Des explications intéressantes issues du livre de «Catherine Chatignoux & Renaud Honoré intitulé « L’Europe au banc des accusés. » à propos de la complexité européenne.
- Les Constats : « L’Europe tend à être de moins en moins lisible, y compris pour ceux qui la connaissent bien. »« Bruxelles est devenu le royaume du globbish (cet anglais passe-partout au vocabulaire limité) et des acronymes. »
- Complexe mais pas absurde : « Mais la complexité n’est pas forcément le signe d’un système antidémocratique. Prenons la procédure législative européenne. Celle-ci n’a pas la lumineuse simplicité du système français de la Ve République, où le grand chef décide de tout. « Le triangle institutionnel européen est un tantinet plus alambiqué. La Commission européenne fait une proposition législative, dont s’emparent à la fois le Parlement européen et le Conseil, où siègent les Etats. Conseil comme Parlement amendent alors le texte, avant de négocier ensemble une version finale qui satisfera tout le monde.
Pour résumer, cela discute tout le temps, c’est long et tortueux, et il faut souvent deux ans pour qu’un projet aboutisse. Mais ce système n’est pas absurde. - Une démocratie de négociation et de compromis « La démocratie nationale est une démocratie de confrontations, tandis que la démocratie européenne est une démocratie de négociations », résume Jean-Louis Bourlanges, l’ancien eurodéputé UDF. » «Le citoyen européen ou la volonté générale européenne, ça n’existe pas. C’est pourquoi il faut proposer des solutions acceptables par tout le monde. » JL Bourlanges. «Un compromis, ça aboutit nécessairement à une solution plus compliquée, c’est moins lisible que d’avoir raison tout seul. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de clivage politique, mais raconter ça au niveau national n’est « pas toujours évident », raconte Pervenche Berès, l’eurodéputée socialiste. »
- La simplicité n’a pas toutes les vertus : « Beaucoup en France n’y voient qu’une démocratie dégradée, une sorte d’ersatz privé des rapports de force qui font le sel des joutes politiques. De fait, l’aspect tortueux du système, le manque de légitimité dont souffrent toutes les institutions n’en font pas un modèle parfait, loin de là. Mais le système français, où les droits du Parlement sont réduits à peu de chose, n’est-il pas critiquable, lui aussi ? La simplicité n’a pas toutes les vertus. »