Face à la crise et à la concurrence havraise : Le casino d’Etretat (groupe Joa) veut devenir une “destination loisirs“

(fil-fax 23/10/13)

Troisième opérateur français du secteur des casinos, le groupe Joa donne une nouvelle orientation à l’un de ses établissements emblématiques par sa localisation, Etretat. Ce n’est pas le plus important par son chiffre d’affaires (6M€ brut) pour un groupe qui annonce 205 M€ (année 2011-2012) pour 20 casinos en France et un site de jeux en ligne. Sur la côte d’Albâtre, Joa est également présent au Tréport où le casino a un volume d’affaires plus important qu’à Etretat (7 M€).

Entre les portes Aval et Amont du site mondialement connu, le casino a bénéficié d’un plan d’investissements qui va permettre d’élargir la clientèle d’un lieu qui se veut « destination loisirs. C’est la stratégie du groupe. Il faut l’entretenir », résume Hervé Cacheur, directeur administratif et financier de Joa. Le casino d’Etretat a donc séparé les accès à la salle de jeux de celles du casino, du bar ou du dancing. « Plus besoin de présenter sa carte d’identité pour venir déjeuner », explique Stéphane Quesnel, directeur de l’établissement.

L’enjeu n’est pas mince. Joa Etretat commence à stabiliser sa clientèle, à l’origine principalement havraise, qui a maintenant l’offre locale du casino Pasino Patourche au Havre. « Nous attirons maintenant des visiteurs qui viennent de Basse-Normandie », a noté Stéphane Quesnel même si la Côte Fleurie dispose des plus gros établissements de Normandie.

Autre enjeu pour Joa : traverser la crise économique qui frappe les plus grands groupes, à commencer par Partouche, le n°2 en France après Barrière, qui a obtenu fin septembre l’ouverture d’une procédure de sauvegarde auprès du tribunal de commerce de Paris après avoir subi cinq années de pertes. « Le marché français est en baisse de 5 à 6 % et notre région est un peu plus touchée avec -10% », constate Hervé Cacheur ce qui justifie la stratégie d’ouverture. A Etretat, « on refait de la croissance depuis septembre », fruit des investissements. Au Tréport qui doit maintenant compter avec la concurrence d’un nouvel établissement à Mers-les-Bains, la rénovation de l’établissement a également permis une reprise après une chute de 30%.

« Le marché est bien saturé en France, notamment parce qu’il est concentré sur le littoral », observe Hervé Cacheur. La profession espère des aménagements législatifs qui permettraient de se répartir sur le territoire. Les plus grandes villes ont maintenant cette possibilité sans pour autant présenter les critères obligatoires (station touristique, balnéaire, thermale…). Lyon, Bordeaux, Lille ont maintenant leurs casinos, ouverts par Barrière ou Partouche. Mais l’équilibre financier est loin d’être atteint. Joa s’en tient à des établissements de taille moyenne.

 Etienne Banzet

Les casinos en Seine-Maritime

Le Havre (Partouche), Etretat (Joa), Yport (Tranchant) Fécamp (Emeraude), Saint-Valéry-en Caux, Veulettes, Dieppe (Partouche), Le Tréport (Joa), Forges-les-Eaux (Partouche).

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