Imaginer l’agglomération rouennaise de 2020, ses modes de déplacement, ses transports en commun liés à son urbanisation présente et future, l’accessibilité de ses espaces publics pour tous dans un constant souci de protection de la planète, c’est aujourd’hui plus que jamais, une obligation pour tous les élus quelques soient les tendances politiques. Tel est le sens du Plan De Déplacements Urbains (PDU), que toutes les collectivités territoriales de plus de 100 000 habitants doivent élaborer.
Concrètement, il s’agit d’anticiper les besoins de déplacements à l’horizon 2020 et de réaliser les structures nécessaires. Ce projet, très large, va bien au-delà de la simple question du transport. Il englobe la protection de l’environnement, l’urbanisme, l’accessibilité, l’accroissement de la population, les nouvelles technologies…
Fixés nationalement, ces objectifs se traduisent différemment selon les collectivités en fonction des équipements et de l’urbanisme existants. Pour notre agglomération, la question de la mobilité est essentielle et doit s’organiser notamment autour des transports en commun, et cela nous apparaît encore plus nécessaires face au cruel constat des conséquences induites depuis l’accident du Pont Mathilde.
La population de notre agglomération est en progression constante et les déplacements ne cessent d’augmenter. Un des grands enjeux est de limiter l’usage de la voiture. Sans qu’il soit question de l’interdire ou de la supprimer, tout est mis en place pour que les habitants trouvent de plus en plus souvent et de plus en plus facilement, une alternative à la voiture dans leurs déplacements quotidiens. Pour ce faire, tous les autres modes de transports sont étudiés et développés : piétonnisation des rues, facilitation de la circulation à vélo, circulation en site propre pour les autobus, développement du tramway, prise en compte de l’accroisement régional et national du trafic ferroviaire donnant une nouvelle dimension à la future gare rive gauche, comme à celle de la rive droite qui trouvera une nouvelle vie, accessibilité aux personnes âgées ou handicapées, incitation au covoiturage et à l’autopartage, livraison des marchandises…
Les transports collectifs doivent absorber une plus grande part des déplacements. Le réseau se doit de développer un maillage dans tous les quartiers et à faire en sorte que les différents modes de transports soient reliés entre eux. C’est ce qu’on appelle la multimodalité, un concept encore trop insuffisant sur notre agglomération avec encore des zones non couvertes, du fait de son étalement entre un tissu urbain dense et des zones rurales situées à sa périphérie. Pour autant, limiter l’utilisation de la voiture permet de réduire l’émission de gaz à effet de serre, et établir un plan de déplacements urbains c’est ainsi être en totale adéquation avec le Plan climat.
Alors quelles doivent être les ambitions du PDU ?
-Limiter les nuisances et pollutions
-Améliorer la sécurité et le cadre de vie
-Mieux articuler transport et urbanisme
-Répondre aux enjeux de desserte en transports en commun des territoires
-Accompagner les usagers de transports en commun
-Favoriser la pratique de la marche à pied et l’usage du vélo
-Maîtriser l’usage de la voiture
-Prendre en compte la logistique urbaine
-Répondre aux enjeux de déplacements liés au travail
-Développer l’intermodalité
Faute d’avoir réalisé ce qui était préconisé dans le PDU de l’ex CAR 2000-2010 (le contournement routier, des lignes de transports en commun en site propre, des pôles d’échanges, une requalification de pénétrantes…) par manque d’objectifs précis et d’actions concrètes mais aussi de financements et d’un calendrier précis, tout le monde en conviendra, à l’échelle des métropoles européennes notre retard en ce domaine est flagrant.
le prochain PDU sur lequel nous serons amenés à nous exprimer lors du prochain conseil municipal semble certes affronter ces carences avec des objectifs plus resserrés, pour autant, deux projets d’ampleur et de dimensions nationales restent en suspens (la LNPN et la nouvelle gare de Rouen d’une part et la liaison A28-A13 d’autre part)
Nous ne pouvons que partager la volonté d’aménager un territoire qui sera moins consommateur en énergie et moins dépendant de la voiture particulière, comme celle de compléter et d’organiser les réseaux de déplacements avec des transports à haut niveau de service comme le futur Arc Nord-Sud, l’aménagement de la tête sud du pont Flaubert, les dessertes du futur quartier Flaubert, de la future gare Saint-Sever, des plateaux Est en y raccordant l’intermodalité, les gardes ferroviaires et les parkings relais, d’avoir plus de pistes cyclables (et des vraies !), d’organiser le stationnement en corrélation avec les communes limitrophes, de répondre à la question du transport et de la livraison de marchandises en ville, bref de partager au mieux l’espace public… Pour autant, nous serons très vigilants pour les Rouennais sur les efforts à consentir, Rouen comme ville centre, avec son secteur marchand, ne devant pas faire les frais de décisions prises unilatéralement par un futur Président d’Agglomération qui ne serait pas le Maire de la Ville Centre. Car au delà du PDU, il s’agira bien aussi à un moment d’aborder la question de notre plan local d’urbanisme, compétence municipale, dont nous risquons fort à court terme de nous voir dépossédés, dès lors que l’on entend favoriser l’intensification urbaine le long des axes de transports collectifs structurant et gérer à l’échelle de l’agglomération.
Tel est aussi là l’enjeu des prochaines élections municipales avec un candidat socialiste qui a déjà d’emblée baissé la garde en ne revendiquant pas pour la commune dont il pourrait de nouveau avoir la charge, la responsabilité collective d’une telle organisation. Sans en faire une question de préséance, c’est d’abord une question de logique que nous revendiquons.
Le coût des actions du PDU sur la période 2014 – 2019
• 350 M€ pour compléter et organiser les réseaux de déplacement
• 150 M€ pour favoriser l’intermodalité (parking relais ; abords des gares…)
• 1,8 M€ afin de faire évoluer les comportements
• 26 M€ pour structurer un meilleur partage de l’espace public (pistes cyclables)
• 12 M€ consacrés à la participation aux travaux du chenal maritime
• 4,2 M€ afin de poursuivre l’amélioration des connaissances liées à la mobilité