Je reviens sur mes trop fameux cousins, de Chine (douteux) ou d’ailleurs (plus probable). Pour l’heure, du Madrillet, pays contrasté. Leur cité. Presque un village. Tout le monde se connaît. Se méprise et s’estime tout autant. Vous dire s’ils sont Français ! Ces descendants de coolies à la sauce Condition humaine ne sont jamais en reste de vous signaler les Magrébins d’en face, les Azerbaidjanais d’à-côté ou les Roumains du bout de la rue. Ce ne sont que bagnoles mal garées, tapis mis à sécher sur les haies ou poubelles rentrées ou pas.
Ils ne vivent pas comme nous me disent-ils. Non. Mais ni comme les autres, non plus. Bref, comme personne. A quelques mots des dernières élections municipales, ce dimanche de Pâques, à l’heure de l’apéritif, on n’a pas tardé à me signifier (à mots couverts) les préférences en matière d’isoloir. Disons tout de suite qu’Hubert Wulfranc, élu au premier tour avec un score soviétique (ou algérien) est dans la rue, pas très bien vu. Bref, quoiqu’électeurs potentiels, ils sont restés chez eux. Bref, ce sera pour une prochaine fois. Bref, ils sont de droite et bien de droite.
Je les observe. Ce pavillon est minable (acheté depuis longtemps) et leurs salaires ne sont pas mirobolants. Comme on dit : ils comptent. Si je devais faire le sociologue de comptoir, je les rangerais dans classe moyenne inférieure, groupe informe et discret, ni pauvre ni riche. Ils paient les impôts, l’eau, l’électricité, l’essence, etc. En échange, ils ont la bibliothèque gratuite et les animations culturelles dont ils ne que faire. Ils préfèrent aller au Zénith voir tel ou tel chanteur. Mais là, boum, c’est payant et bien payant.
Ils vivent dans la tradition et le goût social moyen : trois ou quatre chaînes de télévision, des centres commerciaux surchargés de samedis dépensiers, et des vacances à compte d’auteur. C'est-à-dire : qu’ils se fabriquent eux-mêmes. Au fond, ce sont des naïfs. On les méprise comme tels parce qu’ils ont été bien dressés. Qu’ils ont toujours obéi : à l’école, au travail et dans la file d’attente de la Poste. S’ils disent qu’ils ne se sentent plus chez eux, on leur fait des leçons de morale. Ce sont des beaufs et des racistes, quand ça n’est pas des fascistes. Suivez mon regard. S’ils comprennent, ils encaissent. Encore. S’ils ne comprennent pas, itou.
Mes cousins ont tort. Tort de voir ce qu’ils voient, d’entendre ce qu’ils entendent et de penser ce qu’ils pensent (citation). Ce qui les attend ? La schlague. D’un bord ou l’autre. Ils auront le choix : doux, moins doux, fort. Comme le chorizo (qu’ils ne mangent pas). De ce choix dépendra l’opinion qu’on aura d’eux : mauvaise, plus mauvaise, très mauvaise. Comme dit mon plombier : on s’est encore fait baisés. A quoi j’ajoute toujours : dans les grandes largeurs (moi, je suis du côté des petits).
Et moi, je peux vous parler de ma retraite. Ni grasse, ni trop maigre. Entre les deux. Alors, comme tout le monde ? Oui. Mais ça sera pour une autre fois.