Sarkovalls
La popularité du chef de l’État est mise à mal dans les derniers sondages d’opinion. On lui préfère aujourd’hui Manuel Valls. Un constat
statistique qui indique clairement que les Français ne font plus confiance dans l’ancien secrétaire du Parti socialiste pour diriger le pays. En premier lieu ce divorce avec l’opinion résulte de
l’exercice du pouvoir et la conception monarchique qu’en fait François Hollande. Sous des apparences de normalité, le roi François a comme Mitterrand endossé les lieux et les usages du
pouvoir.
On perçoit jour après jour sa quête de recherche du protocole, une pratique largement bafouée
par Nicolas Sarkozy. Un ancien président qui a profondément dépoussiéré la fonction présidentielle pour ne pas dire qu’il l’a complètement
désacralisée. C’est la posture de Manuel Valls de coller à une nouvelle génération d’électeurs, moins soucieux de formalisme et plus attaché à l’efficacité. Au fond les Français ont la nostalgie
du Sarkosysme .
Ils aimeraient du dynamisme, de la modernité et de la classe (absente chez Nicolas
Sarkozy). C’est l’habit que tente de revêtir Manuel Valls en soignant son image et sa communication. François Hollande est un homme du passé qui ne peut en changeant de lunettes et en perdant
quelques kilos jouer un autre rôle que le sien, le digne héritier du Mitterrandisme. Manuel Valls rejoue la carte Michel Rocard, avec le succès que l’on lui reconnaît aujourd’hui avec moins
d’emphases intellectuelles, mais avec plus d’audace politique. C’est le concurrent sérieux des prochaines primaires socialistes pour la désignation des futures présidentielles et si d’aventure
ministérielle le poste de premier ministre lui revenait, il ne serait pas dans la posture d’un Balladur, mais dans celle d’un nouveau Chirac. À
suivre
Igor Deperraz