Une équipe de l’université de Rouen a découvert un anticorps responsable de l’obésité

(fil-fax 26/10/13)

L’équipe Inserm de l’Unité 1073 “Nutrition, inflammation et dysfonction de l’axe intestin-cerveau” (Inserm/Université de Rouen) dirigée par Pierre Déchelotte et celle du professeur Akio Inui à l’Université de Kagoshima (Japon) ont assuré vendredi lors d’un colloque sur les neurosciences qui se tient à Rouen avoir élucidé l’un des mécanismes à l’origine d’une insatiable sensation de faim chez certains patients souffrant d’obésité.

Beaucoup de malades obèses (15% de la population adulte française) continuent malgré leurs efforts à avoir une prise alimentaire trop importante (hyperphagie) au regard de leurs réserves et leurs besoins. Chez ces patients, l’hormone de la faim (ghréline) est paradoxalement retrouvée à un taux normal voire bas. Pour ces malades, les chercheurs ont mis en évidence le rôle de certains anticorps entraînant une stimulation plus longue que la normale de l’appétit. En se liant à la ghréline, ces anticorps protègent l’hormone de la faim de sa dégradation. Celle-ci vient alors anormalement stimuler l’appétit alors que les besoins alimentaires sont satisfaits.

« Notre découverte ouvre une nouvelle piste pour concevoir des traitements agissant au cœur de ce mécanisme pour réduire l’hyperphagie observée dans le cas de l’obésité », se félicite Pierre Déchelotte. Ces résultats, fait-on remarquer en interne, pourraient également être utilisés pour l’étude du phénomène inverse, la perte d’appétit, observée par exemple dans le cas de situations d’anorexie.

Patrick Streiff

Les résultats de l’étude sont publiés dans la revue Nature Communications.

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