Saint-Etienne du Rouvray – Manifestation entreprise D2T.

Des ingénieurs et des techniciens dans la rue.
« Ce genre d’initiative n’est pas dans le style de la maison! ». Johann Lambert, délégué CGT de D2T en convient. Mais il était présent hier matin aux aurores avec des dizaines de ses collègues pour distribuer des tracts aux automobilistes franchissant le rond-point du Zénith, non loin du site de l’entreprise. En effet, la direction de D2T (Daniel Drecq Technologies)centre d’essai moteurs de haute technologie, filiale de l’ IFP Énergies nouvelles (IFPEN), l’ancien Institut Français du Pétrole (IFP), née en 1995 du regroupement de MACAO et SAE ajoutées à deux autres : BSF (fabrication de machines de charges) et SAEM (Etudes moteurs), projette une réorganisation qui prévoit la suppression de 21 postes sur le site de Saint-Etienne du Rouvray. Cette situation ne trouve pas grâce aux yeux des techniciens et ingénieurs qui ont décidé de se battre pour la conservation de leur emploi. « En 2013 nous avions déjà connu du chômage partiel et accepté de la mobilité pour sauver nos emplois. 4 millions d’euros avaient été investis et l’on constate que, malgré cela, les moteurs de demain sur la mise au point desquels nous travaillons ne seront pas conçus chez nous. » constate, amer, le syndicaliste. « Qui plus est, ce plan qui prévoit des mutations et/ou des licenciements n’augure en rien de l’avenir de l’entreprise. Nous sommes filiale de l’IFPEN qui dépend directement du ministère, garant de la visibilité industrielle française. Or nous ne constatons aucune synergie identifiable à ce sujet et nous déplorons ainsi la perte d’un gros contrat avec Renault qui, ayant préféré l’Allemagne, serait à l’origine de cette réorganisation ». Parmi les employés battant le pavé, Loïc Hauchard, 32 ans et ingénieur calibration dans l’entreprise depuis 6 ans est directement concerné. « Mon service ferme, tout simplement. On va me proposer d’aller faire de l’assistance technique à Trappes (autre site de D2T). C’est inenvisageable tant les conditions financières sont inacceptables ». Pour Isabelle et Betty, deux assistantes administratives, le dilemme est cruel. « De nos deux postes il n’en restera plus qu’un! Comment retrouver du travail dans la situation ambiante? ». Les employés, reçus le mois dernier par la députée Luce Pane, devaient en savoir plus sur leur avenir dans la soirée après la tenue d’une réunion du comité d’entreprise. 

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