Pleurer, c’est bon pour la santé !


Pleurer, c'est bon pour la santé !

Bon, je sens bien que j'ai un peu plombé l'ambiance de début d'année avec mes deux premiers posts… Je me suis fait remonter les bretelles (de mon soutif) par mes fidèles lecteurs (15 000 pages vues sur mon p'tit blog au fait) qui en ont marre de chialer après leur lecture. Pourtant, je vous rends service et en plus, je ne vous fais même pas payer ! En effet, pleurer, c'est bon pour la santé !

En voilà une nouvelle qu'elle est bonne ! Moi, je peux vous dire que je vais péter la forme jusqu'à mes 100 ans tant j'ai chialé dans ma vie (cf mes précédents posts sur le sujet). Depuis quatre mois, je bats tous les records! Au point où je me demande si je ne vais pas investir dans un récupérateur de larmes, histoire d'en faire commerce afin d'humidifier les yeux secs des gens au cœur rêche ! Du coup, je me suis posée des questions sur ce thème et j'ai lu des tonnes d'articles là-dessus.
Pleurer serait vraiment bon pour la santé. Pour Mag.livenet.fr "Des études réalisées sur ce sujet auraient prouvé que pleurer est très bon pour la santé car cela aide à se décharger d’un gros coup de stress. En effet, les larmes contiendraient des substances chimiques aidant à lutter contre le stress. Pleurer apaise les tensions, calme le pouls et permet de se libérer provisoirement des émotions que l’on ressent et donc de se sentir mieux."
Bon, ça, pas besoin d'avoir fait polytechnique pour s'en douter mais d'ajouter : "Certains thérapeutes utilisent d’ailleurs cette technique avec certains patients afin de les aider à exprimer et à se décharger de leurs émotions. La même étude a d’ailleurs prouvé à l’inverse, que trop s’empêcher de pleurer et garder ses émotions pour soi, augmenterait le risque d’ulcères."
Autre son de cloche sur Psychologie. com : "Ce ne sont pas les larmes elles-mêmes qui agissent en baume miraculeux, mais un processus cathartique, au même titre que le cri primal../… "Pleurer évite la spirale infernale des angoisses et de la dépression."

The independant cité sur le site Lapresse.ca évoque les propos du professeur William Frey, docteur en biochimie, actuellement chercheur à l'Université du Minnesota, spécialisé dans la maladie d'Alzheimer. "Après une accumulation de stress, verser des larmes serait une façon instinctive de retrouver un équilibre, explique ce dernier. Les éléments chimiques produits dans le corps durant une période de stress seront éliminés grâce aux larmes. Des études ont démontré que les larmes émotives contiennent une teneur élevée en protéines, en manganèse et en potassium, ainsi que beaucoup d'hormones, dont la prolactine. Le manganèse est un nutriment essentiel. Un faible de taux de manganèse dans le corps ralentira la coagulation sanguine et peut causer des problèmes de peau. À l'inverse, trop de manganèse peut aussi nuire à la santé. Quant au potassium, il a un impact sur le système nerveux, le contrôle musculaire et la pression artérielle. La prolactine est une hormone lié au stress et joue un rôle dans le système immunitaire. Les femmes ont plus de prolactine que les hommes et elles en ont davantage durant leur grossesse. Ce qui explique, entre autres, pourquoi les femmes pleurent plus souvent que les hommes."

Ze interview
Alors c'est pas le tout, mais moi, j'ai voulu en savoir plus et je suis partie à la recherche du fameux Professeur Frey. Figurez-vous que je l'ai trouvé et qu'il a accepté de répondre de ses États-Unis à quelques questions pour étayer un peu les propos trouvés sur le net (j'aime bien les professeurs moâ, ça me donne l'impression de retourner à l'école). Je vous livre ce questions-réponses réalisé par mails sans fioritures.

C'est sa mère qui lui a donné l'idée de travailler sur le mécanisme des pleurs. Et cela a donné un livre intitulé "Crying: The Mystery of Tears", une étude publiée en 1985 aujourd'hui quasi introuvable. Vendu 8 dollars à l'époque, il y en a 5 exemplaires neufs sur Amazon au prix de 280 euros, si ça vous tente. (Pas moi). Il nous explique pourquoi il a choisi ce sujet et sa méthodologie.
Prof Frey : Ma mère était un être extrêmement créatif qui pensait que bien des choses reliaient le corps et l'esprit. Elle m'a incité à étudier le phénomène des pleurs, chose que j'ai faite. J'ai collecté des larmes humaines que j'ai chimiquement étudiées, larmes que je provoquais en projetant des films tristes à un groupe d'individus ou encore en exposant des sujets à des vapeurs d'oignons lors d'expérimentations rigoureusement contrôlées. J'ai réalisé des comparaisons entre des sujets féminins et masculins qui consignaient scrupuleusement sur une période de un mois les "où, quand, comment" ils pleuraient. Je me suis également appuyé sur des études préalables de Charles Darwin, Ashley Montagu (anthropologue anglais) et d'autres écrits européens pour parfaire mon étude.

Petit scarabée (c'est moi en fait, surnom donné par mon mari depuis que j'ai la coupe de cheveux de David Carradine dans Kung Fu) : Qu'est-ce qui vous a surpris en premier lors de cette étude ?
J'ai été surpris de voir que les glandes lacrymales des hommes et des femmes étaient différentes d'un point de vue anatomique et ceci est probablement due en partie à des différences dans les niveaux d'hormones entre les hommes et les femmes (plus de 12 ans), surtout la prolactine (bon moi, j'y connais rien mais Wikipedia (je sais c'est un peu "just" comme source…) me dit que la prolactine chez les mammifères, a un effet mammotrope (croissance des glandes mammaires) ; un effet lactogénique (stimulation de la synthèse du lait) ; un effet libidinal en participant à la sensation de plaisir et de bien-être après un orgasme) et la testostérone.

On lit un peu partout sur le net que les femmes pleurent en moyenne 47 fois l'an contre 7 pour l'homme ?
Ces chiffres ne sont pas corrects. Le nombre moyen d'épisodes de pleurs émotionnels pour les femmes est de 5,3 fois par mois ; pour les hommes est 1,4 fois par mois. Si vous multipliez par 12 mois, vous verrez que les données du net ne sont pas correctes (en effet, on arrive à 63 fois chez Madame et 16,8 fois chez Monsieur, ndlr). Les femmes pleurent plus facilement et plus souvent que les hommes parce que leurs glandes lacrymales sont anatomiquement différentes et dans une moindre mesure car il y a des codes sociaux qui interdisent aux hommes de pleurer.

Existe-t-il différents types de larmes (colère, joie, tristesse etc…) et ont-elles toutes le même effet sur le corps ?
Tous ces types de larmes (colère, joie, tristesse etc…) sont des larmes émotionnelles et sont déclenchées lorsque l'intensité de l'émotion dépasse un certain seuil, par un signal du cerveau. Je n'ai rien vu à ce jour qui démontre que des émotions différentes produisent une chimie différente des larmes. Toutefois, les larmes émotionnelles sont chimiquement différentes des larmes versées en réponse à une irritation des yeux. Les larmes émotionnelles ont une plus forte concentration en protéines.

Alors est-ce que pleurer, c'est vraiment bon pour la santé ?
Oui. Pleurer atténue les dommages liés au stress dans le cerveau, et ça des gens comme Robert Sapolsky, professeur de biologie et de neurologie à l'université Stanford et d'autres l'ont confirmé. Cela diminue également le risque de crise cardiaque et d'autres troubles liés au stress. Ma théorie, dès 1980, a été de démontrer que pleurer permet d'éliminer des éléments chimiques indésirables qui s'accumulent avec le stress. J'ai proposé l'utilisation du "cry it out" (littéralement, "laissez le sortir par les pleurs").

Conseilleriez-vous aux personnes en situation de maladie de pleurer autant que possible ? Et aux personnes en bonne santé?
Je conseille à tous les gens, malades ou pas, de se laisser aller à pleurer dès qu'ils en ont envie. À moins qu'ils ne travaillent comme médecin urgentiste! (Dans ce cas-là, on peut toujours se laisser pleurer après, ndlr)

Qu'en est-il des gens qui ne se "laissent" pas le droit de pleurer?
Je pense que ce n'est pas bon pour eux. Les humains sont les seuls animaux ayant évolué avec la capacité de verser des larmes en réponse à un stress émotionnel. Je pense que cela a valeur de survie et s'inscrit dans la théorie darwinienne de l'évolution et de la survie du plus fort.

Chialez donc tout votre soûl mesdames et messieurs puisqu'on vous le dit !
Et pis au fait, beaux nénés ! (…et pis la santé surtout. Hips !) (C'est ma blague préférée du moment et elle fait souvent pleurer, de rire, de gêne ou de consternation, c'est selon).

Illustration : William Hogarth • Sigismonde pleurant sur le cœur de Guiscardo • Huile sur Toile 100,4×126,5 cm Tate Gallery

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