Voyage au centre du colon.
Si le cancer colorectal est l’un des cancers les plus fréquents, responsable d’une mortalité élevée, il est aussi surtout l’un de ceux pour lesquels il est possible d’agir facilement. Il est alors guéri dans 9 cas sur 10. Afin de sensibiliser un public encore réticent à la culture du dépistage, la Ligue contre le cancer, ses partenaires locaux et des médecins gastro-entérologues, la fondation ARCAD (Aide et recherche en cancérologie digestive) et la SFED (Société française d’endoscopie digestive) organisent un tour de France dans une cinquantaine de villes d’octobre 2012 à décembre 2013. Celui-ci a fait étape cette semaine au CHU Charles Nicolle, de manière plutôt originale. En effet, une structure gonflable de 12 mètres de long représentant un colon a été installée dans l’anneau central de l’établissement durant deux jours. Pour le docteur Yvon Graïc, président du comité de Seine-Maritime de La Ligue, « L’objectif est de faire voyager les visiteurs à l’intérieur d’un côlon pour tenter de comprendre comment évoluent les différentes lésions. Au travers de ce cheminement et des informations pédagogiques délivrées par les professionnels de santé, nous tentons de faire appréhender l’intérêt du dépistage et de la coloscopie ». Car, « Devant un taux de participation au dépistage organisé du cancer colorectal en diminution en 2012 (31,7% contre 32,1% en 2011), il s’avère nécessaire de renforcer la prévention en engageant des actions pour sensibiliser la population et l’informer sur l’importance d’intervenir le plus tôt possible » ajoute le docteur Stéphane Leclere, responsable du service endoscopie digestive au CHU. Si cette animation, qui tout de même drainé un important flux de visiteurs, a le mérite d’exister, « elle n’est pas, selon le docteur Graïc, suffisante. Des efforts sont encore à produire dans l’information délivrée au public dans le domaine de la prévention. Nous le voyons bien dans le cas du cancer du sein pour les femmes. C’est en répétant toujours et encore que le réflexe du dépistage deviendra automatique. C’est pourquoi nous envisageons, à moyen terme, de multiplier ces interventions à l’aide d’un même kit d’outils pédagogiques qui ne serait plus unique en France mais disponible au niveau régional ».