Installés pour durer.
Fondée à Paris en avril 2013, la communauté des « Veilleurs pour la famille » continue de rassembler des adeptes en son sein. Localement, les « Veilleurs Rouen » comptent plusieurs dizaines de membres. « Nous sommes entrés en résistance » affirmait à l’époque Jean de Rouen, l’un des organisateurs, « Nous sommes des sentinelles. Nous voulons être entendus alors que nous ne cessons d’être raillés parce que nous tenons au respect de l’héritage de notre civilisation : la famille. Un père, une mère, des enfants… « . Régulièrement, les « veilleurs de Rouen » se réunissaient vers 21 h sur le parvis de l’hôtel de ville et jusque tard dans la soirée, jeunes et moins jeunes allumaient des bougies disposées autour d’une unique banderole recouverte d’une citation de Gandhi. Textes, témoignages et chants ponctuaient cette veille pacifique. Depuis quelques semaines, le rythme et la teneur de ces rencontres a évolué. « Nous avons constaté que la fréquence de nos veilles ne permettait pas à tous nos sympathisants de se rendre disponibles », confesse Jean de Rouen, « nous avons alors décidé de privilégier le qualitatif au quantitatif. Ainsi, nous nous retrouvons désormais une fois par mois et abordons un thème défini avec la participation d’invités de renom. Notre mouvement s’inscrit dans la durée et nous devons l’enrichir afin que dans notre civilisation qui semble toucher le fond, l’on ne s’habitue pas pour autant aux réformes pour lesquelles on convoque la loi pour assouvir des désirs… ». Les veilleurs s’étaient, lundi soir, donné rendez-vous place Saint-Marc, afin de discourir avec Farida Belghoul, initiatrice de la « journée de retrait de l’école » (JRE), incitant les parents à ne pas envoyer leurs enfants à l’école « parce que celle-ci serait devenue un endroit de « perversion » et de propagande d’une « théorie du genre ». Sur place vers 20 h, c’est une cinquantaine de militants de diverses mouvances au nombre desquelles le nouveau parti anticapitaliste (NPA) ou le Comité de réflexion et d’action laïque qui s’étaient mobilisés pour accueillir les veilleurs aux cris de « allez manger des grenouilles… » ou encore sur le rythme de chansons comme « la digue du … », obligeant Jean de Rouen et ses sympathisants à convenir d’un autre lieu pour tenir la veille.