Le stérilet est un petit objet en forme de T inséré à l'intérieur de l'utérus. ©Fotolia
La contraception féminine est au cœur des débats : les pilules de 3e et 4e génération sont contestées, Diane 35 sera retirée du marché le 21 mai, l’implant contraceptif EVRA générerait un risque de thrombose veineuse deux fois plus élevé.
L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé préconise la prise d’une pilule première et deuxième génération ; ce que confirment les agents intervenant sur la ligne verte mise en place par le Ministère de la santé. 76actu fait le point sur les différents types de contraception offerts aux femmes.
Hors la pilule, point de salut ?
La pilule est le mode de contraception le plus répandu chez les femmes. Prescrite régulièrement et facilement par un gynécologue, elle n’est pourtant pas la seule option contraceptive. Peu de femmes ont recours au DIU (Dispositif Intra-Utérin ou stérilet). Il existe deux types de DIU : celui au cuivre et celui aux hormones. Le plus efficace, selon Martin Winckler, gynécologue, est le DIU au cuivre :
« 99% d’efficacité, pas d’hormones, cycle naturel, peut être porté 10 ans. Beaucoup de femmes peuvent en utiliser un, mais pas toutes (certaines ont des spotting ou des règles plus abondantes). Après, c’est le DIU hormonal.»
Bien souvent, les nullipares (les femmes n’ayant pas eu d’enfants) ignorent qu’elles peuvent bénéficier d’un DIU et que sa pose n’en sera pas plus douloureuse. Pour Martin Winckler, le DIU est peu proposé aux femmes car les praticiens manquent de compétences pour les poser :
« En Amérique, où la résistance au DIU vient des femmes (elles en ont peur), les médecins disent tous que le DIU est la méthode de choix… Mais quand on a affaire à des médecins incompétents (comme en France), il est facile (pour l’industrie) de faire passer des messages trafiqués.»
Les implants
Autre mode de contraception : l’implant. L’implant est un petit bâtonnet cylindrique inséré sous la peau du bras au moyen d’une aiguille, un réservoir contenant le même type de substance que les pilules progestatives. Comme pour le stérilet, les praticiens ne le proposent, bien souvent, qu’après la pilule :
« Poser un DIU ou un implant, c’est très simple, à condition d’avoir montré à la femme comment ça se passe, et de l’avoir rassurée (et bien sûr, qu’elle l’ait choisi). Quand j’exerçais encore au Centre Hospitalier du Mans, je recevais les patientes de gynécos de ville qui ne voulaient pas leur poser de DIU ou d’implant, mais le leur prescrivait (à leur demande) en disant « Allez voir le type qui le fait, à l’hôpital. Moi, je suis contre», précise Martin Winckler.
Préservatif féminin et anneau vaginal
Le préservatif féminin, à l’instar du préservatif masculin, est une gaine munie d’un anneau souple que l’on place dans le vagin avant le rapport. Quant à l’anneau vaginal, c’est un anneau flexible en plastique poreux qui contient une association d’hormones (estrogène + progestatif), comme une pilule combinée. L’anneau est efficace pendant trois semaines. Les spermicides utilisés sous forme de gel ou d’ovules sont des substances qui, comme leur nom l’indique, inactivent ou détruisent les spermatozoïdes.
Le patch, une contraception parmi d’autres
Le patch est un timbre qui se colle sur la peau et qui contient une association similaire à celle d’une pilule combinée. Il est efficace une semaine : vous devez en coller un par semaine, trois semaines sur quatre. Il doit être appliqué sur le ventre, sur les épaules ou au bas du dos (jamais près d’un sein). Il existe donc plusieurs modes de contraception à la disposition des femmes. Pourtant, en France, c’est souvent vers la pilule que les femmes sont orientées :
« La Grande-Bretagne, la Belgique, les Pays-Bas, les pays scandinaves sont infiniment mieux lotis : la plupart des femmes se font offrir des méthodes de contraception très jeunes, et choisissent celles qu’elles veulent. En Angleterre, on pose des Mirena (stérilet hormonal, ndlr) aux adolescentes qui ont des règles douloureuses. Aux Pays-Bas, où l’IVG est la plus libérale au monde, le taux d’IVG est le plus faible au monde. Pourquoi ? Parce que 95 % des femmes de 18 ans ont une contraception efficace qu’elles ont choisie.»
Martin Winckler, sur son site, détaille tous ces modes de contraception et propose un mode d’emploi accessible à toutes. Pour que la contraception ne soit pas un tabou, ni vécue comme une contrainte, il suffit de rappeler aux femmes qu’elles sont propriétaires de leur corps et que la contraception est une liberté acquise et conquise de haute lutte. Nul n’a à décider pour la femme de sa sexualité et de sa liberté.