Billet. Le Havre. 76actu a tenté d’interviewer Bohringer

Bohringer, un personnage ! ©UPL Films Distributions.

Bohringer, un personnage ! ©UPL Films Distributions.


Richard Bohringer, c’est ce comédien français, réputé pour ses coups de gueule et de colère. Alors, pour lui parler, on se prépare, et on essaie de poser des questions engagées pour faire réagir l’homme de gauche et le révolté qui sommeille en lui. 76actu a tenté.
À peine le numéro composé, le comédien décroche et c’est sa voix rocailleuse si caractéristique qui interpelle, sans ambages ni protocole : « C’est qui ? Vous êtes qui ?» Rendez-vous avait été pris au préalable pour cet entretien donc je suis surprise de cet accueil peu amène qui m’est réservé.
Le but de l’entretien : faire réagir le comédien sur la pièce qu’il interprètera, début mars, au Havre, avec sa fille, Romane. D’emblée, Bohringer grogne : il ne doit pas aimer les journalistes, et ça se sent.

Le texte ? Peu importe…

Une première question porte sur le choix du texte qui permet au père et à la fille de se retrouver tous deux au théâtre. Rien à dire de spécial, le monsieur. En somme, on devine que, ce texte ou un autre, peu importe ! Si Romane est contente, il est content.
Oui, mais cette pièce est tout de même consacrée à Margarita Cargol, membre des Brigades Rouges : ce n’est donc pas un sujet anodin. Lui, dont il est dit régulièrement qu’il est un homme engagé, ne semble pas avoir d’avis sur la question : « Ce n’est pas une pièce historique ».
Ce qu’il faut retenir, selon lui, c’est le lien père-fille, l’histoire de générations. Mais, tout de même, je me permets de revenir à la charge et d’insister : « Vous êtes un homme engagé et la dimension politique ne peut pas vous échapper ». Ah, il ne faut pas réveiller la bête qui dort ! Le comédien s’empresse de dire qu’il ne faut pas instrumentaliser la pièce à des fins politiques.
Surprise : il est vrai que les Brigades Rouges n’ont rien à voir avec une quelconque prise de position, un regard sur le monde et une révolte qui a fini dans le sang !

Ne pas déranger, svp

Le message est passé : faut pas le chercher, monsieur Bohringer ! Entretien top chrono, sept minutes montre en main : le comédien n’est pas un VRP qui cherche à vendre sa camelote.
Sur la mise en scène, rien à dire non plus : « il faut voir, ça ne s’explique pas ». Lui qui manie les mots au quotidien semble ne pas vouloir en abuser quand il est en repos.
Il fait sentir que les questions ne sont pas pertinentes et que le blabla habituel, il ne mange pas de ce pain-là. L’entretien s’achève sans avoir vraiment commencé. Monsieur Bohringer n’est pas un communicant : heureusement qu’il est plus généreux à l’écran qu’à la ville.
Je me résigne à n’avoir que des bribes en guise de réponses, à griffonner des propos maugréés. Je raccroche, désarçonnée : je confirme, Bohringer est bien un homme en colère (une série dans laquelle il s’est illustré).
Cette fois-ci, c’est moi qui en ai fait les frais.

Margherita ? « Une enfant sans histoire, une adolescente studieuse, une étudiante brillante, bientôt titulaire d’un doctorat en sociologie, une jeune femme amoureuse. Tuée au cours d’un affrontement avec les forces de l’ordre. Margherita Cagol, alias Mara ? L’épouse de Renato Curcio, fondateur des Brigades Rouges. L’enfant, l’adolescente, la jeune femme parle avec son père. A travers ces dialogues d’abord tout simples, c’est tout à la fois l’histoire intime d’une conscience et celle de l’Italie qui sont saisies. Un texte aussi subtil que prenant, porté par Richard et Romane Bohringer : le père et la fille, pour la première fois réunis sur un plateau », dit le pitch.

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