CONSEIL RÉGIONAL DE HAUTE-NORMANDIE
Séance plénière du 16 décembre 2013
Intervention de Jean-Luc LECOMTE au nom du groupe
Front de Gauche
Parti Communiste Français, Parti de Gauche, Gauche
Unitaire
Monsieur le Président,
Cher-e-s collègues,
En cette séance
budgétaire, les élus du Front de Gauche réaffirment leur soutien aux
travailleurs haut-normands en lutte et en particulier aux Pétroplus qui mènent
depuis de nombreux mois une bataille résolue, digne et déterminée, face à un
gouvernement qui s’oppose systématiquement aux repreneurs et refuse tout
recours à la nationalisation. En aucun cas notre assemblée ne doit changer de
cap et accompagner la vente à la découpe du site, en commençant par les
secteurs les moins pollués.
La
raffinerie de Petit-Couronne peut et doit être reprise et poursuivre son
activité. Il y va de l’indépendance énergétique de la France.
De lourdes
menaces pèsent sur les salariés de Bonna Sabla dans l’Eure et d’Autoneum en
Seine Maritime.et l’avenir du fret ferroviaire doit continuer à nous mobiliser.
Mais l’année
2013 aura aussi été celle des victoires industrielles, avec un rôle actif des
élus communistes.
Des
victoires comme celle du développement d’Alpine à Dieppe, celle de la papeterie
Double A (ex M-real) à Alizay dont la production a repris et celle d’Isoplas
qui vient de voir accepté un plan de reprise sauvegardant 113 emplois, avec une
participation de la Région de 200 000 euros. Il ne faut
rien lâcher et votre rôle Monsieur le Président nous semble être de saluer l’engagement
de l’ensemble des élus- les maires de Gonfreville, Harfleur, les élus
communistes à la CODAH de notre groupe ,ici et pas des seuls parlementaires
socialistes. L’esprit qui doit vous guider, c’est le rassemblement de la
majorité de gauche pas le service des intérêts du PS ! ! Une des
solutions pour sortir le pays et notre Région du marasme économique est de
reconstruire une véritable politique industrielle et de taxer les revenus
financiers pour constituer les fonds publics nécessaires à la réorientation de l’investissement vers la
production. Dans ce domaine, la Région a un rôle majeur à jouer et des leviers
à actionner.
Le dogme des 3% de déficit public,
la réduction des investissements publics, le rationnement des services publics,
notamment en matière de santé, la pression sur le pouvoir d’achat avec la
hausse de la TVA au premier janvier prochain, nous poussent dans une logique
qui a déjà conduit la Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Italie dans la
récession. L’austérité n’est pas et ne sera jamais la solution.
Le pavé
parisien a repris le 1er décembre dernier les couleurs de la gauche.
Les dizaines de milliers de marcheurs parmi lesquels des centaines de
Haut-Normands ont dit un non franc et massif à l’augmentation de la TVA et ont redonné
à la contestation sociale un sens et une perspective qui lui a fait trop
souvent défaut ces derniers mois.
On
ne peut, en effet, conduire le changement social sans une politique fiscale
efficace et équitable.
Et il faut aux régions des recettes qui leur permettent d’assumer leurs compétences
et de continuer à mener une politique d’investissement dynamique alors que les
collectivités territoriales réalisent 73 % des investissements publics.
Et les besoins sont importants en Haute-Normandie avec le
contournement est de Rouen, la LNPN, le développement du fret ferroviaire et du
transport fluvial, pour ne citer que ces quelques exemples.
Or, les dotations de l’État, sont en baisse de 3,36 % par
rapport au BP 2013 et la dotation globale de fonctionnement (DGF) diminue de
3,88 %.
Le montant du FSE et du FEDER sont quant à eux en baisse de 9,65
%.
Ainsi, même si la situation financière de la Région est saine
et si la durée de remboursement de la dette est de 0,7 année, des difficultés
importantes pourraient surgir dans quelques années si les collectivités locales
continuaient à faire les frais de la politique d’austérité qui sévit au niveau
national d’autant que l’État poursuit son désengagement en faveur de
l’aménagement du territoire haut-normand en stoppant les lignes SNCF Dieppe
Paris contraignant notre collectivité à assumer de nouvelles charges ou en
délocalisant la 1ére année de l’ENSM à Marseille pour ne citer que ces seuls
exemples
En nous félicitant du lancement
d’une étude sur la construction d’un lycée en Vallée d’Eure, nous renouvelons quelques autres demandes fortes dans le
cadre du Budget primitif 2014.
Notre majorité régionale s’est opposée à la réforme de la voie
technologique et industrielle dans les lycées, réforme imposée par le
gouvernement de droite qui a porté atteinte à la qualité de l’enseignement, a
supprimé de nombreux postes d’enseignants et a fermé la porte des études
supérieures à de nombreux élèves d’origine souvent modeste qui y accédaient par
cette voie.
Aussi, nous n’acceptons pas les décisions
académiques de fermer des sections
dans les lycées professionnels de Dieppe, de Vernon de Gisors…et nous souhaitons que la carte
scolaire soit étudiée dans la plus grande concertation avec tous les acteurs
concernés, d’autant qu’il y a de fortes inquiétudes chez les enseignants
et les parents et que la Région a beaucoup investi dans l’équipement d’ateliers
qui ne sont plus utilisés ou sous -utilisés.
Nous partageons par ailleurs
l’inquiétude des conseillers d’orientation-psychologues alors que nous assistons
dans les académies
voisines à une mise en place accélérée du service public d’orientation
régionalisé, avec suppression de nombreux centres d’information et
d’orientation (CIO).
Nous
vous demandons, là aussi, de travailler en concertation avec tous les
intéressés, avec pour seule préoccupation l’intérêt des jeunes et des familles.
Nous
souhaitons également que le budget 2014 de la formation professionnelle tienne
compte de l’accroissement des responsabilités de la Région dans ce domaine, permette de répondre à
la volonté régionale jusqu’alors affichée d’élever le niveau de
qualification des Haut-Normands et assure par ailleurs une réponse
adaptée aux besoins des publics les plus fragilisés.
Nous vous avons également déjà interpelé sur le
projet d’implantation de l’Institut du Développement Social (IDS) dans les
locaux de l’ex Institut Universitaire de Formation des Maîtres (IUFM).
Évidemment,
en supprimant quasiment la formation initiale des professeurs et en les
envoyant sans expérience devant des classes, le gouvernement de droite avait
« libéré » des locaux au sein de l’IUFM. Mais aujourd’hui, comme le
note le CESER, les missions de l’École supérieure du professorat et de
l’éducation (ESPE) sont renforcées et les effectifs sont en augmentation. L’IDS
et l’ESPE ont des rôles complémentaires et doivent tous les deux bénéficier
d’infrastructures à la hauteur de leurs missions. C’est pourquoi les sommes
accordées par la Région, aujourd’hui à hauteur de 5,5 millions d’euros, doivent
prendre en compte tous les travaux de transformation indispensables ainsi que
l’augmentation des capacités d’accueil de la restauration, de la bibliothèque,
voire des aires de stationnement, d’autant que l’Université n’est pas aujourd’hui en capacité financière de jouer
le rôle qui lui reviendrait dans ce dossier.
Je
vous remercie.
