Un grand flou entoure la nouvelle offre pour Petroplus

(fil-fax 06/03/13)

La société libyenne Murzuk Oil et la société d’ingénierie suisse Terrae International qui viennent d’annoncer la fusion de leur offre pour une reprise de la raffinerie Petroplus, pourraient le concrétiser dès ce mercredi 6 mars. Elles devraient ensuite rencontrer le gouvernement libyens samedi 9 mars, pour une « réunion de travail ». Ce nouveau rebondissement dans le dossier de la raffinerie de Petit-Couronne nécessitera des éclaircissements au niveau libyen, le président de la société Murzuk Oil étant autant un industriel de l’énergie qu’un des principaux protagonistes de ce pays. Mabrouck Jomode Elie Getty est en effet le secrétaire général du conseil national des Toubous, peuple du grand sud de la Libye qui était un des opposants de Mouammar Kadhafi. Selon plusieurs sites d’informations sur l’Afrique et le Maghreb, Mabrouck Jomode Elie Getty, 35 ans, aurait l’ambition de constituer un conglomérat financier.

« Cette fusion [avec Terrae] garantira le pétrole brut, la compétence ainsi que le financement » assure dans un communiqué diffusé le 3 mars, le patron de Murzuk Oil qui indique avoir informé « l’autorité française » que l’on suppose être le gouvernement. De son côté, l’homme d’affaires Nicolas Jequier, pour l’occasion porte-parole de Terrae qui serait le bras industriel de l’opération, est resté muet sur l’identité des spécialistes du raffinage qu’il assure avoir réunis.

En théorie, trois autres sociétés sont toujours en lice pour la reprise, ayant déposé une offre ou une marque d’intérêt le 6 février dernier, date butoir fixée par le tribunal de commerce de Rouen. Aucune n’a été jugé recevable « en l’état » par les administrateurs judiciaires : il s’agit de Net Oil, société panaméenne qui est la plus constante dans la triste saga Petroplus, Arabiyya Lel Istithmaraat International, importante société égyptienne spécailisée dans l’énergie, et FJ Energy Group, société chypriote.

« Maintenant on doit aller vite, arrangez-vous pour ouvrir les dossiers à Net Oil et Murzuq Oil pour aller très vite vers une session », a exigé mardi Yvon Scornet, porte-parole de l’Intersyndicale CGT, CFDT, CFE-CGC, à l’adresse des pouvoirs publics et des administrateurs. M. Scornet sait que le ministère du Redressement productif comme le tribunal de commerce « vont demander des écrits » que ce soit sur l’accès au pétrole brut, sur les garanties financières et sur l’alliance entre Terrae et Murzuq. « ils vont demander des preuves ». Mais le personnel de la raffinerie sait aussi que le temps presse. Il ne reste que quelques jours pour boucler un dossier de reprise solide. « Si il y a rien de défini les premières lettres de licenciement partiront vers le 6 avril ». craint Yvon Scornet. Le 16 avril tout sera terminé.

Et si une offre était retenue, plusieurs mois seraient nécessaires avant que la raffinerie ne redémarre. Il faudrait alors mettre en œuvre des dispositifs de chômage partiel accompagnés de formation pour conserver dans l’emploi les 450 salariés encore en poste à la raffinerie de Petit-Couronne.

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