A Bonne Nouvelle, des détenus passent leur code en prison

(fil-fax 06/03/13)

A raison de deux sessions par an, une trentaine de détenus de la maison d’arrêt de Rouen “Bonne nouvelle“ suivent des cours de code de la route. La coordination de la sécurité routière de Seine-Maritime et le Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation (SPIP) sont en charge de cette action dont l’objectif premier est l’insertion du détenu.

En prison, « il y a deux domaines où l’on peut réapprendre la règle : le sport et le code de la route », explique le directeur de l’établissement Stéphane Gely. De plus, poursuit-il, « nous avons pas mal de détenus condamnés pour des faits de délinquance routière ». Vérification faite, sur les 15 prisonniers inscrits en janvier « 46% ont au moins une condamnation » de ce type à leur casier judiciaire. Neuf détenus sur 15 étaient présents lundi. Certains ont un rendez-vous avec leur avocat. D’autres sont retenus ou préfèrent par beau temps « profiter de la promenade ». La salle de cours est située au 1er étage de la division 2 de l’établissement. Une quinzaine de détenus sont inscrits par session. Ils sont majeurs, volontaires et condamnés. Les cours sont dispensés les lundis et les jeudis. Un examen officiel est organisé à la fin des sessions. Six candidats sur 12 ont réussi leur examen fin 2012. La sélection des candidats est stricte. « Les condamnés ont un reliquat de peine de 12 mois. Ils ont un projet d’insertion et font preuve d’un bon comportement », résume sur place Isabelle Maréchal, animatrice SPIP. « La prison ce n’est pas que l’enfermement. L’objectif de l’opération est de réadapter, de préparer une sortie, de reconstruire un quotidien pour les détenus et d’éviter le plus possible la récidive », analyse Florence Gouache, directrice de cabinet du préfet de la Seine-Maritime. Par ailleurs, « avec 76 décès sur les routes en Seine-Maritime en 2012 chaque petit pas fait avancer la sécurité routière », conclut la responsable départementale de la sécurité routière.

Echapper au quotidien

Cyril (*), 22 ans, partage avec son voisin de table des conditions d’incarcération difficiles. Il ne travaille pas et a une fille près de Beauvais. « J’ai pas le permis et j’aimerai passer mon code à Rouen avant de la retrouver », envisage-t-il. « Les journées sont longues en cellule », raconte Franck, 30 ans, lui aussi est « motivé » pour passer son code et plus largement pour « voir et discuter avec d’autres gens ». Bernard, 35 ans, est visiblement heureux d’être là. Les autres jours de la semaine, il suit une remise à niveau scolaire et « emballe des enveloppes avec des élastiques ». A trois détenus dans 9m2« même les chiens ont des espaces plus grand que nous » les leçons de code représentent à ses yeux « un petit bout de liberté ». C’est que toutes les diapositives qui défilent sur l’écran montrent des situations où les gens sont libres. Environ 610 détenus sont incarcérés à Bonne nouvelle pour une capacité théorique de 648 places toutes divisions confondues.

(*) Les prénoms ont été changés.

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