Le groupe EDF devra remplacer la moitié de ses 4.400 agents de Haute-Normandie dans les dix ans

(fil-fax 20/02/14)

EDF aura à renouveler la moitié de ses effectifs en dix ans. Le directeur régional de l’emploi EDF Nord-Ouest, Philippe Vavasseur, l’assure : les trois années qui viennent seront celles « d’un intense recrutement ». La région Haute-Normandie où EDF et sa filiale ERDF emploient 4.400 salariés et 233 personnes en formation par l’alternance, ne sera pas la moins concernée par le flux de départs et d’arrivées qui touche l’ensemble du groupe. En 2013, les établissements EDF de la région ont réalisé 361 embauches pour des postes qui concernent autant les activités commerciales, de maintenance ou de production dans les centrales, ces dernières représentant près des trois quarts des métiers. Les perspectives pour 2014 sont du même ordre de grandeur.

En élargissant à la Basse-Normandie, la région est particulièrement concernée avec ses trois centrales nucléaires, à Flamanville dans la Manche, à Paluel et Penly en Seine-Maritime ainsi que sa centrale à flamme du Havre. Dans les sites construits et mis en service dans le courant des années 80 et 90, les plus anciens agents approchent de l’âge de la retraite quand ils ne l’ont pas déjà prise. À la centrale de Paluel, la plus importante de Normandie avec ses quatre réacteurs de 1.300 MW, il y a eu 645 recrutements depuis 2008 portant l’effectif à 1.535 personnes. Les départs à la retraite sont anticipés « car l’acquisition de compétences peut être très longue, notamment dans le nucléaire », précise Philippe Vavasseur. Le taux de renouvellement est donc supérieur à 1 pour 1 et atteint 1,4.

Les dix prochaines années seront encore plus dynamiques pour l’emploi lorsque commenceront les “grands carénages“ des réacteurs nucléaires, opération très lourde de mise à niveau qui doit permettre de prolonger leur durée de vie de 40 à 60 ans. A partir de 2015, en commençant par Paluel, ce seront un millier de personnes supplémentaires par an qui travailleront sur les sites des centrales normandes jusqu’en 2025.

Simultanément, EDF Energies nouvelles va lancer le chantier des parcs éoliens marins de Fécamp et de Courseulles-sur-Mer. A Fécamp et au Havre, ce seront entre deux cents et six cents emplois qui seront nécessaires pour la préparation des fondations. L’exploitation du parc et sa maintenance assureront l’emploi d‘une centaine de personnes à Fécamp. EDF EN annonce un niveau d’embauche équivalent si la construction du parc du Tréport lui est attribuée. La décision de l’Etat est attendue à la mi mars. On peut toutefois considérer que si le concurrent GDF Suez est retenu pour ce parc éolien, il y aura autant d’emplois à créer que si c’est EDF.

Reste à trouver « les compétences au bon endroit et au bon moment. Nous avons une gestion fine des besoins », explique Eric Neyme, délégué régional d’EDF pour la Haute-Normandie. De nombreuses offres d’emploi vont se présenter à partir de 2015. Pour l’instant, EDF assure qu’elle anticipe pour que les formations correspondent au plus près des besoins. EDF, le Rectorat de Rouen et la Région de Haute-Normandie, travaillent en bonne intelligence, dit-on chez l’énergéticien. Il reste à convaincre les jeunes, notamment les filles, à se tourner vers des métiers qui sont « des promesses d’avenir ».

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