ventre ».
Rappelons que la ligne incriminée parcourt une trentaine de kilomètres entre le Théâtre des Arts de Rouen et Oissel. « Conscient » que l’interruption du réseau est « une gêne pour les usagers », Élie Franc souhaite « prendre en compte la situation des conducteurs ». 80 d’entre eux se relaient habituellement sur la ligne 10.