Des éoliennes de ce type verront le jour au large de Fécamp (photo Michel Guilly/cc/Flickr)
Le débat public pour le projet de parc éolien au large de Fécamp débute mercredi 20 mars 2013. Jusqu’au 20 juillet 2013, chacun pourra s’exprimer et obtenir des informations sur les 83 éoliennes de 6MW chacune (soit 498 MW au total) qui doivent être érigées en mer par la société Éoliennes Offshore des Hautes Falaises, avec, pour partenaire, Alstom, à environ 13 km au large des côtes. Elles fourniraient l’équivalent de la consommation d’électricité annuelle de plus de 770 000 personnes.
En zone Natura 2000
L’une des difficultés du projet de Fécamp est que la zone visée se trouve dans une zone Natura 2000, même si elle ne représente que 4 % de sa surface (65 km2).
C’est au port du Havre que seront construites les fondations gravitaires et l’assemblage des éoliennes, avec plusieurs centaines d’emplois à la clé. Partenaire du maître d’ouvrage, Alstom prévoit également de créer quatre usines pour fabriquer les éoliennes en France : deux usines à Saint-Nazaire pour produire les génératrices et les nacelles et deux autres à Cherbourg pour produire les pales et les mâts.
Avec une capacité de production de 100 éoliennes par an pour la France et l’export, ces usines devraient générer environ 1 000 emplois directs et 4 000 emplois indirects.
Plusieurs réunions publiques sont prévues d’ici la fin du débat public : la première aura lieu lundi 25 mars 2013, de 18h30 à 21h30 au cinéma Grand Large de Fécamp, place Bellet, sur le thème « Transition énergétique et présentation du projet ». Les modalités du débat public et les caractéristiques du projet seront présentées. Les premières questions et prises de positions seront recueillies.
Mise en service à partir de 2018
Une fois le débat public achevé, le projet devra encore être confirmé et obtenir les autorisations (d’octobre 2013 à mi-2015), puis viendra le temps de la construction (de 2015 à 2020) pour une mise en service progressive des installations à partir de 2018.
Le projet du parc éolien de Fécamp est situé en zone Natura 2000 (document société Eoliennes Offshore des Hautes Falaises)
Un nouvel appel d’offres pour le projet du Tréport
L’ouverture de ce débat public à Fécamp tombe quelques jours après la notification du second appel d’offres pour le parc en projet au Tréport.
Un appel d’offres qui a été lancé le 16 mars 2013 et dont le lancement avait été confirmé par la ministre de l’Écologie, Delphine Batho le 8 janvier dernier. Il concerne deux lots : Le Tréport d’une part et les îles d’Yeu et de Noirmoutier d’autre part, avec une date limite de dépôt des offres fixée au 29 novembre 2013. Suite à quoi le gouvernement devra prendre une décision et déclencher, là aussi, un débat public.
Pour mémoire, la zone du Tréport avait été ouverte à la concurrence lors du premier appel d’offres lancé en juillet 2011. Le prix proposé dans la seule offre déposée étant très élevé, le gouvernement avait dû se résoudre à le déclarer infructueux.
La Haute-Normandie compte les emplois…
L’enjeu est de taille pour la Haute-Normandie qui pense bien entendu aux emplois que ces projets devraient générer : en plus des 2 000 emplois liés aux phases de construction au Havre, l’activité de l’éolien offshore devrait permettre la création de 3 000 à 4 000 emplois « pérennes et non-délocalisables ». « Près de 300 entreprises régionales sont déjà identifiées sur ce secteur », souligne la Région.
Dans le même temps, Alain Le Vern, le président de la Région Haute-Normandie, a convaincu Delphine Batho, la ministre de l’Écologie, « d’étudier un tarif spécifique pour le rachat de l’électricité produite grâce à de futurs démonstrateurs (sites d’essais) dans le domaine de l’éolien offshore ».
Une condition sine qua non pour doper la recherche en France et éviter que les efforts ne se tournent vers d’autres pays européens aux conditions plus avantageuses.
L’éolien offshore, comment ça marche ?
Les éoliennes offshore existantes ont une puissance pouvant aller jusqu’à 6 MW mais des prototypes de 7, 8 et 10 MW ont été annoncés par les constructeurs. Le diamètre du rotor peut atteindre 150 mètres, faisant de l’éolienne off-shore la machine tournante parmi les plus grandes au monde. La profondeur d’installation économiquement viable reste aujourd’hui à un maximum de 40 mètres.