(fil-fax 01/03/13)
Après trois ans de crise, une solution favorable semble se dessiner en faveur de l’équipementier automobile Sealynx implanté à Charleval dans la vallée de l’Andelle. L’industriel GMD dont le siège est à Saint-Etienne (Loire) vient de conclure un accord stratégique avec Renault, le principal client de l’entreprise. Le constructeur a garanti à Sealynx qui fabrique des joints en caoutchouc un volume annuel de 60 à 70 M€ de commandes jusqu’en 2015, un niveau qui assurerait l’emploi des 500 salariés durant cette période. Cet accord permet de finaliser l’offre de reprise de GMD qui devrait être examinée le 7 mars par le tribunal de commerce de Nanterre. L’audience qui doit mettre fin à la période de redressement judiciaire ouverte en avril dernier ne devrait être qu’une formalité, l’industriel stéphanais étant seul en lice.
L’accord a été accueilli favorablement par les représentants du personnel qui devraient officiellement donner leur avis lors d’une réunion du comité d’entreprise prévue dès lundi. « Je me félicite de la reprise de l’entreprise par un industriel comme GMD tout en regrettant que l’engagement de Renault s’arrête en 2015« , a déclaré Jérémy Durdu, délégué CGT. Les élus sont d’autant plus satisfaits que GMD un groupe qui emploie 4.500 salariés pour un chiffre d’affaires de 576 M€ en 2010 va investir dans les prochaines années plus d’une trentaine de millions d’euros « pour moderniser le site et le rendre plus compétitif« .
Avec la prise de contrôle de Sealynx, GMD devient ainsi l’un des principaux fabricants de joints d’étanchéité pour l’automobile en France avec Cooper et Hutchinson. Cet industriel qui est spécialisé dans le découpage, l’emboutissage, la tôlerie, la fonderie d’aluminium, l’injection et le thermo-formage des plastiques réalise déjà les deux-tiers de son activité dans le secteur automobile. Mais selon l’accord, il reprendra également l’usine Sealynx de Tanger au Maroc (200 salariés) et celle de Pitesti en Roumanie (250) qui n’étaient pas concernées par la procédure ouverte en France. En revanche, la quatrième usine Sealynx, celle de Kondar en Tunisie (70), vient de fermer ses portes et ses productions ont été rapatriées à Charleval.
Avec cette reprise, Sealynx revient de loin. L’entreprise avait déposé une première fois son bilan en 2010 avant d’être repris par l’Indien Ruia en 2011. Mais cet industriel n’avait pas donné suite, à la surprise générale, et s’était volatilisé en empochant au passage de l’argent avancé par Renault, selon des sources proches de la direction. A la suite de cet épisode, l’entreprise fondée en 1959 avait dû, à nouveau, déposer son bilan devant le tribunal de commerce.