DLXLV.

Aux dernières nouvelles, notre rouennais président de la République ne va pas bien. Tant du côté professionnel que du sentimental. Il voulait être « normal », il est servi. Le plus curieux est que, ces temps derniers, il en arrive à faire de curieuses déclarations sur ses origines. Un grand-père petit tailleur, un autre instituteur « issu d’une famille pauvre ». La généalogie comme loisir politique ? Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents communistes, etc.

Lorsque le petit François habitait rue des Carmes et qu’il apprenait la table de 9 à St-Jean-Baptiste de la Salle, il n’imaginait pas qu’un jour, il lui faudrait rendre des comptes. N’alliez-vous pas acheter des boules de gommes chez Hélloin ? N’avez-vous pas, en 1954, au Ciné France, vu Le Train sifflera trois fois avec l’immonde yankee Gary Cooper ? Est-il exact que votre père tenait, le soir à table, des propos insidieux sur Maurice Thorez et sa compagne Jeannette Vermerch ? Répondez ! Oui, camarade commissaire, vient le temps où il faut avouer.

Les déboires du malheureux François ne sont rien. Ce qui est grave, c’est que nous, Rouennais, ayons réchauffé dans notre sein un tel réprouvé. Nous devons, quelque part, en être (un peu) responsables. La mairie, les services sociaux, le cantonnier, que sais-je ? Un coupable, par pitié, un coupable. Qui ici, désormais, osera dire qu’il faut retirer au président la médaille d’honneur de la ville à lui donnée lors de sa visite ? C’était en février 2012. Heureuse époque. Mais depuis, combien d’eau de Seine passée sous le pont Flaubert.

Têtes trop pleines de nos élus socialistes ! Il est étrange de les croiser sur le Clos Saint-Marc. C’est la rentrée ? Il nous faut donc déplorer les maigres dotations de l’État. Ou les outrances des commerçants locaux. Ou, a contrario, se féliciter des bons chiffres de la fréquentation touristique. Rien que Rouen sur Mer, un tabac. Et je ne vous compte pour rien les cathédrales. En couleur, en hauteur, en largeur, de face ou de profil. Pour le reste, tout va bien. Ou pas si mal.

Vous vous impatientez ? Si on les questionne sur vous savez qui, ils redeviennent Rouennais plus que Rouennais. Derrière leur verre de Tariquet, se distingue une figure lointaine, discrète, presque énigmatique. Celle des attentistes ? Oui et des fatalistes. C’est que, bons politiques (quoique pas toujours) ils savent faire le dos rond. Rentrer les épaules. Après la pluie le beau temps. Toujours ici : la pluie va s’arrêter, on voit déjà du bleu au-dessus du palais de justice.

Si, un dimanche après-midi, lorsque la ville est déserte, je rencontrais François Hollande, rue des Carmes ou ailleurs, je saurais bien le consoler. De ses malheurs et de ses tricheries familiales. Notez que je dis consoler. Il en a trop besoin. Mais est-ce à Rouen qu’on console le mieux ? Lui comme moi en savons quelque chose : c’est non. Rouen ne console de rien. Il faut vivre avec ce ressentiment. Toujours. S’en accommoder et veiller à sa somnolence.

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Aux dernières nouvelles, notre rouennais président de la République ne va pas bien. Tant du côté professionnel que du sentimental. Il voulait être « normal », il est servi. Le plus curieux est que, ces temps derniers, il en arrive à faire de curieuses déclarations sur ses origines. Un grand-père petit tailleur, un autre instituteur « issu d’une famille pauvre ». La généalogie comme loisir politique ? Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents communistes, etc.

Lorsque le petit François habitait rue des Carmes et qu’il apprenait la table de 9 à St-Jean-Baptiste de la Salle, il n’imaginait pas qu’un jour, il lui faudrait rendre des comptes. N’alliez-vous pas acheter des boules de gommes chez Hélloin ? N’avez-vous pas, en 1954, au Ciné France, vu Le Train sifflera trois fois avec l’immonde yankee Gary Cooper ? Est-il exact que votre père tenait, le soir à table, des propos insidieux sur Maurice Thorez et sa compagne Jeannette Vermerch ? Répondez ! Oui, camarade commissaire, vient le temps où il faut avouer.

Les déboires du malheureux François ne sont rien. Ce qui est grave, c’est que nous, Rouennais, ayons réchauffé dans notre sein un tel réprouvé. Nous devons, quelque part, en être (un peu) responsables. La mairie, les services sociaux, le cantonnier, que sais-je ? Un coupable, par pitié, un coupable. Qui ici, désormais, osera dire qu’il faut retirer au président la médaille d’honneur de la ville à lui donnée lors de sa visite ? C’était en février 2012. Heureuse époque. Mais depuis, combien d’eau de Seine passée sous le pont Flaubert.

Têtes trop pleines de nos élus socialistes ! Il est étrange de les croiser sur le Clos Saint-Marc. C’est la rentrée ? Il nous faut donc déplorer les maigres dotations de l’État. Ou les outrances des commerçants locaux. Ou, a contrario, se féliciter des bons chiffres de la fréquentation touristique. Rien que Rouen sur Mer, un tabac. Et je ne vous compte pour rien les cathédrales. En couleur, en hauteur, en largeur, de face ou de profil. Pour le reste, tout va bien. Ou pas si mal.

Vous vous impatientez ? Si on les questionne sur vous savez qui, ils redeviennent Rouennais plus que Rouennais. Derrière leur verre de Tariquet, se distingue une figure lointaine, discrète, presque énigmatique. Celle des attentistes ? Oui et des fatalistes. C’est que, bons politiques (quoique pas toujours) ils savent faire le dos rond. Rentrer les épaules. Après la pluie le beau temps. Toujours ici : la pluie va s’arrêter, on voit déjà du bleu au-dessus du palais de justice.

Si, un dimanche après-midi, lorsque la ville est déserte, je rencontrais François Hollande, rue des Carmes ou ailleurs, je saurais bien le consoler. De ses malheurs et de ses tricheries familiales. Notez que je dis consoler. Il en a trop besoin. Mais est-ce à Rouen qu’on console le mieux ? Lui comme moi en savons quelque chose : c’est non. Rouen ne console de rien. Il faut vivre avec ce ressentiment. Toujours. S’en accommoder et veiller à sa somnolence.

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