Elle a tout d’une grande.
Dans le cadre original de la chapelle Saint-Louis place de la Rougemare, Pauline Picard s’agite. Elle saute de poste en poste, distille ses ordres avec autorité, ajuste la lumière, contrôle le son et lance le clap : « On tourne… ». Jean-Pierre Zéréni, comédien professionnel connu pour ses rôles de fiction à la télévision ainsi que les huit membres de l’équipe se plient sans sourciller à ces directives et ne rechignent pas à recommencer les prises, encore et encore jusqu’à ce que la jeune femme lance un satisfait « Coupez, elle est bonne, on la garde! ». La jeune réalisatrice est encore inconnue du microcosme cinématographique mais ce ne saurait être qu’une question de temps. Elle n’a que 19 ans! Étudiante en 2ème année de BTS audiovisuel montage au lycée Corneille de Rouen, elle a écris un scénario en 1ère année. Elle l’a fait évoluer au fil du temps et a estimé qu’il était temps d’en organiser le tournage. « Ce projet, qui a longtemps germé dans mon esprit, compte énormément pour moi. Cette histoire me tient beaucoup à cœur » plaide t-elle. « Elle est simple et angoissante à la fois. Dans « Quand l’hiver revient », le titre du film, Christiane et Marc sont mariés depuis 25 ans. Le jour de leur anniversaire de mariage, Christiane décède d’une crise cardiaque. Comment continuer à vivre après la perte d’un être cher ? Christiane ne va cesser de hanter Marc qui finira par croire qu’elle est vraiment là, comme avant. Son fils Axel découvre la situation, impuissant face à celle-ci ». Ce sujet, elle l’a puisé au fond de ses tripes, n’imagine pas elle-même la douleur qu’elle pourrait ressentir si elle perdait un être cher. Mais pourquoi tourner à Rouen, elle qui est originaire de Saint-Etienne (42) ? « J’ai voulu mettre en lumière cette ville où je vis pour les besoins de mes études. Je la sens, je la fréquente, elle m’inspire! ». Mais réunir des fonds pour le projet n’a pas été un mince défi. Parents et proches ont été mis à contribution. Matériellement et humainement. Ainsi Jean-Pierre Zéréni ne regrette-t-il pas sa participation. « C’est la plus jeune réalisatrice avec qui j’ai jamais tourné. Elle en veut, son scénario est pointu, ses exigences justifiées. Elle a tout d’une grande! ». Leah Darmon, Muriel Cheriere, Pierre Balaye, Morgane Pellerin et Charles Desmotes participent à l’aventure. Ses camarades de classe ont contribué également. L’oeuvre terminée a pour but d’être présenté au festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand l’an prochain. Si, dans un soucis de découverte de jeunes talents certaines institutions ou mécènes voulaient s’y coller, ils pourraient, dans l’avenir, se targuer d’avoir été de ceux qui y croyaient! Contact : http://quandlhiverrevient.blogspot.fr/