(fil-fax 23/11/13)
Les demandes de droits déposées auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) de Seine-Maritime ont sensiblement progressé en un an. Ces augmentations s’échelonnent entre +12,26% et +4,70% selon les types de requêtes. La pression sociale est forte dans les services avec quelque 90.000 dossiers actifs. Le guichet unique d?accès aux droits pour les handicapés et leurs familles que représente la MDPH doit en premier lieu faire face au vieillissement de la population. Il lui faut également s’adapter à une diminution des durées d’attribution de certains droits qui l’oblige à un réexamen plus fréquent des situations. Les 25.000 cartes d’invalidité ou de stationnement en circulation en Seine-Maritime et dont la validité doit être régulièrement réévaluée est un exemple caractéristique de cette difficulté structurelle. L’augmentation des demandes s’explique encore par le contexte socio-économique difficile. « De plus en plus de personnes handicapées font valoir leurs droits alors qu’elles sont confrontées à des taux de chômage importants de l?ordre du double de celui des personnes valides », relève Fabienne Outtier, directrice de la MDPH qui emploie 64 salariés. Plus de 19.000 personnes ont été reçues physiquement en 2012 dans l’un des trois lieux d’accueil à Rouen, Le Havre et Dieppe. Enfin, la MDPH qui a été créée en 2006 sous la forme d?un GIP associant le Département de la Seine-Maritime et l’Etat s’est vue investie en 2012 de nouvelles compétences. L’autisme, le handicap psychique, les troubles spécifiques du langage et la scolarité des enfants handicapés font désormais partie dans son champ d?activité. De même, de nouveaux outils ont du être mis en place comme ces référentiels d’évaluation des besoins pour les jeunes majeurs relevant de l’amendement Creton qui permet leur maintien temporaire dans des établissements d’éducation spéciale. Pour s’adapter, un travail important sur la dématérialisation des échanges avec les partenaires institutionnels est engagé. « Il s’agit d’étendre les échanges de données informatisées avec la CAF, Pôle-emploi, le Département, l’Education Nationale ou avec les établissements d’hébergement », explique la directrice. Au siège rouennais, près d’un millier de lettres sont postées chaque jour. En lien avec le Conseil général de l’Eure, la MDPH travaille à l’élaboration d’un Observatoire régional du handicap. La démarche à terme devrait permettre « une analyse fine des profils des bénéficiaires » comme « la mise en place d’un suivi des listes d’attente et des places disponibles en établissements », assure la directrice.
Patrick Streiff