(fil-fax 02/07/14)
Au cœur de l’archevêché de Rouen, le chantier du futur Historial Jeanne d’Arc bat son plein. Sur près de 1.000m2 à travers une quinzaine de salles réparties sur cinq niveaux, le lieu, tout à la gloire de l’héroïne nationale, devrait être livré en temps et en heure en février 2015. La partie restauration du chantier a commencé en septembre 2013. Après le gros œuvre et les opérations sur les charpentes, les menuiseries et l’électricité, le chauffage basse température par le sol sera installé avant la fin de l’été.
En septembre débuteront les travaux d’installation de la muséographie (mobiliers, multimédia, services d’accueil du public…). Clémence Farrel, diplômée de l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs, a été choisie pour réaliser le parcours scénographique. « La grande originalité de l’Historial est de poursuivre deux ambitions : retracer l’histoire de Jeanne mais aussi faire l’histoire de cette histoire », explique-t-elle. Le visiteur sera guidé de salle en salle par l’image et la voix de Juvénal des Ursins, ecclésiastique et juriste qui fut le maître d’œuvre du procès de réhabilitation. Le nom de l’acteur Philippe Torreton revient avec insistance pour incarner le personnage. Le public dans un parcours immersif sera le témoin d’une enquête judiciaire et d’une épopée historique étayée par des témoignages de ceux ayant connu et côtoyé Jeanne d’Arc. Y compris dans la salle de l’Officialité où fut prononcée la condamnation de Jeanne d’Arc en 1431 et où se déroula en 1456 son procès en réhabilitation. Le tout à grand renfort de mapping vidéo, jeux de lumières et autre projection en 3D.
Dans cette mise en scène chronométrée et linéaire, les visiteurs par groupe de 25 au maximum devraient rester en moyenne 7 à 8 minutes par salle. « A aucun moment l’on verra le visage de Jeanne d’Arc pour la simple raison que l’on ne dispose pas d’une iconographie fiable », commente la scénographe. Dans la vaste salle du “Grand comble“ au 3ème étage du dispositif, le procès sera reconstitué sous des lumières tamisées. Pour « faire le lien » avec la ville actuelle, les rideaux de la salle seront simultanément remontés à la fin du procès laissant un temps aux visiteurs pour admirer les toits du vieux Rouen. A la suite, les visiteurs pourront découvrir le mythe Jeanne d’Arc ou « comment l’Histoire et les hommes ont assimilé, mémorisé ou détourné sa destinée ». Une salle de classe, une « mythothèque », une salle des historiens, un cabinet de curiosité donneront des clefs pour mieux comprendre les débats historiographiques et politiques qu’a engendré l’héroïne.
De 100.000 à 150.000 visiteurs attendus
La fréquentation annuelle du futur Historial est estimée dans une fourchette allant de 100.000 à 150.000 visiteurs. Le budget global de l’opération est de 10,6M€ dont 8,6M€ consacrés à la restauration du Palais de l’archevêché. Concernant la gestion du site, une expertise juridique est en cours. L’option de confier cette gestion au Centre des Monuments Nationaux (CMN) est néanmoins « privilégiée », indique-t-on à la Métropole Rouen Normandie en charge de la réalisation de l’équipement culturel.