La charte Peillon

La charte Peillon

Vincent Peillon pourra bientôt s’enorgueillir de voir une charte porter son nom.  La charte
Peillon de la laïcité devrait s’afficher dans les 55 000 établissements du territoire national. Ce mot charte qui vient du latin « chartula » (petit écrit !) sera-t-il un
grand texte ou un nouveau papier affiché sur un mur attendant lentement son jaunissement et au final son oubli ? La laïcité avait-elle besoin d’une charte pour se vivre et s’imposer dans les
établissements scolaires ? On est en droit de douter… Ce type d’écrit intéressera-t-il les élèves ? Seront-ils obligés de la lire ou de la copier plusieurs fois s’ils ne la respectent
pas. Dans sa forme moins élaborée, on peut apercevoir quelquefois des chartes écrites par des élèves mentionnant des commandements de bonnes intentions « je ne crache pas par terre, je lève
mon doigt avant de parler, je jette mes papiers à la poubelle ». Ces belles incantations ne sont généralement lues que par ceux qui les respectent comme pour les panneaux de signalisation
routière qui ne sont lus que par ceux qui respectent la vitesse autorisée ! Nous entrons de plus en plus dans l’ère de la charte de bon usage, rédigés pour coucher sur le papier des bonnes
intentions. Ces intentions que l’on espère encadrées par une affiche de circonstance. Certaines, différentes, fleurissent dans les toilettes des lieues publiques avec des commandements
humoristiques sur l’usage du balai brosse. Les toilettes n’en sont pas plus propres ! La laïcité ne peut se résumer à l’affichage d’une charte sur un mur, elle doit et est un bien commun partagé.
 À trop faire de charte, on oublie que la Morale ne s’apprend pas par cœur, mais avec son cœur.

Igor Deperraz

Articles créés 1172

Articles similaires

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut