Sotteville-lès-Rouen – José Gervais – Détecteur de trésors.

Ils sont peut-être encore vivants.

On peut les apercevoir l’hiver dans les champs, l’été sur les plages de sable. Munis de leurs drôles d’appareils qu’ils surnomment d’ailleurs eux-mêmes « poêle à frire », ils arpentent lentement et soigneusement ces étendues, en apparence désertes. Leur quête ? Elle est différente selon le profil de l’individu. Pour José Gervais, c’est une passion qui l’a envoûté il y a un peu plus d’un an. « J’ai versé dans la détection de loisirs un peu par hasard » confie t-il. « Tout d’abord, une personne dans le cercle de connaissance de mon fils m’a initié. Puis mes enfants m’on offert mon premier détecteur. Il n’en fallait pas plus pour que je commence à battre la campagne! ». Pourtant, José ne veut pas que lui soit collée l’étiquette de « chasseur de trésors ». « Je ne le fais pas par appât du gain. Heureusement d’ailleurs sinon je serai déjà mort de faim! ». De même qu’il réfute toute notion de pillage. « Les passionnés de détection le font pour diverses raisons. Certains collectionnent les pièces trouvées, moi je les donne. Nous sommes réunis au sein d’un forum « Normandie détection » dans lequel nous échangeons à propos de nos trouvailles. Pour prospecter, nous nous efforçons d’avoir l’assentiment des propriétaires des sites ». Ce retraité féru d’histoire vient d’être récompensé de ses recherches. Il a, dernièrement, mis au jour deux morceaux de métal dans les environs de Bolbec (76) qui se sont avérées être des plaques d’identification militaires. Une allemande ayant vraisemblablement appartenu à un soldat prisonnier, l’autre américaine ayant sûrement ceint le cou de son gardien. « Quand je trouve un bouton, une boucle de ceinture ou de petits bijoux, ils sont anonymes » reconnait José, « mais là, derrière ces chiffres et ces lettres se trouvent deux vies, celles de deux hommes peut-être encore vivants aujourd’hui. Je trouve cela bouleversant et c’est pourquoi, alors que se profile le 70e anniversaire du débarquement des alliés en Normandie, je lance un appel à quiconque, par delà les frontières, voire les océans, pourrait relier ces objets à des existences ». Les plaques en question font apparaître, pour le prisonnier allemand, « Pz Jag E. Kp. 23 – 935 » et « CAMLEY ROBERT » sur l’américaine. Pour tout renseignement, s’adresser au journal qui transmettra.
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