Sécurité des centrales : L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pointe le risque incendie comme un “enjeu majeur“

(ANI 28/08/13)

Le risque incendie constitue un enjeu majeur dans la prévention et le traitement des accidents pouvant affecter ces installations, estime l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) gendarme du nucléaire en France, alors qu’une décision réglementaire en matière d’incendie est en préparation. Celle-ci doit prendre en compte le retour d’expérience de l’accident de Fukushima et les recommandations internationales.

L’ASN vient de rendre publique une étude qui porte sur l’ensemble du parc nucléaire français. Elle insiste sur le risque d’incidents et d’accidents en chaîne, comme l’arrêt automatique d’un réacteur, des destructions de matériels indispensables à la sûreté, la dispersion de substances dangereuses, radioactives ou chimiques, d’autant que les matières inflammables et sources de chaleur, – les “points chauds“ -, sont nombreuses sur les sites nucléaires, écrit l’ASN qui relève que « les départs de feu sont des événements relativement fréquents dans les installations nucléaires ». En 2011, l’ASN a décompté une centaine de ces “départs de feu“ qui ne se sont pas transformés en incendie. Dans 40% des cas, ils avaient pour origine un défaut sur un appareil électrique.

Les deux centrales de Haute-Normandie, Paluel et Penly, ont vécu de telles situations qui n’ont heureusement pas dégénéré. Elles ont conduit automatiquement à une inspection et un rapport de l’ASN par sa division de Caen. A Paluel, le 8 avril 2010, un incendie s’était déclaré à 7h sur le transformateur principal du réacteur n°3, situé à l’extérieur de la zone nucléaire. Le réacteur s’était arrêté automatiquement. Les inspecteurs de l’ASN avaient constaté de la part des équipes d’EDF, une observation « conforme » en ce qui concerne ce réacteur, en revanche « des écarts » pour la gestion de l’incendie proprement dit, y compris dans la communication interne de la centrale.

Le compte-rendu d’un autre incident survenu à Penly le 5 avril 2012, illustre les risques pointés par le rapport : « Vers 19h30, à la suite du départ de feu survenu dans l’après-midi, l’ASN a été informée par EDF d’un défaut sur un joint d’une pompe du circuit primaire du réacteur 2 de la centrale nucléaire de Penly. Ce défaut a provoqué une fuite d’eau supérieure à la valeur normale, cette fuite étant collectée par des circuits prévus à cet effet… ». Les pompiers de la centrale de Penly avaient dû pénétrer dans le bâtiment réacteur pour éteindre des flaques d’huile en feu. Cet événement avait été classé au niveau 1 de l’échelle Ines qui va de 1 à 7 en fonction de la gravité de l’événement, Tchernobyl ayant été classé 7

Dans son rapport sur “le risque d’incendie“, l’ASN note bien que “des progrès dans le domaine de la lutte contre l’incendie ont été réalisés » mais pointe des situations « perfectibles » et des progrès « nécessaires » sur les gestion des sources de chaleur ou encore l’attitude des intervenants face à un incendie. Le “gendarme du nucléaire“ a lui-même pointé ses propres insuffisances dans le contrôle et a entrepris la rédaction d’un guide d’inspection.

Etienne Banzet

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