Peu courageux, même en bande, les agresseurs s’en prenaient exclusivement à des jeunes femmes à peine plus âgées qu’eux. L’un des membres de la bande profitait que sa « proie » soit en train de téléphoner au moment où le métro s’arrêtait à une station, pour lui arracher des mains son smartphone et prendre la fuite à toutes jambes. Des complices se tenaient prêts à intervenir, près de la porte, au cas où la victime aurait opposé une résistance ou se serait lancée à la poursuite du voleur.
Le rôle déterminant de la vidéo-surveillance
Le même scénario s’est ainsi reproduit ainsi au moins à cinq reprises, entre le 18 juin et le 28 septembre 2013. Les voleurs ne s’intéressaient qu’à des smartphones sophistiqués, valant entre 500 et 800 euros.
Leur arrestation a été rendue possible grâce notamment à l’exploitation des enregistrements de la vidéo-surveillance présente dans le métro. Les policiers du Groupe d’appui judiciaire qui travaillent précisément sur ce phénomène de vols à l’arraché dans le métro rouennais, en recrudescence depuis quelques mois, avaient repéré un groupe de 7 à 8 agresseurs. Et certains d’entre eux, originaires du château Blanc, un quartier de Saint-Etienne-du-Rouvray, n’étaient pas complètement inconnus des services de police, ce qui a simplifié leur identification.
La collaboration des victimes, âgées de 20 à 26 ans, a été aussi d’un grand secours : elles ont reconnu leurs agresseurs sur des planches photographiques présentées par les enquêteurs.
Les téléphones revendus en Afrique du Nord
C’est ainsi que lundi matin, les hommes du groupe d’appui judiciaire sont intervenus à la première heure au domicile de cinq suspects, qui ont été placés en garde à vue. Un seul parmi les interpellés a été mis hors de cause. Une deuxième vague d’arrestations a eu lieu le lendemain matin qui a permis d’en « ramasser » trois autres.
Lors des perquisitions effectuées au domicile des agresseurs présumés aucun des téléphones volés n’a été retrouvé. De l’aveu même des mis en cause, le matériel a été expédié en Afrique du Nord afin d’y être revendu par des proches après avoir été débloqués.
Les sept adolescents, qui ont été remis en liberté, devront répondre de ces faits devant la justice au début de l’année prochaine. Ils se sont vu notifier en effet une convocation par officier de police judiciaire (COPJ) en vue d’une mise en examen pour « vols avec violences en réunion » par un juge des enfants. Ils encourent jusqu’à sept ans de d’emprisonnement.