La préfecture de la Haute-Normandie vante les mérites du site Petroplus de Petit-Couronne

(fil-fax 28/05/13)

La préfecture fait la publicité du site Petroplus de Petit-Couronne. En douze pages, les services de l’Etat en Haute-Normandie vantent sur internet les mérites des 225 hectares où se dressent les installations de la plus vieille raffinerie de France dont les torchères ne fument plus depuis décembre et dont les salariés viennent d’être licenciés. Ce document de communication destiné à des investisseurs potentiels a été mis en ligne le 22 mai et de surcroît diffusé, en français et en anglais, auprès de l’Agence française des investissements internationaux (AFII) et des « forces vives  » régionales.

La Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) de Haute-Normandie qui a rédigé ce texte abondamment illustré évoque « une forte présence industrielle à proximité et dans la vallée qui garantit un solide réseau de maintenance et de sous-traitance ». Elle loue « un foncier exceptionnel » desservi par la route, le fer, la mer, le fleuve mais aussi par des pipes. Elle détaille les installations réutilisables (chaudières, compresseurs, bacs de stockage, station d’épuration…) et souligne que l’unité d’huiles et des bitumes peut être mise en œuvre « de façon autonome ».

Côté inconvénients, elle évoque des risques industriels mais qui sont « maîtrisés », à ses yeux, et la pollution de la nappe phréatique, une responsabilité toujours  « assumée » par Shell (depuis 1992) et qui est un élément « transparent » , dit-elle, pour un futur exploitant, « moyennant la non-exposition des salariés ». L’argumentaire ne parle pas, en revanche, de la pollution des sols, différente de celle de la nappe, et dont l’ampleur est en cours d’évaluation.

Pour l’Etat, ce document s’inscrit dans un processus de « repositionnement » du site qui n’a connu qu’une seule activité depuis 1929 : le raffinage de pétrole. Ses atouts principaux sont liés à sa position géographique, entre Le Havre et Paris et à la qualité de la main-d’oeuvre locale. En revanche, le site pèche par son imbrication dans le tissu urbain de l’agglomération de Rouen et sa reconversion doit intervenir au plus mauvais moment, alors que la crise dissuade les initiatives.

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