Un petit air du Havre… la centrale thermique de Porcheville
Cheminées EDF 240 mètres
Projet de tour Jean Nouvel ( annulé) 120 mètres
Antenne de télévision de Caucriauville 118,4 mètres (autrefois 112 mètres)
Eglise Saint-Joseph 1O7 mètres
Hôtel de ville 90 mètres (A vérifier)
Feu d’alignement Quai Joannés Couvert 82 mètres
Tour réservoir de Caucriauville 64 mètres
Silo à grain du port (dans la partie centrale) 60 mètres
Résidence Lafayette ( Caucriauville) 60 mètres
Eglise Saint-Vincent de Paul (quartier Saint-Vincent) 59 mètres
4-6 rue Camélinat (Caucriauville) 53 mètres
Résidence Vénus (Caucriauville) 53 mètres
5 rue de Saint-Wandrille (Caucriauville) 50 mètres
25 rue de Saint-Wandrille (Caucriauville) 50 mètres
Résidence Le Vauban (Caucriauville) 50 mètres
Tour de Soquence 48 mètres
Tours au bout de l’avenue Foch 47,50 mètres
Tour La Bédoyère 46 mètres
Passerelle du bassin du Commerce 45,60 mètres
Immeuble de la Sécurité Sociale 45 mètres
Vigie de la capitainerie du port du Havre (sémaphore) 45 mètres
199 avenue du 8 mai 1945 (Caucriauville) 44 mètres
233 avenue du 8 mai 1945 (Caucriauville) 44 mètres
Le chicago (quartier de Leure) 44 mètres
47 quai de Southampton 44 mètres ( tour au bout de la rue de Paris)
35 Chaussée Kennedy 43 mètres ( tour au bout du boulevard François Premier, en face du qaui de Southampton)
Clocher de l’église Saint-Michel 42 mètres
Siège bleu du Port du havre 39 mètres
Stade Océane 34 mètres
Phare de la Hève 20 mètres
Sous réserve d’erreurs. Merci d’apporter vos éventuels corrections ou ajouts. La liste devrait être rectifiée dans les jours qui viennent
Il y a le monde terrestre, marin et aérien havrais. Il me semble que les deux premiers ont été les plus étudiés. Quant au troisième c’est seulement de manière récente, avec Sébastien Bocé qui travaille de manière très complète sur le sujet de l’aviation dans la région havraise, que ce sujet commence à être traité.
Le monde des bâtiments terrestre havrais est connu dans certaines dimensions (histoire, aspect…) mais il apparaît clair que l’aspect vertical des constructions demeure négligé. La modeste liste que je produis a pour but de donner un début de réflexion sur le concept de hauteur dans notre bonne ville du Havre.
La date de création des constructions les plus hautes montre que les années 1960 ( la tour de l’église Saint-Joseph, par exemple, l’ensemble des tours de Caucriauville) furent les plus propices à ces réalisations. A cette époque, l’espoir et les projets montraient une certaine volonté de puissance. On apprend ainsi que la centrale thermique du Havre fut à l’époque de sa mise en service (1968) la plus puissante d’Europe. Elle a sa « sœur » à Porcheville dans la région parisienne, le long de la Seine et du chemin de fer Le Havre-Paris. Là-bas les cheminées ne font que 220 mètres de haut. On apprend d’ailleurs de manière intéressante que les cheminées étaient aussi hautes à Porcheville pour que les fumées puissent passer au-dessus d’une falaise de 70 mètres… Etant donné que la Côte, la falaise havraise est plus élevée cela pourrait expliquer la si grande hauteur des cheminées havraises ! C’est une explication que je n’ai encore jamais lue nulle part. Ces cheminées provoquent parfois la fascination : Laurent Durel, photographe et figure locale bien connue, ne cesse ainsi de s’y référer. Elles causent parfois aussi de la frayeur et certains y voient même les cornes du diable. Elles frappent plutôt les visiteurs du Havre, en général, que les habitants. Ce symbole des deux cheminées n’a pas été étudié et il faudrait se plonger dans l’histoire « intime », assez mystérieuse, d’Electricité de France pour en savoir davantage.
En gros, en matière de hauteur, l’énergie industrielle (la centrale thermique) dépasse l’énergie spirituelle ( l’église Saint-Joseph) qui dépasse elle-même l’énergie politique ( la tour de l’hôtel de ville). Cela amène à se poser des questions…
Les années 1970 ont été marquées par la création des premiers immeubles de Résidences de France, face à la mer, enclavés dans le quartier du Perrey. Ils forment en quelque sorte le répondant « aisé » au quartier de Caucriauville. De manière très étonnante, il paraît difficile de trouver la hauteur de ces immeubles. Doit-on rappeler qu’ils sont nettement plus élevés que l’ensemble des constructions du quartier ? On constate, malheureusement, que leur présence gêne largement la vue sur l’arrivée des navires dans le port lorsqu’on se trouve sur la Côte.
Les années 1980 ont marqué un certain désintérêt pour l’édification de constructions en hauteur au Havre. C’est probablement l’effet de la crise mais aussi le contexte politique – isolement que je ne juge pas mais que je constate – qui a freiné le mouvement. Une étude comparée avec des villes de même importance apporterait un éclairage à ce sujet.
A partir des années 1990, avec le projet de Tour jean Nouvel, on a senti un frémissement vers un retour des constructions de grande hauteur mais celui-ci s’est heurté à de nombreux obstacles ( soucis techniques, absence de volonté politique). On en vient à se demander si les projets en hauteur ( hier la Tour Nouvel, aujourd’hui un téléphérique) ne sont finalement pas un moyen de faire lever la tête pour éviter de voir ce qui se passe au niveau du sol !
Depuis les années 2000, un intérêt des photographes pour les vues en hauteur du Havre est à signaler.
Il faut dire que la mise en valeur du patrimoine récent incite à regarder avec admiration l’église Saint-Joseph ou la tour de l’hôtel de ville. Cette dernière a d’ailleurs servi au cours des années 2000 à déployer une grande banderole en faveur de l’équipe de football ( le HAC ) ou à constituer un terrain d’escalade original dans le cadre du Téléthon. On n’avait pas eu affaire, semble-t-il, à une si forte utilisation dans les années 1970 ou 1980. L’utilisation nouvelle de drones ne fera qu’accentuer, au 21 e siècle, cette exploitation des lieux en hauteur.
Il reste que la verticalité du Havre et de ses constructions reste sous-estimée, sous-exploitée. N’y-aurait-il pas une grande fierté à rappeler que Caucriauville est le plus haut quartier du Havre ? Le quartier le plus haut de la ville haute : c’est motivant !
Le caractère vertical des constructions revêt au Havre, comme ailleurs, une dimension sexuelle insoupçonnée. L’aspect de phallus de l’église Saint-Joseph n’est-il pas à rapprocher du caractère « païen » qu’on a vu parfois dans cette église, très différente dans sa conception intérieur des autres établissements chrétiens de ce genre.
On ignore si Le Havre possèdera dans l’avenir des constructions de grande hauteur. C’est probable car l’espace manque et doit être bien exploité. Il ne semble pas judicieux d’avoir de tels édifices dans ce que j’appelle la « vieille ville », celle de l’architecture Perret. L’harmonie de ces quartiers de la Reconstruction mérite d’être sauvegardée. Certes, certains urbanistes ou architectes trépigneront face à ces quartiers sanctuarisés mais ils trouveront des occasions en dehors de ce périmètre.
Comme le remarquent certains, la résistance du sol de la ville basse et sa proximité de la mer constituent peut-être un frein à l’érection de tours. Il s’agit d’un sujet peu abordé par les architectes et les urbanistes malgré son caractère crucial en ce qui concerne l’évolution de la ville. La montée des eaux risque aussi de jouer un rôle dans l’édification de tours. Enfin on espère que ce phénomène sera pris en compte !
Pour conclure, on remarquera qu’il n’y a aucune liste des constructions les plus hautes de Normandie. Cela reste à faire. On l’ignore souvent mais les établissements recevant du publics de grande hauteur sont répertoriés par les préfectures. Il y en aurait cinq en Seine-Maritime. La discrétion qui entoure les bâtiments les plus élevés indique peut-être paradoxalement une certaine fragilité de ceux-ci…
Merci à Quentin Durel, Romain Gambu, Stéphane William Gondoin, Quelques éléments ont été recueillis sur Internet.