SIVENS, VEZINS… Des barrages contre la DEMOCRATIE !

Le hasard est souvent ironique et adore les figures de rhétorique… Après l’hyperbole tragique de Sivens, voici qu’avec l’affaire normande du barrage de Vézins, il nous propose un « chiasme », c’est à dire le renversement en miroir de ce qui s’est malheureusement passé à Sivens, pour exactement les mêmes raisons !

A Sivens dans le Quercy, des citoyens s’opposent pour des raisons écologiques à l’érection d’un barrage inutile voulu par les autorités (élus locaux et préfet)

A Vézins en Normandie, des citoyens mais aussi des élus locaux s’opposent pour des raisons écologiques à la destruction d’un barrage voulu par les autorités au nom des mêmes impératifs écologiques…

Cherchez l’erreur ! Elle est double: quand l’Etat se pique d’écologie en ignorant la démocratie cela donne une autre figure de style que l’on nommera: « oxymore » !

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NON Monsieur LEVY ! Des régions THEORIQUES ne peuvent pas exister !

Depuis les rives du lac Léman, voici qu’un géographe nous offre ces derniers temps une belle caricature de ce qu’il peut y avoir de pire dans un certain esprit français, à savoir, « l’esprit de système » qui consiste en l’application « systématique », générale et forcenée d’une théorie à une réalité forcément toujours plus complexe et subtile  voire rebelle…

En 1790, pour nous débarasser de l’affreux assemblage baroque et féodal des anciennes provinces, le député jacobin rouennais Guillaume THOURET pensait avoir trouvé la solution systématique miracle: le carré de 80 lieues de côté pour faire de la France une charcuterie égalitaire. Heureusement, la majorité girondine des députés constituants préférèrent la solution moins systématique et plus pragmatique de s’en remettre très largement à la géo-histoire provinciale pour départir 90 départements de taille à peu près comparable…

Plus de deux siècles plus tard, voici que certaines têtes éprises de l’esprit de système s’échauffent à nouveau à l’occasion de redécouper une carte régionale dans le cadre de la réforme territoriale en cours: là encore, l’esprit de système nous permettrait de nous épargner la peine de nous coltiner la profondeur mémorielle d’un vieux pays, la visite fastidieuse du moindre territoire et la prise en compte vétilleuse des complications de la géo-histoire. 

Jacques Lévy est donc un géographe qui pratique l’esprit de système car, en fait, à l’instar de nos élites politico-administratives qui décident du plus grand déménagement territorial que la France ait connu depuis la Révolution française, il n’a pas le temps… Comme nos politiques, il est pressé et il lui faut un truc qui marche de suite, qui séduise sur le champ tous ceux et celles qui doivent prendre rapidement une décision sans avoir pris le temps de consulter de vrais historiens géographes qui ont lu des bibliothèques sur le sujet…

Jacques Lévy nous propose, donc, de créer des néo-régions à partir des bassins de vie pratiqués concrètement par les habitants… ça semble évident, la méthode semble objective, imparable. Sauf que…

L’erreur de perspective fondamentale de Jacques Lévy « géographe » est finalement double:

1) Croire qu’une méthode de description des réalités géographiques puisse à son tour créer des réalités géographiques nouvelles. 

2) Confondre territoire régional et espace de coopération interrégional, notamment pour le Bassin parisien.

A vous, donc, d’en juger en lisant l’article ci-dessous paru récemment dans l’hebdomadaire l’Express. Mais à la vue des monstres territoriaux qu’envisage Jacques Lévy depuis son université de Lausanne, notamment pour le « Bassin Parisien », je vous propose de nous activer plus que jamais  à la reconstruction d’une esnèque normande unifiée pour fuir au plus vite ces visions régionales aussi alémaniques que cauchemardesques !


 

http://www.lexpress.fr/region/reforme-territoriale-ces-regions-dont-la-france-a-vraiment-besoin_1616097.html

Réforme territoriale: ces régions dont la France a vraiment besoin

Par Michel Feltin-Palas, publié le 28/10/2014 à 17:07 , mis à jour à 17:08

Pour redécouper la France du XXIe siècle, pourquoi respecter les frontières des départements, établies au… XVIIIe siècle? Contrairement au gouvernement, c’est en observant les bassins de vie quotidiens que le géographe Jacques Lévy a dessiné cette carte. Une vision aussi pertinente que détonante, au moment où les débats sur la réforme territoriale reprennent au Sénat. 

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Le 11 octobre, une manifestation d’opposants à la fusion de l’Alsace avec les régions Lorraine, et Champagne-Ardenne.

REUTERS/Christian Hartmann

L’Alsace va-t-elle échapper à la fusion avec les régions Lorraine et Champagne-Ardenne? Le Nord-Pas-de-Calais se mariera-t-il finalement avec la Picardie ? La Bretagne sera-t-elle contrainte de s’unir avec les Pays de la Loire ? Midi-Pyrénées et le Languedoc finiront-ils par convoler ? A moins d’une énorme surprise, ce sont là les seules incertitudes qui demeurent, alors que le Sénat devait se pencher, à compter du 29 octobre, sur les délimitations des futures régions. En attendant que le texte ne reparte à l’Assemblée nationale pour une dernière lecture. 

Hélas, quels que soient les choix du Parlement, on sait déjà que la nouvelle carte ne sera pas pertinente, car François Hollande et Manuel Valls ont commis deux erreurs. D’abord, c’est depuis Paris que les deux hommes ont dessiné la France de demain, sans prendre le temps de consulter les citoyens. Surtout, ils se sont contentés de regrouper les régions existantes, dont ils reconnaissent eux-mêmes que les contours n’ont pas grand sens. Comprenne qui pourra… 

La France des pays locaux

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Source: Insee

© Chôros (Thibault Romany, Ogier Maitre, Jacques Levy), 2014.

Fort de ce constat, le géographe Jacques Lévy excellent connaisseur de l’espace français, a opté pour un tout autre procédé : partir du terrain et ne pas se soucier des découpages existants. « Avec mon équipe, j’ai commencé par observer les « pays », c’està- dire les bassins de vie des Français au niveau local, explique-t-il. C’est seulement dans un deuxième temps que j’ai regroupé les « pays » en relation les uns avec les autres, afin de former des régions cohérentes. » 

La « maille » de base est donc le « territoire vécu » par les Français du XXIe siècle, établi notamment d’après les déplacements domicile-travail analysés par l’Insee. Des « aires urbaines » que Jacques Lévy a élargies en intégrant des communes qui en sont un peu éloignées. Ces secteurs dépassent -de très loin- les limites des communes et, souvent, celles des intercommunalités Il a ainsi systématiquement regroupé les « pays » formant actuelles, dont les contours répondent parfois à de pures considérations politiques. 

Ce faisant, le géographe s’est également affranchi des frontières administratives existantes, que ce soit celles des régions ou des départements. Un exemple? « Quand on observe le bassin de vie d’Avignon, on s’aperçoit qu’il franchit le Rhône et couvre donc une partie de la région Languedoc-Roussillon. » Tant pis pour l’actuelle délimitation du Vaucluse et de Provence-Alpes-Côte d’Azur! La seule règle qu’il s’est fixée, c’est de ne pas couper un « pays » en deux. 

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Source: Insee

© Chôros (Thibault Romany, Ogier Maitre, Jacques Levy), 2014.

Même pragmatisme pour la constitution des régions. Déplacements des Français, échanges entre les entreprises, liaisons routières ou ferroviaires : Jacques Lévy a méticuleusement observé les relations entre les villes, en s’appuyant notamment sur une récente étude de la Datar (1). Belfort (Franche-Comté) est tournée vers Mulhouse (Alsace) ? Il est donc logique de les associer dans un même ensemble. Tout comme Tarbes (Midi-Pyrénées) et Pau (Aquitaine) ou encore Laval (Pays de la Loire) et Rennes (Bretagne).  

Il a ainsi systématiquement regroupé les « pays » formant des « systèmes urbains » cohérents. Avec un regret, toutefois : « Quand deux villes appartiennent à une même région administrative, elles sont amenées à collaborer plus qu’elles ne le feraient spontanément. Il faudrait reprendre l’étude de la Datar en éliminant ce biais méthodologique. » 

Une identité commune fondée sur la culture

Lyon, Lille, Bordeaux, Toulouse, Aix-Marseille : le plus souvent, les régions de Jacques Lévy sont articulées autour d’une métropole. Logique : pour assurer le développement d’un territoire et rayonner au niveau européen, il faut disposer d’universités, d’entreprises de pointe, d’aéroports. Des ressources « objectives » qui, naturellement, se concentrent dans les grandes agglomérations.  

11 espaces culturels

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Source: Insee

© Chôros (Thibault Romany, Ogier Maitre, Jacques Levy), 2014.

Mais le géographe a eu l’intelligence de ne pas s’en tenir à cette approche « techno », si pertinente soit-elle. Il a également pris en compte les ressources « subjectives » des territoires, c’est-à- dire les espaces culturels. « Pour mener à bien un projet, il faut s’appuyer sur une identité commune, laquelle suppose une mémoire partagée et un même horizon pour se projeter, justifie-t-il. Voyez la Catalogne et la Bavière ! » 

Jacques Lévy est cohérent. Il ne prétend pas dire ce qu’il faut faire ou ne pas faire. Sa carte n’est qu’une proposition sur laquelle les citoyens devraient se prononcer. « Personnellement, je doute que les Basques aient avantage à constituer une région séparée de l’Aquitaine, mais si, par référendum, la population en exprimait le désir, cela ne me gênerait pas. » A une condition, toutefois : que les intéressés assument les conséquences financières de leur autonomie.  

800 « pays », 10 régions

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Source: Insee

© Chôros (Thibault Romany, Ogier Maitre, Jacques Levy), 2014.

« La création d’un second département en Corse a débouché sur la mise en place d’une préfecture, d’un conseil général et d’une foule d’emplois publics payés par tous les Français, et dont l’utilité est parfois contestable, reprend-il. Il faut rompre avec cette tradition. Si une petite région veut exister seule, très bien, mais c’est elle qui devra payer ses fonctionnaires. »  

Il en va de même pour les parties du territoire peu densément peuplées, que Jacques Lévy appelle des « marges hypo-urbaines ». Si elles ne se rattachent pas de manière évidente à un « pays », elles devraient, au terme d’une concertation, opter pour un bassin de vie voisin, voire, si elles le souhaitent, constituer des espaces autonomes de très petite taille. 

Restait à donner des noms aux 10 régions nées de cette démarche inédite. « Le plus souvent, relate le géographe, j’ai cherché dans l’Histoire un territoire correspondant peu ou prou aux espaces auxquels j’étais parvenu. » D’où la Lyonnaise, qui renvoie à la Gaule romaine, ou la Lotharingie, qui rappelle le partage de l’empire de Charlemagne. (sic!) Jacques Lévy ne se berce pas d’illusions : il y a peu de chances que sa carte voie le jour prochainement. Le gouvernement, soucieux d’aller vite, a précipité le débat. Mais, comme toutes les bonnes idées, il n’est pas interdit de penser que celle-ci finira par s’imposer. 

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Source: Insee

© Chôros (Thibault Romany, Ogier Maitre, Jacques Levy), 2014.

LES DESSOUS D’UNE CARTE

L’Alsace  

« L’Alsace dispose à la fois d’une métropole, Strasbourg, d’un réseau urbain de qualité et d’une culture spécifique forte. Il n’est donc absolument pas nécessaire de lui adjoindre la Lorraine ni, a fortiori, la région Champagne-Ardenne, comme l’a proposé le gouvernement. Si tel était le cas, on compliquerait la mise en place de projets cohérents. Je me suis demandé s’il fallait rattacher la Moselle à l’Alsace, car elles partagent une même culture germanique et le même passé tragique -l’annexion par l’Allemagne. J’y ai renoncé : les liens de la Moselle avec Strasbourg sont trop faibles pour justifier cette option. En revanche, il est logique de l’étendre au sud, en y intégrant Belfort et Montbéliard, aujourd’hui en Franche-Comté. Non seulement, l’Histoire plaide en ce sens, mais ces deux villes appartiennent au système urbain de Mulhouse. »  

L’Aquitaine 

« Cette région est construite autour de la métropole bordelaise, dont l’influence s’exerce très au-delà de l’Aquitaine actuelle, notamment en Limousin. Comme toujours, bien sûr, on peut s’interroger sur les zones frontières. Poitiers, par exemple, est un peu éloignée de Bordeaux et a peu de connexions avec elle. En revanche, elle est liée à La Rochelle et à Angoulême, qui, toutes deux, sont clairement tournées vers la préfecture girondine. C’est pourquoi j’ai décidé d’inclure l’ensemble du système urbain de Poitou-Charentes dans l’Aquitaine. J’ai raisonné de manière similaire pour le sud de la région. On pourrait joindre sans problème le duo Pau-Tarbes à Toulouse, mais, dès lors qu’il fonctionne avec l’agglomération bayonnaise, qui a elle-même d’étroites relations avec Bordeaux, il m’a paru logique de rattacher ces ?trois B? (Béarn, Bigorre, Basque) à la région Aquitaine. Quant au nom, il s’est imposé avec évidence dès lors que les contours de la région rappelaient ceux du duché d’Aliénor. »  (sic !)

La Bretagne 

« Il existe trois systèmes urbains dans cette partie de la France : l’un autour de Brest, l’autre autour de Rennes, le dernier autour de Nantes. Je les ai rassemblés. Cela me conduit à inclure dans cette « grande Bretagne » Angers et La Roche-sur-Yon, qui gravitent autour de Nantes, ainsi que Laval, Mayenne et Château-Gontier, qui sont tournées vers Rennes. Je sais que cela va fâcher les tenants de la réunification de la Bretagne, qui voudraient se contenter du rattachement de la Loire-Atlantique. Mais ils devraient au contraire se réjouir : leur région rayonnerait ainsi au-delà de ses limites traditionnelles. Quant à l’identité culturelle et linguistique bretonne, elle devrait selon moi relever uniquement des territoires de la Bretagne historique, à travers une institution ad hoc. »  

Liens entre « pays »

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Source: Insee

© Chôros (Thibault Romany, Ogier Maitre, Jacques Levy), 2014.

Le Languedoc 

« Cette région est construite autour de Toulouse, l’une de nos métropoles les plus solides. J’ai renoncé à en créer une autre autour de Montpellier pour deux raisons : celleci manque de population et elle n’a pas de spécialisation lui assurant un rayonnement international. Malgré le souhait des sénateurs et les rodomontades de feu Georges Frêche, il faut rappeler les chiffres : Montpellier pèse la moitié de Toulouse et le tiers d’Aix-Marseille ! Enfin, j’ai choisi le nom de Languedoc assez facilement. A l’exception catalane près, ce territoire partage une même langue : le languedocien. Et les contours de la région rappellent peu ou prou la vieille province sous l’Ancien Régime. »  

 

Le bassin parisien 

« L’influence de Paris déborde largement les frontières de l’Ile-de-France et s’étend jusqu’aux villes comme Le Mans, Orléans, Tours, Amiens, Rouen ou Caen : les études de la Datar sont très nettes sur ce point.  

Ces agglomérations – et les territoires qui les environnent – ne doivent surtout pas craindre de se voir ravaler à un rang de vague banlieue. Elles ont au contraire tout intérêt à se rapprocher de Paris, afin de bénéficier de ses richesses et de sa capacité d’investissement. Cela est vrai notamment des Normands, qui pourraient ainsi se doter du TGV auquel ils aspirent.  (ndlr: « aspirer » c’est bien le mot juste ! Car dans le Bassin parisien, l’aspirateur c’est Paris…)

La situation est plus ambiguë à Reims, Auxerre ou Troyes, qui, selon la Datar, sont peu liées au système parisien. Mais quel sera le destin de ces villes si on les laisse isolées ? Elles n’ont ni les ressources « objectives » ni l’identité culturelle suffisantes pour rester autonomes. L’union avec la capitale constitue leur meilleure chance – et sans doute la seule. »  

« C’est sans doute la région la plus délicate de toutes, car elle ne dispose pas d’une métropole digne de ce nom. J’ai envisagé de l’éclater sur les régions voisines, mais cela posait deux problèmes. D’une part, certains territoires, comme Besançon ou Epinal, sont trop éloignés de Paris, de Lyon ou de Strasbourg pour y être rattachés. D’autre part, cela contribuerait à diluer l’identité alsacienne, qui est une force.  

Je reconnais cependant qu’il s’agit là d’un pari. Il consiste à espérer que Metz, Nancy, Dijon et Besançon, conscientes de leur taille insuffisante, sauront travailler intelligemment ensemble en créant une « métropole en réseau » susceptible d’exister au niveau européen. Ce n’est pas tout à fait illusoire : le ?sillon lorrain?, sous l’impulsion d’André Rossinot (UDI), à Nancy, a pris corps depuis l’arrivée de Dominique Gros (PS) à la mairie de Metz. Il s’agirait en fait d’étendre cette logique à la Bourgogne et à la Franche-Comté.  

La Lotharingie 

Quant au nom, il fait bien sûr allusion au royaume de Lothaire II, qui fut constitué après la mort de Charlemagne et s’étendait au sud de la Lorraine actuelle. »  

Le Nord 

« Selon moi, le Nord-Pas-de-Calais doit rester seul. Il dispose avec Lille d’une solide métropole. Et il existe une forte identité nordiste. La fusion envisagée par le gouvernement avec la Picardie est stupide : il s’agit d’une région faible qui risque de déstabiliser le fragile redressement du Nord, alors qu’il serait beaucoup plus pertinent de rapprocher l’Oise, la Somme et l’Aisne de Paris, afin de les faire profiter de la richesse de la capitale. »  

La Lyonnaise 

« Lyon est la deuxième métropole française. Elle dispose de remarquables atouts et peut s’appuyer sur un réseau urbain de qualité. A l’est, l’arc alpin Grenoble-Annecy-Chambéry; au sud, la vallée du Rhône (Vienne, Valence et Montélimar); au nord, Villefranche-sur-Saône et Bourg-en-Bresse ; à l’ouest, Saint-Etienne et, au-delà, Clermont-Ferrand. La plupart des Auvergnats l’ont compris : leur intérêt consiste à se rapprocher d’une grande ville dynamique comme Lyon et non pas à former avec le Limousin une région Massif-Central, comme le prônait naguère Valéry Giscard d’Estaing. Quand on marie deux petites régions faibles, on crée une grande région faible, pas une région forte ! Sur les marges, on peut hésiter pour Mâcon, que j’aurais spontanément associée à Lyon, mais j’ai suivi sur ce point l’étude de la Datar. »  

Partir des espaces vécus et des mobilités

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Source: Insee

© Chôros (Thibault Romany, Ogier Maitre, Jacques Levy), 2014.

La Corse 

« La Corse manque de ressources -objectives- : elle n’a ni métropole, ni grande université, ni entreprises de pointe, ni laboratoire de recherche. Mais son identité est si forte que son maintien comme région autonome s’impose. Son caractère insulaire ajoute une spécificité qui justifie ce traitement particulier. »  

La Provence 

« C’est évidemment la région de Marseille, qui, malgré ses difficultés, forme avec Aix et Toulon un très beau réseau urbain. La question était de savoir s’il fallait ou non y associer Nice. J’ai choisi de le faire, car, malgré son million d’habitants et son intégration relativement récente à la France, la Côte d’Azur reste trop centrée sur le tourisme et manque d’atouts métropolitains.  

J’imagine que le nom fera sursauter les tenants de l’identité nissarde, mais je rappelle que Nice et Marseille ont souvent été associées dans l’Histoire, notamment au sein de la provincia romaine et du comté de Provence. Comme pour la Bretagne, la solution me paraît autre : la création, au sein de cette grande région, d’une institution culturelle ad hoc, limitée géographiquement à l’ancien comté de Nice et compétente pour les affaires culturelles et linguistiques. »  

(1) « Les systèmes urbains français », par Sandrine Berroir, Nadine Cattan, Marianne Guérois, Fabien Paulus et Cécile Vacchiani-Marcuzzo. Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale (Datar), 2012. 

             

L’Unité normande, question capitale : NORMANDS ! N’ayez pas peur !

A l’occasion de la présentation des activités de l’Université Populaire de Caen, hier lundi 3 novembre 2013 au théâtre d’Hérouville Saint Clair (Centre Dramatique de Normandie), au titre du collectif citoyen et républicain « Bienvenue en Normandie », j’ai présenté le thème du séminaire « Normandie » que nous allons proposer pour l’année 2014/ 2015: « l’unité normande, une question capitale ».

Devant plus de 800 personnes, durant 5 à 6 minutes (c’était le temps que j’avais pour présenter nos activités) et en présence des autres animateurs de séminaires de l’UP et avec Michel Onfray assis pas très loin de moi sur la scène du théâtre, j’ai plaidé pour un volontarisme normand pour dépasser l’ignorance, les craintes, les inquiétudes, le mépris, la bêtise, les clichés, les a priori, la méfiance, le manque d’imagination…

J’ai plaidé pour l’innovation conceptuelle en terme d’aménagement du territoire, j’ai rappelé que la géographie urbaine de la Normandie nous invite à l’intelligence, à la mutualisation, à la coopération, à la solidarité, à la réalisation d’un « socialisme » territorial normand que des élus soi-disant « socialistes » notamment en Haute-Normandie ont longtemps refusé de mettre en oeuvre en pratiquant, en toute inconscience, un égoïsme territorial sans vergogne !

Puis j’ai dialogué avec Michel Onfray lui-même sur son analyse de la situation qu’il proposait hier dans les pages de Ouest-France avec un joli dessin de Chaunu (Onfray en archange Michel perché au dessus d’Etretat depuis le Mont Saint Michel): le constat qu’il fait est, hélas, le nôtre…

Ce mépris de soi, cette détestation de soi, cette méfiance réciproque existe en Normandie et cette triste réalité est moins le résultat d’un soi-disant trait culturel normand ratatiné jusqu’au cliché éculé du paysan roublard et méfiant en « gapette » que de la cassure depuis plus de quarante années d’un espace vécu normand qui existait autrefois jusqu’aux années 1970 dans une Normandie plus économiquement heureuse qu’aujourd’hui:

Cette différence entre Haut et Bas Normands qui confine au mépris des uns pour les autres, ce n’est pas la cause de la division, c’est la conséquence…

J’ai donc dit à Michel que je partageais le diagnostic et sa crainte, à savoir que la clique fabiusienne rouenno-rouennaise fasse main basse sur la Normandie basse. Mais je lui ai dit que je ne partageais pas son pessimisme quant à l’avenir de la Normandie: Ce n’est pas Laurent Fabius qui est président de la République c’est le Rouennais et, finalement, le Normand François Hollande.

Vous me direz que mon optimisme normand fondé sur François Hollande n’est guère rassurant… Mais j’ai fait remarqué que c’est bien François Hollande lui-même qui a arbitré en faveur de l’intégrité territoriale normande contre la dillution fabiusienne de la Normandie dans une grande région « Littoral Nord -Ouest ». J’ai fait remarqué, en outre, lors du repas qui suivait la présentation de l’UP, que la loi en cours d’examen au Parlement confirmera très certainement l’unité territoriale normande et la possibilité que la ville « chef lieu » de région ne soit pas forcément la ville siège du conseil régional ou que la ville siège du conseil régional ne soit pas forcément la ville siège de la préfecture régionale.

Les arbitrages se feront, à n’en pas douter au plus haut niveau pour définir la clef de répartition des rôles entre Caen et Rouen en fonction des DEUX GRANDS DEFIS NORMANDS:

UNITE NORMANDE et AXE SEINE

Et pour y parvenir, nous proposons la méthode suivante:

1) Réaliser l’unité normande depuis CAEN (conseil régional)

2) Piloter un Axe Seine depuis la Normandie à partir de ROUEN (préfecture interrégionale Nord-Ouest) et du HAVRE (port international)

La présentation de cette solution sera donc au coeur des réflexions de notre séminaire « Normandie » de l’UP Caen: c’est pourquoi, nous avons invité de nouveau les géographes universitaires normands du collectif des Quinze qui défendent depuis 2010 l’idée d’une métropole normande en réseau entre Rouen, Caen et Le Havre en lien avec le grand maillage des autres villes normandes (pour mémoire: une ville de 10000 habitants tous les 20km partout en Normandie).

Un petit Paris de Province rouenno-rouennais à moins de d’une heure à l’Ouest du Grand Paris qui ne propose rien au reste du territoire normand est une sottise sans nom !

Il faudra bien que quelqu’un finisse par le dire aux élus « fabiusiens » toujours enfermés dans leur égoïsme de circonscription en leur suggérant de généraliser à toute la Normandie les politiques de solidarité financière qu’ils ont trouvé bonnes pour les collectivités dont ils ont encore la charge…


 

 

La rentrée du séminaire « Normandie » de l’Université Populaire de Caen aura donc lieu le:

MERCREDI 12 NOVEMBRE 2014 à 18h00

salle de réunion de l’auditorium du Musée des Beaux Arts de Caen

(enceinte du château ducal)

Entrée libre dans la limite des places disponibles

Il sera question de l’actualité institutionnelle du dossier normand depuis un an (réforme territoriale, perspective de la fusion régionale, effets des grands événements internationaux de l’été 2014)

Il sera question de la présentation des problématiques de la fusion normande à commencer par l’organisation d’une future métropole-capitale en réseau qui fera l’objet du séminaire proprement dit pour les quatre dates suivantes ( 2 décembre 2014; 6 janvier 2015; 17 février 2015 et 12 mai 2015)


 

http://www.ouest-france.fr/michel-onfray-la-normandie-ne-saime-pas-2950307

Michel Onfray. « La Normandie ne s’aime pas »

Normandie – 03 Novembre
Michel Onfray livre son point de vue sur la réforme territoriale en Normandie.
  • Michel Onfray livre son point de vue sur la réforme territoriale en Normandie. | Chaunu

Le philosophe Michel Onfray (*) nous livre son point de vue à propos du débat sur la réforme territoriale et la nouvelle Normandie qui bat son plein au Parlement.

Le fort et le faible

La Normandie ne s’aime pas, au contraire d’autres régions françaises plus marquées d’un point de vue identitaire. Sur nos terres, il y a le manque d’estime de soi, il y a le manque de marqueurs identitaires. Dès lors, il faut créer l’estime par l’identité et vice-versa.

Par le fait du Prince, les deux Normandies n’en feront bientôt plus qu’une. Tant mieux. Jamais les populations n’auraient consenti à ce mariage de raison, à défaut de mariage d’amour.

La dot de la petite Basse-Normandie faisant sourire le trésorier de la grande Haute-Normandie, il n’y avait aucune bonne raison pour que le fort s’allie au faible.

Une vieille terre de philosophie et de sagesse

Mais la force ne se trouve pas forcément dans ce que l’époque présente comme telle : des ports et une industrie, un commerce et des usines, des banquiers et des marchands, des raffineries et des grues.

De même, la faiblesse n’est pas non plus là où on la croit. La Basse-Normandie qu’on imagine maigrelette est depuis mille ans une vieille terre de philosophie et de sagesse, de littérature et de culture, d’architecture et d’art, de gastronomie et de nature, le tout dans des paysages préservés par l’industrie, atout majeur.

La ruralité épargnée par l’industrie peut-être déplorée si l’on pense en terme d’emplois, savourée si l’on réfléchit en terme d’écologie, voire d’écosophie.

Par ailleurs, la Basse-Normandie contemporaine est riche de talents qui ne s’exhibent pas, la place manque ici pour en donner la liste. L’un des traits du caractère de notre région est l’indépendance, l’autonomie, l’isolement, le goût de la liberté, le tout sans ostentation.

Reddition bas-normande

Ici, on ne se met pas en avant. On fait, on travaille, on va, le tout sans tambours ni trompettes. Ce qui manque à la Basse-Normandie, c’est de croire un peu en elle, puis de fédérer et de mutualiser ses puissances, de créer des coopératives où la force se trouve démultipliée.

Nous n’avons pas de grands fauves politiques en Basse-Normandie, pour la morale, c’est bien, pour les affaires, c’est moins bien… La plupart des élus de notre région semblent prendre acte béatement de cette réunification descendue du ciel parisien. Ceux qui la voulaient et en ont fait un argument politique pendant des années se trouvent gros-jean-comme-devant.

Gageons que, comme d’habitude, des postes richement dotés récompenseront cette reddition bas-normande des édiles en question. On en reparlera. Ceux qui tireront leur épingle personnelle du jeu semblent déjà se moquer de laisser la région basse aux caprices des requins de la région haute.

Raffineries ou raffinements…

Ce que je propose : puisque la politique n’est pas faite par ceux qui en vivent, qu’au moins elle soit faite par ceux qui veulent vivre. La Basse-Normandie pourrait au moins revendiquer dans la nouvelle grande Normandie réunifiée la dynamique culturelle avec une capitale ad hoc : Caen.

L’idée ne viendra pas d’en haut, les petits barons sont déjà tout à leur débandade. Qu’elle vienne donc d’en bas et que les talents culturels, artistiques, intellectuels, universitaires, se rassemblent pour proposer qu’à l’heure des partages du trousseau des mariés, il revienne aux Bas-Normands de ne pas disparaître.

Ainsi, dans un même couple, l’un s’occuperait des raffineries, l’autre des raffinements…

Michel ONFRAY.

(*) Fondateur de l’Université populaire de Caen qui ouvre ce lundi.

 

 

Rémi FRAISSE, citoyen de sa Terre : Hélas ! Il n’était pas de la FNSEA et encore moins breton !

Depuis ce week-end tragique pour la démocratie française, alors que le fossé entre citoyens et classe politique devient abyssal, nous vivons une véritable tragédie civique, car il faut désormais considérer que la mort accidentelle en face des forces de l’ordre (qui ont un métier de plus en plus difficile à faire dans un pays en crise de plus en plus en colère…) d’un citoyen militant écologiste (intelligent, raisonnable, engagé, le contraire d’un « casseur » anarcho-nihiliste) fait partie de la procédure administrative à suivre pour ouvrir enfin un vrai débat public sur un projet d’aménagement du territoire.

La mort de ce jeune citoyen aimant la terre de sa jeunesse et engagé dans une cause globale, nous émeut tous et les militants de la cause normande que nous sommes s’associent sincèrement à la peine des proches et de la famille de Rémi Fraisse car il est mort en faisant de la noble politique, en France, république bananière, démocratie de faible intensité…

Des centaines de rassemblement ont eu lieu et vont encore avoir lieu partout en France, à la mémoire de Rémi Fraisse et c’est parfaitement légitime tant le système politico-médiatique français est devenu autiste. La colère est compréhensible aussi mais il est parfaitement INSUPPORTABLE de provoquer des violences qui s’en prennent aux personnes et aux biens lors de ces manifestations car l’on tue une seconde fois Rémi FRAISSE qui, hélas, avait le tort de ne pas être adhérent à la FNSEA et encore moins… breton !

Car, même s’il faut décemment attendre les conclusions précises de l’enquête judiciaire en cours sur les circonstances de ce drame qui remet en cause l’action des gendarmes et même s’il faut rester calme et responsable, en évitant, par exemple, de réclamer la tête de Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur soumis, certainement à la plus rude épreuve de toute sa carrière politique, on a le droit de penser qu’il y a, bel et bien, deux poids deux mesures de la part du Gouvernement et des forces de l’ordre quand il y a une manifestation violente:

Combien y-a-t-il de morts parmi les adhérents bretons de la FNSEA qui incendient des bâtiments du Trésor Public, assaillent depuis des années les murs des sous-préfectures, qui mettent le feu à l’antenne locale de la MSA de Morlaix?

Il faut espérer que la concertation qui va enfin avoir lieu sous l’autorité de Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie va permettre de repenser enfin complètement ce projet de barrage bien mal ficelé et marqué par la collusion d’intérêts: l’affaire traîne depuis 8 ans avec un président de conseil général parfaitement sourd aux alertes et propositions des associations dont faisait partie Rémi Fraisse, alertes et propositions alternatives raisonnables que l’on trouvent aujourd’hui dans ce fameux rapport d’expertise du ministère de l’Ecologie dont tout le monde parle désormais !

En Normandie, depuis le week-end dernier, il y a eu trois manifestations, l’une à Caen et les autres à Alençon et à Rouen avec une opération d’intrusion dans des locaux militaires plutôt stupide qui a mal tourné…

D’autres manifestations sont prévues ce lundi 2 novembre et mardi 3 novembre à Rouen et au Havre…


 

http://www.76actu.fr/deces-de-remi-fraisse-a-rouen-et-au-havre-de-nouvelles-manifestations_97915/comment-page-1/#comment-51909

Rouen

Décès de Rémi Fraisse : à Rouen et au Havre, de nouvelles manifestations

Lundi 3 novembre 2014, au Havre, et mardi 4 novembre 2014, à Rouen, deux nouveaux « rassemblements pacifiques » sont organisés en hommage à Rémi Fraisse. Explications.

Dernière mise à jour : 02/11/2014 à 10:51

Vendredi 31 octobre 2014, à Rouen, les manifestants, qui marchaient en direction d'une caserne de gendarmerie, ont été stoppés par les policiers. (Photo : Thierry Chion)

Vendredi 31 octobre 2014, à Rouen, les manifestants, qui marchaient en direction d’une caserne de gendarmerie, ont été stoppés par les policiers. (Photo : Thierry Chion)

Depuis le décès de Rémi Fraisse, militant associatif passionné de botanique, découvert mort à Sivens (Tarn), après des affrontements entre les forces de l’ordre et les opposants au projet de barrage, les manifestations s’enchaînent, partout en France. À Rouen, vendredi 31 octobre 2014, près de 400 manifestants ont tenté de rejoindre une caserne de gendarmerie, mais ont été bloqués par les policiers (notre reportage, ici). Jets d’œufs, tags et fumigènes ont marqué ce rassemblement.

Des heurts à Toulouse et Nantes

Mercredi 29 octobre 2014, des manifestants avaient fait irruption dans le Centre d’information et de recrutement des forces armées (Cirfa) et au centre de recrutement de la gendarmerie, dans le centre-ville de Rouen. Quatre personnes avaient été ramenées au commissariat, « pour vérification d’identité », à la suite de cette action.
Dimanche 2 novembre 2014, c’est à Paris que devait se dérouler deux manifestations, également en hommage à Rémi Fraisse. À Nantes et à Toulouse, des heurts ont eu lieu à l’issue de rassemblements. Plusieurs policiers et manifestants ont été blessés.
C’est dans ce contexte que sont organisées deux nouvelles actions en Seine-Maritime, lundi 3 et mardi 4 novembre 2014. Les organisateurs indiquent que ces manifestations devront rester « pacifiques ».

Lundi 3 novembre, à 18h, au Havre

C’est au Havre que le premier rassemblement de la semaine doit avoir lieu. Les associations se sont donné rendez-vous lundi 3 novembre 2014, à 18 heures, devant la sous-préfecture du Havre, « pour un rassemblement pacifique de recueillement en la mémoire de Rémi Fraisse », indiquent-ils. Une mobilisation à l’initiative du Collectif havrais des objecteurs de croissance (CHOC), d’Europe écologie-Les verts (EELV), d’Écologie pour Le Havre (EPLH), du Pari de gauche, de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et du Nouveau parti anticapitaliste (NPA).
Les associations souhaitent, notamment, « dénoncer la violence policière », qu’ils jugent « disproportionnée ».

Mardi 4 novembre, à 18h, à Rouen

À Rouen, c’est mardi 4 novembre 2014 que les manifestants ont prévu de se rassembler. Le départ du cortège est fixé à 18 heures, place de l’hôtel de Ville, où une prise de parole aura lieu. Ils se dirigeront ensuite vers le palais de Justice. Une manifestation organisée par le « Collectif de défense des libertés fondamentales » (CDLF), qui revendique « la justice pour Rémi Fraisse », l’arrêt définitif du projet de barrage et l’interdiction des grenades défensives.

Rouen, 76
Le Havre, 76

 
 
Voir aussi, en Basse-Normandie :
 
http://www.tendanceouest.com/actualite-83070-hommage-a-remi-fraisse-rassemblements-a-caen-et-a-alencon.html
 
 

Hommage à Rémi Fraisse : rassemblements à Caen et à Alençon

09H11 – 02 NOVEMBRE 2014 – PAR T.V

Hommage à Rémi Fraisse, rassemblement de 150 personnes à Caen, une vingtaine à Alençon.

Une semaine après la mort de Rémi Fraisse, dans le Tarn, lors d’affrontements entre opposants au barrage de Sivens et les forces de l’ordre, plusieurs rassemblements étaient organisés.

A Caen, 150 manifestants se sont rassemblés vendredi soir devant la préfecture avant de déambuler dans les rues. Une manifestation dans le calme, très encadrée par la police.

Samedi, nouveau rassemblement devant la préfecture de l’ Orne à Alençon à la mi-journée. Une vingtaine de personnes avaient répondu à l’appel du Collectif ornais contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, avec les partis EELV, Le NPA, le Parti de Gauche et le syndicat Solidaires.

Débat public sur la réunification de la Normandie: une information divisée voire escamotée…

Difficile, très difficile d’avoir enfin accès à une information simple, claire et unifiée sur les réunions publiques officiellement organisées par les deux actuels exécutifs régionaux normands pour informer nos concitoyens Normands de la future unité normande.

Les calendriers divergent: en Haute-Normandie, Mayer-Rossignol a déjà commencé son cycle de réunions exclusivement haut-normandes tandis qu’en Basse-Normandie, Laurent Beauvais annonce un cycle de 12 réunions qui devraient débuter le 7 novembre prochain.

Problème: cette information essentielle pour nos concitoyens intéressés par l’avenir de leur région ne figure pas sur les pages d’accueil des sites internet des deux conseils régionaux concernés alors qu’on nous a promis, prochainement, le lancement d’un site « mutualisé » et « commun » aux deux régions administratives normandes pour animer le débat…

C’est en fouillant sur Internet, à partir de la page d’accueil du site du groupe socialiste du Conseil Régional de Basse-Normandie que nous pouvons, enfin, informer nos concitoyens Normands habitant la partie occidentale de la Normandie du calendrier suivant:


 

http://www.ps-regionbassenormandie.fr/reunions-publiques-lensemble-du-territoire-bas-normand/

A partir du 7 novembre prochain, vous pourrez participer à l’ensemble des réunions organisées sur le territoire bas-normand. Ce sera l’occasion pour tous les citoyens intéressés d’apporter leur contribution au débat sur la réunification des deux régions normandes. Les réunions débuteront à 19 heures:

– Vendredi 7 novembre à Coutances (Mairie)

– Lundi 17 novembre à Argentan (salle Maupassant)

– Lundi 24 novembre à Alençon (salle Baudelaire)

– Mercredi 26 novembre à Vire (salle Polinière)

– Jeudi 27 novembre à Avranches (salle Ernest Lenoël)

– Lundi 1er décembre à Mortagne-au-Perche (salle des Fêtes)

– Jeudi 4 décembre à Saint-Lô (centre culturel)

– Vendredi 5 décembre à Flers (amphithéâtre)

– Lundi 8 décembre à Cherbourg (salle des Fêtes)

– Jeudi 11 décembre à Bayeux (espace Saint Patrice)

– Vendredi 12 décembre à Lisieux (expace Victor Hugo)

– Mardi 16 décembre à Caen (auditorium de l’Abbaye-aux-Dames)

Voir aussi le site suivant:

http://www.alvinet.com/actualite/articles/reunification-de-la-normandie-12-reunions-en-novembre-et-decembre-23128877.html

En demi-région de Haute-Normandie, le cycle de réunions publiques a déjà débuté. En fouillant assez longtemps sur le site officiel internet du CRHN on a fini par dénicher ce lien:

http://www.hautenormandie.fr/L-INSTITUTION/Le-President/Reunions-publiques

La prochaine réunion aura lieu à Fécamp le mercredi 5 novembre 2014 à 20h30


 

 

Enfin, le collectif citoyen et républicain « Bienvenue en Normandie » vous rappelle que le séminaire « Normandie » de l’Université populaire de CAEN débutera le

MERCREDI 12 NOVEMBRE 2014 à 18h00 à l’auditorium du musée des Beaux-arts de Caen, enceinte du château ducal. Entrée libre.

Thème: la capitale régionale de la Normandie réunifiée.

Le grand Abbé commendataire FABIUS en visite au MONT SAINT MICHEL

Sous l’Ancien Régime, (avant 1789) les grandes abbayes « royales », c’est à dire les plus anciennes, les plus grandes et les plus richement dotées en terme de patrimoine foncier et immobilier étaient contrôlées directement par la Monarchie: le Roi par le pouvoir de « commende » nommait directement un abbé dit « commendataire » pour chacune de ces abbayes.

Cet abbé, généralement un grand seigneur ministre à la Cour de Versailles venait rarement sinon jamais dans son abbaye dirigée sur place par un prieur lorsqu’il y avait encore une communauté monastique sur place.

De la fin du XVe siècle à la Révolution, le Mont Saint Michel, abbaye considérable de l’ordre bénédictin fondée par le duc de Normandie Richard 1er en 966, eut à sa tête des grands abbés commendataires qui laissèrent dépérir le monastère.

Aujourd’hui encore, le Mont Saint Michel qui n’est plus une prison d’Etat depuis la fin du XIXe siècle mais qui demeure un Monument National géré directement par l’Etat, est géré par « un administrateur » issu de l’administration des Monuments Nationaux qui dépend du Ministre de la Culture: les employés de l’abbaye (par ex: les guides conférenciers) l’appellent parfois ironiquement le « prieur » voire « l’abbé »…

Mais ce 31 octobre 2014 c’est bien le véritable abbé commendataire ministre d’Etat qui visite la Merveille… en digne successeur du cardinal archevêque de Rouen primat de Normandie et abbé de plusieurs abbayes normandes en son temps, à savoir le cardinal Georges d’Amboise.

Statue du cardinal Georges d’Amboise (1460 – 1510) en orant sur le monumental cénotaphe du même, dans le chevet de la cathédrale de Rouen…

… Un petit air de ressemblance ? Non ?!

 

A moins que Laurent Fabius que l’on nomme aussi, du côté de Rouen, « le grand Absent » ne visite le Mont comme… duc de Normandie putatif…

En tout cas c’était un grand seigneur qui était en déplacement dans cette ancienne abbaye ducale puis royale qui demeure, tout à la fois, le symbole de l’unité normande et de l’unité française…


 

Voir ci-dessous le communiqué de presse officiel du CRBN:

http://www.region-basse-normandie.fr/laurent-fabius-se-rend-la-merveille

Laurent Fabius se rend à la Merveille

31 Octobre 2014

Ce vendredi 31 octobre, à l’invitation de Laurent Beauvais, Président de la Région Basse-Normandie, Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international et Matthias Fekl, secrétaire d’Etat chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l’étranger se sont rendus au Mont-Saint-Michel, pour visiter le chantier de rétablissement du caractère maritime de la 1ère destination touristique de Normandie et l’une des premières de France.

 

C’est l’un des plus importants projets d’aménagement d’Europe. Le projet visant à rétablir le caractère maritime du Mont-Saint-Michel participe d’une vaste ambition : restaurer profondément le paysage de l’un des hauts lieux de l’Humanité et renouveler l’approche du site, dans l’esprit des traversées, pour préserver durablement son intégrité. Initiée en 1995 pour les études et débutée en 2006 avec les travaux du barrage sur le Couesnon, elle a vu la réalisation d’un pont passerelle en 2014 et s’achèvera en 2015 par l’effacement de la digue route datant du XIXe siècle. Ce projet de 185 millions d’euros d’investissements publics financés par l’Etat, l’Europe et les collectivités normandes et bretonnes, respectera ainsi le calendrier et le budget prévus pour ces travaux exceptionnels.

Pour Laurent Beauvais également Président du Syndicat Mixte de la Baie du Mont-Saint-Michel, «L’aboutissement de ce grand projet qui va remettre la merveille dans son écrin, par son apport considérable au plan paysager et par l’amélioration des conditions d’accueil et de circulation des visiteurs, doit favoriser l’élaboration d’une nouvelle stratégie touristique pour le Mont Saint-Michel et sa Baie. »

 

Dans ce cadre, alors qu’il présentait le nouveau centre d’information touristique du Mont, Laurent Beauvais s’est entretenu avec Laurent Fabius et Matthias Fekl au sujet de la candidature de la Basse-Normandie et de la Bretagne au Contrat de destination « Le Mont-Saint-Michel et sa baie » qui vise à développer un projet touristique, porteur d’une véritable ambition internationale pour le Mont-Saint-Michel sur les 10 années à venir.

 

Laurent Beauvais a ensuite accompagné la visite ministérielle qui se poursuivait dans la Manche avec la remise par Laurent Fabius du label d’Etat « Entreprise du Patrimoine Vivant » et l’inauguration du circuit de visite des ateliers des Tricots Saint James. Très présents à l’international, les Tricots Saint-James ont bénéficié fin 2012 d’une aide à l’exportation de 50 000 euros de la part de la Région Basse-Normandie. Partenaire des Jeux Equestres Mondiaux 2014 en Normandie, cette entreprise normande de premier plan a ainsi accompagné l’opération « 2014, La Normandie accueille le Monde » qui s’achèvera avec la fin du chantier et le dévoilement du Mont dans son nouvel écrin.


 

Commentaire de Florestan:

Laurent Beauvais, qui tient la Normandie occidentale et qui a toujours défendu le principe d’unité normande, aura-t-il pu parler avec Monseigneur de la possibilité de réaliser le « socialisme normand »? (voir ici même le billet précédent…)

 

 

 

Débat sur la « capitale régionale »: la Normandie nous oblige à l’intelligence

… A la solidarité, au partage, à la mise en commun de nos potentiels, de nos dynamismes, à mettre en réseau nos différences complémentaires, nos excellences, nos réussites, nos atouts. La Normandie ne pourrait supporter la confirmation sans imagination de l’égoïsme territorial pratiqué par certains grands élus locaux qui se disent « de gauche ».

Si l’idéologie « socialiste » pouvait avoir le début du commencement d’une réalisation concrète quelque part sur Terre, ce serait en Normandie. Car il nous faut « socialiser » au sens strict du terme, un intérêt général commun normand entre trois grandes villes et un grand réseau de villes moyennes et petites pour dynamiser chaque recoin du territoire normand.

Avis aux élus Fabiusiens de Haute-Normandie:

La géographie urbaine d’une Normandie unifiée vous oblige à réaliser concrètement le « socialisme » qui hante encore vos belles paroles.

L’égoïsme territorial rouenno-rouennais que vous pratiquez est réactionnaire tant il s’oppose au progrès d’un intérêt général normand qui pourrait faire de la Normandie, véritable région géo-historique identitaire à taille humaine, le laboratoire territorial des solidarités authentiquement républicaines qui font cruellement défaut à la France.

Elus « socialistes » Fabiusiens de Haute-Normandie ! SOYEZ ENFIN DE GAUCHE… OSEZ ENFIN LE SOCIALISME NORMAND !!!

En attendant qu’ils se réveillent, le débat capital sur la « capitale régionale » reprend de plus bel…


 

http://www.76actu.fr/video-reunification-de-la-normandie-rouen-caen-la-guerre-des-capitales_97477/comment-page-1/#comment-51601

Rouen [Vidéo] Réunification de la Normandie.

Rouen-Caen : la guerre des capitales

En 2016, la Normandie sera réunifiée. La question du choix de la capitale régionale ravive les animosités entre Rouennais et Caennais. Palais ducal ou tour Jeanne d’Arc ? Débat.

Dernière mise à jour : 30/10/2014 à 12:01

Rouen sera-t-elle la future capitale de Normandie ?©Edwige Malpaut.

Rouen sera-t-elle la future capitale de Normandie ? Caen, sa rivale, veut aussi s’imposer. ©Edwige Malpaut.

Si Caen et Rouen sont des voisines normandes, chacune des villes entend jouer un rôle fort dans la Normandie réunifiée, dont les contours se dessinent peu à peu. La capitale du Calvados et son palais ducal séduisent : historiquement, la ville rayonne sur le territoire normand. Quant à la ville aux 100 clochers, c’est la dimension économique qui semble son meilleur atout. Sans oublier l’implantation géographique de Rouen, le long de la Seine, qui assure à la ville une place stratégique dans le développement de l’axe Seine, aux côtés du Havre.

Caen, grande perdante de la réunification ?

Pour Nicolas Rouly, président du Département de Seine-Maritime, Rouen doit être capitale :

« Rouen doit être la locomotive qui participe de l’entraînement de tous les territoires. Il ne faut pas sur exagérer l’importance du débat sur la capitale. Il en faut une et il s’agit de fixer le siège de la Région au sens politique du terme », précise le président, interrogé par Public Sénat.

À Caen, les élus sont inquiets et craignent de voir leur ville délaissée dans ce nouveau découpage territorial :

Caen est en danger. La question du choix de la capitale n’est pas un sujet léger. Notre grosse crainte est de passer au-delà des effets bénéfiques de la réunification, souligne, quant à lui, Jean-Léonce Dupont, sénateur UDI du Calvados.

Les élus de Basse-Normandie font de la pédagogie pour expliquer ces nouveaux enjeux : douze réunions publiques seront organisées du 7 novembre au 17 décembre 2014, en Basse-Normandie. Elles seront consacrées à l’avenir de la Région, à la réforme territoriale et à la fusion de la Normandie. Les habitants des deux villes ont aussi leur avis sur la question et, entre Rouennais et Caennais, le débat est vif, chacun souhaitant voir sa ville devenir capitale de région. Caen la rurale et son agglomération de 200 000 habitants contre Rouen, métropole économique dont l’agglomération avoisine les 500 000 habitants… Les paris sont lancés. Un site internet mutualisé à l’échelle normande sera mis en ligne prochainement pour permettre à tout un chacun de contribuer au débat.

Rouen, 76
Caen, 14

Commentaire de Florestan:
 
Le petit reportage video de Public Sénat qui illustre l’article de 76ACTU est symptômatique de la cassure de l’espace vécu normand en deux: « les Caennais ne viennent pas à Rouen et les Rouennais ne viennent pas à Caen ».
D’où l’intérêt de mettre en oeuvre ce fameux socialisme normand qui n’a rien à faire ni avoir avec ce que peut dire le président « socialiste » du conseil général de la Seine Maritime par exemple…
 
Pour mémoire, rappel de la solution proposée par le collectif citoyen et républicain « Bienvenue en Normandie »:
 
ROUEN métropole régionale préfecture interrégionale du Nord Ouest pour l’axe Seine, chef-lieu de région pour les services déconcentrés de l’Etat en région.
 
CAEN technopole universitaire régionale capitale régionale en tant que siège du conseil régional
 
LE HAVRE port international et siège de la chambre régionale de commerce et d’industrie
 
 
 

NORMANDIE TV: tous les jeudis soirs, un documentaire sur la Normandie !

L’Etoile de Normandie salue l’initiative de Normandie TV au service de l’intérêt général normand: désormais, tous les jeudis soirs, il y aura la diffusion d’un documentaire sur les réalités vécues par les Normands en Normandie, à commencer par les traditions normandes qui continuent de se perpétuer et qui démontrent que la Normandie a une identité culturelle régionale propre et bien à elle… 

 

 

Ce jeudi soir, reportage consacré à la tradition bien vivace des foires, marchés et autres « vendues » qui se tiennent régulièrement un peu partout en Normandie. Pas un week-end en Normandie, sans un « vide grenier », une foire, un marché, une « vendue », une foire « aux namps ». On rappelera, par exemple, que Caen est la ville qui accueille le plus grand marché forain hebdomadaire de France par le nombre de places… Cette tradition encore très active de foires, marchés et autres vendues nous vient, bien évidemment, de certaines dispositions juridiques qui pouvaient les encourager dans l’ancien droit normand. Droit normand qui demeura encore en vigueur dans les campagnes normandes pour les affaires privées et familiales jusque dans la première moitié du XIXe siècle…


 

http://www.normandie-tv.fr/20h45-La-Vendue_a2348.html

20h45 La Vendue

Jeudi 30 Octobre 2014

 

La vendue normande

La vendue normande
Depuis des siècles, il existe une forme de commerce commune à toutes les civilisations : la vente aux enchères. Elle répond à une attente particulière, pour ses habitués, c’est une véritable distraction. Collectionneurs, paysans, brocanteurs, ferrailleurs et artisans se retrouvent à « la vendue » normande pour des moments de convoitise et de convivialité, attisés par l’humour du meneur de jeu. Le public a bien souvent l’impression d’assister à un spectacle dans lequel chacun aurait son rôle.


Pour tout savoir sur Normandie TV:
Ci- dessous, la carte normande de diffusion de Normandie TV: l’unité normande n’est pas encore faite mais elle va pouvoir s’appuyer sur le réseau urbain…

LE HAVRE: NAUFRAGE COMMERCIAL dans le centre ville…

On a bien du mal à comprendre ce qui, sournoisement, est en train de se produire, à l’instar d’une voie d’eau à fond de cale, sous la ligne de flottaison…

En dépit de l’image positive et contemporaine d’une ville « porte océane », « New York normand », labelisée par l’UNESCO pour l’architecture belle et audacieuse de sa reconstruction d’après guerre, malgré un séduisant et nouveau statut d’égérie cinématographique, malgré l’arrivée en ville d’un superbe tramway et la confirmation de la place de son port maritime parmi les grands ports internationaux, la ville du Havre dont on fêtera les 500 ans de la fondation en 2017, a mal à son commerce de centre ville: les boutiques ferment les unes après les autres…

Explications…


 

http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/1749869/newsletter/commerces-en-peril#.VFFkPldbfXQ

Au Havre, de plus en plus de commerces du centre-ville ferment leurs portes

Publié le Il y a 15 Heures

Économie. De plus en plus de magasins ferment en centre-ville. Les surfaces laissées vacantes ne trouvent pas de repreneurs. Dépités, les commerçants qui essaient de tenir le coup tirent la sonnette d’alarme

Au Havre, de plus en plus de commerces du centre-ville ferment leurs portes
Enseigne historique, Interior’s va disparaître du paysage laissant plus de 1 000 m² de superficie vacants
D’après David Dufau, les difficultés du commerce en centre-ville incombent en partie à la question du stationnement.
« La municipalité a pris le parti de généraliser les places payantes. Les usagers, qui travaillent dans le quartier, faisaient le choix de se garer là où c’était encore gratuit comme autour du bassin du Commerce. Compte tenu que le stationnement est maintenant payant partout, ils n’ont plus d’intérêt à le faire. C’est autant de places devant les boutiques qui ne sont malheureusement plus disponibles pour les clients. » Quand il faut tourner pour trouver une place et quand il faut en plus payer, la tendance naturelle du consommateur est de choisir la simplicité en fréquentant les grandes surfaces où ces contraintes sont levées. La question du stationnement pèse dans la balance au point de devenir un élément de concurrence.

D’abord la rue Coty, ensuite la rue Paul-Doumer, puis la voie piétonne Bernardin-de-Saint-Pierre et maintenant la rue Victor-Hugo. Comme une gangrène, la fermeture des commerces se propage en centre-ville du Havre. Des petites boutiques mais aussi de
grandes enseignes voire des magasins historiquement implantés au Havre baissent leur rideau. « Plus ça ferme autour de moi, plus je suis désespéré. Je n’ai jamais vu ça en 20 ans», se désole, face à cette hémorragie, David Dufau, gérant du Cash Occas de la rue Victor-Hugo. Sur le trottoir en face de son magasin, c’est le désert.

Le commerce havrais est sinistré en centre-ville

JouéClub et les cuisines Schmidt viennent de fermer. Interior’s, le créateur et fabricant de meubles havrais, va suivre. Le magasin qui s’étend sur plus de 1 000 m² déstocke à 50 % avant de mettre la clef sous la porte. Il n’y aura plus de magasin au Havre mais l’enseigne va continuer à vivre à travers ses autres boutiques implantées en France.

La rue Victor-Hugo va montrer un triste visage avec ces deux grands espaces restés vacants. D’autant que la tendance n’est pas à une reprise rapide des fonds de commerce. Vérifié pour toutes les échoppes, le constat encore plus marqué pour les grands pas-de-porte à l’image de la place qu’occupait un peu plus loin l’enseigne Ligne Wallace qui depuis maintenant près de deux ans n’a pas accueilli de nouvelle activité.

Indépendamment de la conjoncture économique que tous reconnaissent difficile, David Dufau apporte des débuts d’explication pour comprendre la situation. Dans le collimateur : le nombre des centres commerciaux et les problèmes de stationnement. «Le développement des centres commerciaux nuit à l’attractivité du centre-ville». La question du stationnement revient naturellement sur le tapis. « La gratuité des parkings des grandes surfaces créée de la concurrence mais il n’y a pas que ce problème. La ville a trop étendu le stationnement payant». À ce constat s’ajoute aussi une autre difficulté liée aux charges et notamment du loyer. Pour en avoir discuté avec ses voisins, le commerçant pose aussi la question des loyers exorbitants pratiqués par les propriétaires. Pour un loyer identique, ils peuvent bénéficier d’une superficie bien plus conséquente au sein d’un centre commercial. Ainsi certaines enseignes ont choisi de déménager comme La Halle partie aux Docks Vauban.

Aujourd’hui, face à cette situation extrêmement dégradée du centre-ville, de nombreux commerçants estiment qu’il est grand temps que la municipalité réagisse.

ST. R.

Trop chers loyers

« Nous sommes dans une spirale. Plus les magasins ferment moins les clients fréquentent le centre-ville. » Commerçant depuis 2005 au Havre et gérant des deux magasins JouéClub et Cuisines Schmidt, David Lagrange a été happé par ce cycle infernal. Ne pouvant lutter contre une grosse perte d’activité, il ferme ses deux boutiques. « A la situation économique difficile, il faut ajouter le prix des loyers. Pour mes deux magasins, la location annuelle s’élève à 150 000 €. Insupportable compte tenu de la conjoncture. J’ai essayé pendant huit mois de négocier avec le propriétaire mais il n’a rien voulu entendre. » Comme un couperet qui tombe, ces loyers exorbitants sacrifient le commerce déjà à la peine. Le pire, c’est qu’aucun commerçant ne semble entrevoir le bout du tunnel. « Les rues sont désertées par les clients. Il n’y a pas de cohérence sur le développement de la zone de chalandise. Qu’est-ce qu’on attend pour rendre le centre-ville aux Havrais. Il est urgent de mettre en place une politique commerciale dynamique. »

Sans détour, David Lagrange adresse ce message à la municipalité au point de mettre sur la table la question d’une éventuelle péremption des surfaces vacantes. « On ouvre des magasins partout en périphérie et avec des enseignes qui doublonnent et on laisse mourir le centre-ville. » Celui qui est revenu dans sa ville de cœur après dix ans passés dans la région Centre ne cache pas sa déception. Même s’il veut encore y croire. Après avoir abandonné JouéClub, il a décidé de déménager pour tenter l’aventure rue Paul-Doumer. Sous le nom de Star Jouets (enseigne du groupe Ludendo, deuxième revendeur de jouets en Europe), le magasin ouvrira le 4 novembre. « À mes yeux, il se passe encore quelque chose autour des Halles, rue Paul-Doumer et accessoirement au centre Coty. Rue Paul Doumer, les commerçants s’entendent entre eux. Ils veulent faire bouger les choses ».


Commentaire de Florestan:

Toutes les raisons données ci-dessus sont justes mais elles ne sont que conjoncturelles. Il y a une raison de fond qui n’est pas ici évoquée et qui est aggravée par la concurrence des zones commerciales périphériques: c’est qu’à l’instar des deux autres grandes agglomérations normandes (Caen mais aussi Rouen), le centre ville du Havre n’offre pas tous les éléments de standing, de service urbain, de commerce que l’on peut trouver dans les centres villes de type « métropolitain ». Parce que la population urbaine habitant au Havre et alentours qui pourrait avoir les moyens financiers et culturels d’avoir un mode de vie « métropolitain » n’est pas assez nombreuse. Parce que la majeure partie des 350 000 habitants de l’agglomération du Havre ne gagne pas plus de 1600 euros par mois, parce que les classes populaires paupérisées sont encore trop nombreuses dans l’agglomération.

La politique de « gentrification » du centre ville du Havre dans la perspective future de l’Axe Seine et de l’unité normande n’est pas suffisante…

La solution?

Qu’au niveau de l’agglomération havraise mais aussi de l’Estuaire, les élus aient le courage et l’intelligence de mettre en oeuvre un aménagement cohérent de l’urbanisme commercial. Que la ville ait une politique volontariste pour la préemption des pas de portes commerciaux vacants pour garantir le maintien de la mixité commerciale du centre ville qu’elle souhaite le plus attractif possible car Le Havre, ville qui se découvre de plus en plus touristique, souhaite devenir un grand port d’escale pour les croisiéristes qui ne doivent pas débarquer au Havre uniquement que pour filer au plus vite… à Paris !

 

 

Quelques nouvelles de la Ligne Nouvelle Paris Normandie… et de la démocratie

Des nouvelles de la Ligne Nouvelle Paris Normandie?

Une ligne nouvelle devrait commencer par donner des… nouvelles: fin septembre dernier, le premier COTER (à savoir le comité territorial qui rassemble les acteurs concernés par l’implantation locale des infrastructures du projet global) se réunissait à Rouen puisque la section ROUEN -YVETOT est considérée comme prioritaire.

Cette première réunion rouennaise et normande marque symboliquement l’ouverture de la concertation de l’étape 1 des études préalables à l’enquête publique, une étape qui concerne la période 2014- 2016.

Présidé par le préfet de région de Haute-Normandie Pierre-Henry Maccioni, réputé proche de Laurent Fabius qui est tout sauf un « djihadiste vert » pour reprendre la formule très frappante du non moins frappant Xavier Beulin, président de la FNSEA, le COTER, nous précise la Chronique de Normandie (n°377 en date du 6 octobre dernier) rédigée par Bertrand Tierce (un autre proche des milieux fabiusiens haut-normands), est « une instance d’information pour tous les élus et les corps intermédiaires concernés ».

Question: les citoyens, les riverains, les usagers font-ils partie des fameux « corps intermédiaires » d’une démocratie particulièrement bien encadrée en France au point que notre démocratie a le triste privilège que personne nous enviera de pratiquer la mort préventive et préalable de militants citoyens pour déclencher une vraie enquête d’utilité publique, pour risquer une vraie concertation avec l’ensemble des citoyens concernés non pas pour enterrer le projet mais pour l’améliorer sensiblement?

Sauf qu’en France où la tradition de la prise de décision est autoritaire, discrétionnaire, voire arbitraire (et opaque avec le risque de corruption qui va avec),  la culture démocratique peine à exister.

En 2011, lors du Débat Public présentant le projet de LNPN, notre collectif citoyen et républicain « Bienvenue en Normandie » avait rédigé un cahier d’acteur favorable au projet et parfaitement normand dans son esprit modéré, où nous défendions la vision d’une nouvelle conception de la grande vitesse ferroviaire, « la grande vitesse de proximité », à égal distance des délires technophiles des plus ardents aménageurs et des délires les plus idéologiquement obtus de certains militants écologistes.

A l’occasion de l’une des nombreuses soirées organisées par la commission du débat public pour présenter le projet de LNPN, nous avions fait remarquer que l’aménagement de l’avant-port artificiel du plus grand port européen (et 3ème port mondial), à savoir Maavlaskte II en aval de Rotterdam, avait été entièrement produit par le débat public citoyen local à partir de groupes de travail où le projet des ingénieurs a été amélioré par les propositions des usagers, des salariés, des professionnels du port, par les citoyens riverains et par les associations de défense de l’environnement: la concertation a duré plusieurs années et elle fut sérieuse et respectée car aucun acteur n’avait l’outrecuidance de penser plus haut ou plus fort que les autres.

L’extension du port de Rotterdam conquise sur la mer: entièrement conçue à partir d’un grand débat public. A droite de l’image: des éoliennes et une réserve ornithologique intégrée au projet portuaire.

Voilà une heureuse et belle méthode à la sauce batave que devrait méditer d’urgence la France « hollandaise » autoritaire corsetée de privilèges, quadrillée à tous les niveaux par les « arrangements entre amis », les « renvois d’ascenseur » (en langage judiciaire: « prise illégale d’intérêt » ou « collusion ») avec, au final, le mépris, voire la crainte mortifère (on l’a vu ce week-end dans le Tarn) de ceux qui savent tout et qui décident de tout pour tous les autres qui ne sauraient rien car ils ne décident de rien.

Concernant cette affaire de retenue d’eau collinaire dans le Quercy qui serait « surdimensionnée », qui ne serait pas utile aux dires d’un rapport d’expertise trop tardif (on se demande bien pourquoi), voire, qui aurait bénéficié de subventions européennes indues, Il a fallu attendre qu’il y ait un mort pour que la ministre en charge de l’Ecologie organise enfin le début d’une vraie concertation entre tous les acteurs concernés. Pitoyable !

La démocratie française, contrairement à un certain standard européen (on pensera au débat public pratiqué aux Pays Bas, aux votations suisses, au fédéralisme paritaire allemand ou aux conférences de « dissensus » des pays scandinaves) en est encore au stade infantile où les élus et décideurs publics confondent légalité et légitimité car pour eux, la démocratie en France c’est un dimanche électoral tous les 5 ou 6 ANS…

Revenons au premier COTER de la LNPN:

1° A la réunion, le préfet a tout décidé et validé.

2° La future gare de Rouen rive gauche Saint Sever sera localisée sur le site ferroviaire du SERNAM en bord de Seine.

3° La démocratie ne prend pas le TGV.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Gare_de_Rouen-Saint-Sever#mediaviewer/File:Rouen_GarePrefecture_01.jpg

 

 

 

Nord-Cotentin: Les maraîchers NORMANDS ont bloqué des supermarchés BRETONS

Certains d’entre eux auraient-ils lu l’Etoile de Normandie? Ou plutôt ont-ils voulu aller avec juste raison jusqu’au bout de leur colère en mettant enfin en cause ceux qui profitent le plus d’une certaine misère agricole?

Vous savez, l’agriculture, « la force de la France à l’international » mais aussi l’agriculture, le seul métier qui, en France, ne permet pas de vivre décemment de son travail alors que celui qui le pratique, travaille souvent au delà du raisonnable (qui veut de nos jours travailler jusqu’à 60 heures par semaine pour sortir de sa terre un revenu inférieur au SMIC?)

On voit, ces temps ci, monter une contestation profonde du modèle agro-productiviste ou agro-industriel dominant servi par la collusion entre grands groupes agro-alimentaires ou semenciers, grands groupes de distribution commerciale, une banque dite « verte » et un syndicat du pousse au crime agricole… Sur fond de campagne de prévention des suicides par la MSA qui doit prendre aussi en charge la reconnaissance des maladies professionnelles agricoles générées par la manipulation des pesticides… Sur fond de constestation d’une étable concentrationnaire pour faire pisser du lait à mille vaches et alors qu’un jeune militant écologiste trouvait la mort sur le chantier contesté et contestable d’une future « retenue collinaire »surtout destinée à faire en sorte que les gros propriétaires céréaliers ensileurs de maïs de la plaine, encartés à la FNSEA, ne manquent jamais d’eau…

Revenons donc au Nord Cotentin où les maraîchers, confrontés à l’effondrement des prix et du marché, ont décidé de s’en prendre à ceux qui, par principe, font tout pour détruire la rentabilité du métier d’exploitant agricole: la grande distribution écrase de par ses exigences les petits producteurs qui veulent parier sur la qualité et la proximité. Seuls les gros qui peuvent se permettre de vendre à perte pour casser puis tenir le marché, peuvent ramper sous les fourches caudines de la grande distribution qui veut, officiellement, garantir les prix les plus bas pour les consommateurs, tout en se mettant dans la poche des marges plus que confortables.

Symboliquement, nous ne pouvons qu’approuver que les maraîchers Normands en colère du Nord-Cotentin s’en soient pris à deux enseignes commerciales bien connues d’origine… bretonne: histoire de souligner qu’il y a d’autres modèles agricoles possibles que ce celui qui, désormais à bout de souffle, fait souffrir toute une région… outre Couesnon !


 

http://www.lamanchelibre.fr/cherbourg/actualite-55192-cherbourg-et-valognes-les-agriculteurs-bloquent-leclerc-et-intermarche.html

Cherbourg et Valognes : les agriculteurs bloquent Leclerc et Intermarché

Cherbourg et Valognes : les agriculteurs bloquent Leclerc et Intermarché

Les producteurs de légumes se sont mobilisés et bloquent depuis 8h ce samedi 25 octobre, les enseignes Leclerc et Intermarché de la région.

Ils sont arrivés dès 8h du matin avec leurs tracteurs et ont bloqué les accès aux magasins Leclerc de Tourlaville et Intermarché de Cherbourg, obligeant ainsi la clientèle à se rendre à pied jusqu’aux enseignes concernées. Au total une quarantaine de tracteurs étaient présents sur les deux sites et ont déversé sur la chaussée plusieurs tonnes de poireaux non admissibles au commerce de grande distribution.

« Deux enseignes absentes de la table ronde organisée le 10 octobre dernier par la préfecture de la Manche étaient prévenues. En refusant de venir prendre part au dialogue pour trouver des solutions afin de préserver une filière représentant plus de 3 000 emplois, elles ont affiché leur mépris à l’égard des producteurs de légumes », a indiqué la FDSEA.
Rappelons que depuis plusieurs jours, les professionnels de la filière légumière demandent « une année blanche sur les cotisations sociales, seule mesure à même de soulager rapidement des trésoreries exsangues ».

Le blocage doit se prolonger toute la journée à Cherbourg, mais aussi à Valognes ou encore Lessay.

Réforme territoriale: Manuel VALLS devant le Sénat pour en finir avec l’orthodoxie jacobine…

Au cours des débats de la Constituante de 1790, la passion des députés « jacobins » pour l’égalité et la centralisation avait été jusqu’à proposer un projet de découpage des anciennes provinces françaises (trop biscornues, trop féodales) en 83 carrés départementaux de 80 lieues de côté pour s’assurer d’une parfaite égalité entre tous les territoires au nom de la nouvelle nation française désormais définie comme une, indivisible et universelle:

Les particularismes, les identités géo-historiques et culturelles pourtant constitutives de la France devaient disparaître pour toujours au profit d’une collectivité nationale d’individus indifférenciés, confondus et qui se retrouveront brassés ensemble dans le sang des grandes boucheries héroïques d’un petit général corse prototype historique des grands dictateurs totalitaires à venir…

Le projet de découpage proposé par le député rouennais Thouret ou le délire territorial jacobin absolu !

Deux siècles plus tard, les identités géo-historiques anciennes qui fondent la vraie mosaïque française préservée dans le « département’ (plus sagement girondin que furieusement jacobin) finalement choisi en 1790, sont toujours là, en dépit de l’action forcené de l’administration d’un état centralisée depuis Paris de tout gérer de la même façon partout et pour tous.

La réforme territoriale qui revient en seconde lecture devant le Sénat ce 28 octobre 2014 est donc historique car, pour la première fois depuis plus de deux siècles pour les territoires métropolitains français, l’Etat reconnait enfin le principe de différenciation dans l’administration territoriale car les réalités alsaciennes, savoyardes, corses, bretonnes, parisiennes ne sont pas rigoureusement identiques tout comme celles qui font qu’un territoire rural faiblement peuplé ne vit pas les mêmes réalités qu’un territoire urbain métropolisé avec plus de 2000 habitants au kilomètre carré… 

La réforme en cours est doublement difficile tant par le fait qu’il faut penser maintenant la fin de la France jacobine pour faire enfin advenir une France plus girondine que par le fait que ce saut conceptuel dans l’innovation territoriale n’a pas du tout été anticipé, ni préparé car la réforme territoriale est d’abord partie des urgences comptables bruxelloises de faire des économies et de réduire le déficit public:

A aucun moment, il a été question de réfléchir à l’idée de région, de décentralisation, de fédéralisme territorial pour construire à partir d’un grand débat public citoyen national fondé sur une expertise géographique, cette réforme majeure.

Le fait qu’on ait voulu définir le contenu (la carte des nouvelles régions) avant le contenant ( les compétences, les finances),le fait que la culture générale géo-historique la plus élémentaire soit ignorée, le fait que l’on ait recours à des principes totalement faux (la soi-disante « taille critique européenne ») pour justifier un mode d’emploi arbitraire (fusionner des régions entre elles pour ne pas ouvrir « la boîte à Pandore » des départements, ne marche que pour la Normandie), le fait que le dessin de la nouvelle carte soit le jouet des ambitions obscures de grands barons politiciens au lieu d’être confiée, comme en 1790, à une commission de sages et d’experts géographes, historiens ou économistes, donne la détestable impression d’une réforme de Gribouille décidée au jour le jour, au petit bonheur la chance  et de laquelle n’émergerait que la confirmation évidente de l’unité normande. 

D’où le risque que la Normandie soit la seule véritable région géo-historique à taille humaine au milieu d’une carte régionale informe qui signerait finalement, la mort de l’idée de région, solidaire, identitaire et à taille humaine, après trente années de réelle décentralisation au profit d’une recentralisation pilotée par le futur réseau des grandes métropoles déjà branchées sur la mondialisation, au risque de laisser tomber une « France périphérique » (C.Guilluy) livrée à ses difficultés économiques et sociales voire à sa crise identitaire avec les conséquences politiques que l’on peut imaginer…

Ci-après, l’analyse proposée par Michel URVOY dans Ouest-France: « la réforme territoriale pour les NULS » dit-il, sachant que les « Nuls » ne sont pas ceux que l’on croît… En tout cas, ils ne sont pas ici sur l’Etoile de Normandie mais dans les cabinets des ministères concernés… Hélas !


 

Réforme pour les nuls

DEBAT PUBLIC sur l’unité normande: le petit appeau de Fabius nous chante ce qu’il peut…

Il y a quelques mois, à la fin de l’hiver dernier, ce petit passereau nous sifflotait une « tierce picarde » et cet oiseau migrateur là semblait préférer le Marquenterre à la baie du Mont Saint Michel. Mais l’oiseleur en chef qui préside à l’Elysée a réussi à faire taire un grand baron félon qui, de la Normandie unie, ne voulait point: c’est pourquoi l’oisillon nous chante aujourd’hui une nouvelle chanson. Mais qui serait assez benêt des oreilles pour se faire prendre ? Cet oiseau n’est qu’un appeau !


 

http://www.tendanceouest.com/caen/actualite-82327-fusion-des-normandie-un-president-face-aux-habitants.html

 

Fusion des Normandie : un président face aux habitants

Nicolas Mayer-Rossignol explique la fusion aux habitants.

Fusion des Normandie : un président face aux habitants

07h59 – 21 octobre 2014 – par L.D.

La fusion des Normandie, tous les élus en parlent. Mais qu’en est-il des habitants ? Nicolas Mayer-Rossignol, président de la région Haute-Normandie, est allé à leur rencontre vendredi dernier à la mairie d’Elbeuf. Entre inquiétudes, optimisme et interrogations.

Devant une salle pleine majoritairement remplie d’élus, Nicolas Mayer-Rossignol a commencé par évoquer ce qu’est la Région, ses compétences, ses moyens. Mais l’échange avec la salle a vite dérivé vers la réforme territoriale sur toutes les lèvres. Le président a posé les bases : « La Haute-Normandie, ce sont 1,8 millions d’habitants et deux départements ; la Basse-Normandie, ce sont 1,4 millions d’habitants, trois départements et un territoire plus vaste. »

Une coopération déjà poussée

L’élu socialiste a d’abord été rassurant sur le changement à venir : « Avec la Basse-Normandie, nous n’avons pas attendu la réforme pour travailler ensemble. Pour nous, ce n’est pas une révolution, mais une évolution forte. Il n’y a pas une région qui ait fait plus que nous le choix de la coopération. Par exemple, quand nous parlons de tourisme au Japon, on ne parle pas de Haute ou de Basse-Normandie, simplement de Normandie. »

« Ne pas survendre la réforme »

Pour clore son introduction, Nicolas Mayer-Rossignol a mis en garde : « Est-ce que la réforme va générer des économies ? Je crois qu’il ne faut pas survendre cette réforme. nous pourrons générer des économies dans les politiques que l’on sera capables d’harmonser ou en mutualisant les achats et en créant ainsi des effets d’échelle. Mais les régions françaises ont la particularité de ne représenter que 2% de la dépense publique nationale. »

Des dettes mises en commun

La première question d’un élu de Caudebec a marqué une inquiétude : « Sur l’endettement, la Basse-Normandie est-elle aussi bien gérée que nous ? » Réponse du président : « Sa capacité de désendettement est supérieure à la moyenne nationale. Mais l’endettement par habitant est inférieur en Haute-Normandie et lorsque l’on mettra les dettes en commun, la dette par habitant haut-normand va nécessairement augmenter et inversement en Basse-Normandie. »

Face aux nombreuses autres questions, Nicolas Mayer-Rossignol a également plaidé pour le renforcement des compétences développement économique – formation professionnelle – transports en commun, ainsi qu’au transfert de la compétence collèges, jusqu’ici acquise au Département : « Mais il faudra que le transfert de compétences s’accompagne des moyens pour correspondants! »

La réunion, marquée par de nombreux applaudissements, a surtout prouvé que la fusion était déjà assimilée par les habitants.


 

Commentaire de Florestan:

La coopération régionale inter-normande? « ce n’est pas une révolution mais une évolution forte ». Quelle belle mélopée boisée que voilà! pour ne pas dire que s’il n’y a qu’une « évolution forte » c’est surtout qu’elle fut fortement ralentie pendant quinze ans par Alain LE VERN qui a mis la « Normandie à l’épreuve » tout en nous faisant croire qu’il réalisait la « Normandie par la preuve ».

Répétons-le: Nicolas MAYER-ROSSIGNOL n’a aucune légitmité pour parler d’un intérêt général NORMAND

CAPITALE REGIONALE: L’égoïsme territorial des élus « socialistes » rouennais !

L’autisme des élus socialistes rouennais est profond: ils confondent Normandie et Fabiusie et en dépit du fait étrange qu’ils se disent encore « socialistes », ils pratiquent sans vergogne, sans lucidité aucune, un véritable « égoïsme territorial » alors qu’il faudrait démontrer maintenant qu’un « socialisme territorial normand » est possible face aux enjeux économiques, sociaux, culturels et bientôt …politiques d’une hyper-métropolisation des territoires français:

Le risque d’une France à double vitesse est grand: celle d’une France urbanisée, métropolisée, totalement intégrée à la dynamique de la mondialisation et celle d’une France moins urbanisée, plus rurale, en retrait, en difficulté économique et sociale, qui refuse de plus en plus, le modèle économique et social d’esprit néo-libéral généré par les grandes métropoles branchées sur la mondialisation.

La Normandie et sa géographie urbaine qui a la précieuse particularité d’être très équilibrée avec trois grandes agglomérations urbaines dont une « métropole » (du moins sur le papier) et un puissant maillage de petites et moyennes villes sur tous les territoires normands (en gros: une ville de 10 000 habitants tous les 20 km) pourrait être l’antidote régional à cette fracture territoriale annoncée entre la France des grandes villes et la France des champs.

Mais tout à leur autisme rouenno-rouennais et alors que le Front National s’apprête à conquérir la « Fabiusie » voire la Normandie qui refusent les effets néfastes de la métropolisation et de la mondialisation lors des prochaines échéances électorales, les édiles socialistes de la capitale de la Fabiusie, s’agitent devant les mots de « capitale régionale » ou de « métropole » comme des mouches dans le noir devant une lampe torche… Pitoyable !

LES ELUS SOCIALISTES DE LA FUTURE METROPOLE REGIONALE ROUENNAISE N’ONT AUCUNE VISION ET NE PROPOSENT RIEN ! ILS N’ONT AUCUN PROJET REGIONAL NORMAND !


http://www.tendanceouest.com/caen/actualite-82090-la-grande-interview-du-maire-politique-et-fusion-des-normandie-.html

 

La grande interview du maire : Politique et fusion des Normandie (5/5)

La grande interview du maire : Politique et fusion des Normandie (5/5)

07h00 – 20 octobre 2014 – par L.D.

Dernier volet du grand entretien accordé par le maire de Rouen Yvon Robert aujourd’hui avec la question qui est sur toutes les lèvres depuis quelques mois : la réunification des Normandie. Rouen capitale avec un développement égal des autres grandes villes, tel est l’avis du maire.

Il y a des tensions entre élus écologistes et Frédéric Sanchez à la Métropole, des tensions également au niveau national. Qu’en est-il au conseil municipal ?

Nous travaillons bien. Il y a forcément des différences parce que sinon il n’y aurait qu’un seul parti. Jusqu’à présent, nous n’avons pas eu de problèmes sur aucune délibération au conseil. Je consacre personnellement beaucoup de temps à discuter avec eux.

Il y a aussi beaucoup de concertation à la Métropole. Le temps passé par Frédéric Sanchez avec les 70 autres maires est considérable. Nous n’imaginons pas ce que représente la construction de la Métropole et le temps que cela prend.

Un mot sur la fusion des Normandie. Vous êtes l’un des derniers élus à ne pas vous être encore exprimé, notamment sur le choix de la capitale. Vous êtes attendu…

Une capitale, ça se constate. La capitale de la Normandie, c’est Rouen. Il n’a pas de débat sur ce sujet. Rouen, c’est 500 000 habitants, Caen c’est 250 000 habitants. A Rouen, c’est une évidence, et s’il y a un tel débat, il est à Caen parce que précisément, l’évidence, elle est à Rouen. La ville dynamique de la Normandie c’est Rouen, la seule qui gagne des habitants, c’est Rouen, le Havre et Caen en perdent. La réalité démographique est là.

Par contre, il y a un intérêt collectif à créer des liens, des synergies, des éléments de développement entre les différentes villes importantes d’une région. Il faut faire vivre un réseau Caen-Rouen-Le Havre, c’est un sujet qu’il faut relancer. L’intérêt de tous c’est que tous se développent ensemble, il faut absolument donner à ces trois grandes villes mais aussi à Evreux, Cherbourg, Dieppe l’occasion de se développer. Je suis le premier demandeur pour que Caen et Le Havre se développent tout autant que Rouen.

Tout n’a pas à être dans la capitale.  Par exemple, tous les services administratifs n’ont pas à être au même endroit. Une région a besoin d’un lieu de pilotage mais elle a besoin de services de proximité : il faut toujours penser aux deux et ne jamais opposer l’un et l’autre.

Des rencontres sont-elles prévues entre élus hauts et bas-normands ? Les élections régionales en novembre 2015 ne compliquent-elles pas la donne ?

Je pense que nous aurions un intérêt collectif à ce que toutes les campagnes électorales locales aient lieu toutes en même temps : municipales, cantonales, régionales. Tout le monde aurait cinq ou six ans devant soi pour travailler. Les périodes électorales créent des moments de tension qui compliquent les coopérations, c’est un fait. J’espère que toutes ces élections seront regroupées en mars 2020. Mais je ne suis pas dans la tête du président de la République.

 


 

Commentaires de Florestan:

Il est intéressant de relever qu’à la question enfin pertinente de savoir s’il y a des réunions de travail prévues entre élus Haut et Bas Normands, le maire de Rouen, Yvon Robert ne répond pas. Et pour cause ! il n’y en a aucune de prévue pour l’instant ! Chacun va débattre de son côté de l’unité normande…

Sur la question de la « capitale » régionale normande, les réalités géographiques, économiques, sociales de la Normandie imposent la solution de la mise en réseau face à la logique du pouvoir politicien qui génère un localisme de circonscription qui frise la débilité mentale profonde…

Les deux grands enjeux géographiques pour la Normandie sont:

– REUSSIR L’AXE SEINE

– REUSSIR L’UNITE NORMANDE

1) Confirmer la participation de la Normandie à la mondialisation et à la métropolisation française en faisant en sorte que l’AXE SEINE porte maritime d’un Grand Paris de 11 millions d’habitants puisse enfin exister autrement que comme un axe commercial et logistique secondaire dont le terminus définitif ne serait que la région parisienne, confirmant ainsi le déclin normand en tant qu’angle mort et banlieue lointaine au Nord-Ouest de Paris. 

Pour la réussite et la prise de contrôle d’un AXE SEINE qui doit être organisé et piloté depuis la Normandie (et non depuis Paris) ROUEN et LE HAVRE doivent coopérer pour jouer leur rôle: question de survie ! (Les élus rouennais n’en sont, hélas, pas là !)

2) Face aux effets parfois, souvent, néfastes de la compétition économique mondialisée, il faut plus de cohérence, d’efficacité, de solidarité sur les territoires par la mise en oeuvre de politiques publiques mutualisées, contractualisées, innovantes, plus efficaces, plus solidaires pour préserver, renforcer, développer un « ciment normand », une unité régionale normande, une solidarité territoriale entre tous les territoires normands face au risque d’éclatement de la Normandie plus périphérique, plus rurale aux prises avec les attractions métropolitaines voisines et concurrentes de Nantes, Rennes, Lille et surtout celle de la région parisienne.

Mettre en oeuvre les politiques publiques d’un aménagement normand du territoire normand pour garantir l’UNITE NORMANDE, serait le rôle de CAEN qui bénéficie d’une position géographique centrale en Normandie.

Ainsi si les élus voulaient enfin tenir compte de ces deux urgences vitales pour l’avenir même de la Normandie, nous aurions la répartition des rôles suivante:

 

1) ROUEN METROPOLE PREFECTURE INTER-REGIONALE NORD OUEST pour l’AXE SEINE (Etat: administrations spécialisées dans le développement économique)

2) LE HAVRE PORT INTERNATIONAL PILOTAGE AXE SEINE (délocaliser l’administration centrale des affaires maritimes, CRCI et entreprises privées)

3) CAEN TECHNOPOLE UNIVERSITAIRE CONSEIL REGIONAL AMENAGEMENT DU TERRITOIRE NORMAND (Etat: administrations spécialisées dans l’aménagement du territoire)

 

CE PROJET NORMAND vous sera prochainement exposé à l’occasion de notre séminaire « Normandie » de l’Université Populaire de Caen avec la participation des géographes universitaires normands du collectif des Quinze: la première séance aura lieu Mercredi 12 février 2014 à 18h00 à Caen, auditorium du Musée des Beaux Arts, enceinte du château ducal. ENTREE LIBRE. Venez nombreux !

REFORME TERRITORIALE ou REQUIEM REGIONAL?

A la commission des Lois du Sénat qui prépare en ce moment la reprise des débats en seconde lecture le 28 octobre prochain sur la nouvelle carte régionale, on s’est dit que le chiffre 13 pouvait vraiment porter la poisse et que la haute assemblée censée représenter les territoires devait, enfin, prendre toutes ses responsabilités en se mettant au travail sérieusement sur ce projet de loi contrairement à ce qui n’a pas été fait cet été lors de la première lecture…

De ce travail préparatoire en commission, les Sénateurs découvrent enfin certaines évidences que nous avions défendues ici:

1) Les régions doivent être à taille humaine et se fonder sur un minimum de cohérence géo-historique pour susciter l’adhésion des populations.

2) Des régions plus grandes doivent s’appuyer sur le maillage territorial des départements pour assurer la proximité notamment dans les territoires ruraux.

3) Les départements pourront choisir de rejoindre une région plutôt qu’une autre ou pourront fusionner entre eux pour tenir compte de la géo-histoire de certains territoires qui ont une forte identité: on pensera évidemment à l’unité bretonne, à l’unité alsacienne, à l’unité savoyarde dans la future grande région Rhône-Alpes-Auvergne, ou à l’unité basque qui pourrait réclamer un département spécifique…

Pour tenir compte de ces indispensables évolutions, la commission des Lois du Sénat dans sa sagesse propose:

1) Une région Alsace unique

2) La création de la région Val de Loire permettant la création d’une Bretagne réunifiée comme la Normandie

3) Le démariage Languedoc -Midi -Pyrénées tant que les départements aquitains qui sont actuellement dans la région « Midi-Pyrénées » n’auront pas rejoint l’Aquitaine (Gers, Hautes-Pyrénées, Tarn, Tarn et Garonne qui correspondent respectivement à la Gascogne, à la Bigorre et au Quercy).


 

http://www.franceinfo.fr/actu/politique/article/reforme-territoriale-le-senat-modifie-encore-la-carte-de-l-assemblee-588181

Régions : le Sénat en commission modifie la carte de l’Assemblée

par Clara Beaudoux mardi 21 octobre 2014 21:58

Mobilisation à Rixheim en Alsace contre la fusion de l’Alsace avec la Champagne-Ardenne et la Lorraine © Maxppp

La commission spéciale du Sénat sur la réforme territoriale a modifié mardi la nouvelle carte des régions dessinée par l’Assemblée. Elle propose 15 régions au lieu de 13, et une région Alsace.

A quoi ressemblera vraiment cette nouvelle carte des régions ? Réuni mardi en commission spéciale sur la réforme territoriale, le Sénat a modifié la carte dessinée par l’Assemblée nationale, proposant 15 régions au lieu de 13 et créant une région Alsace. La région Alsace est ainsi séparée d’une grande région qui l’englobait initialement avec les régions Champagne-Ardenne et Lorraine.

A voir ►►► La carte adoptée en juillet par l’Assemblée nationale

La commission du Sénat a également rétabli les régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, que la carte de l’Assemblée unifiait. La région Centre est nommée Centre-Val de Loire, selon le Sénat. Mais ce n’est pas tout, le Sénat a également rétabli la possibilité pour deux départements de fusionner. La commission a aussi modifié les conditions de changement de région pour un département.

Deuxième lecture à partir du 28 octobre

Les membres de la commission ont par contre maintenu le nombre de conseillers régionaux et approuvé la date des élections départementales les 22 et 29 mars. L’examen du texte en deuxième lecture commencera en séance plénière au Sénat le 28 octobre, après une déclaration du Premier ministre Manuel Valls sur l’ensemble de la réforme.


 

Mais quant à la réforme territoriale sur le fond, à savoir, l’avenir de l’idée régionale en France, pour une France plus décentralisée, démocratique et… girondine, on ne peut que partager l’inquiétude de l’article ci-dessous: il est, en effet, à craindre que la Normandie réunifiée soit la SEULE VRAIE REGION de FRANCE dans une carte néo-régionale encore plus « techno », encore plus « machin » que la précédente… Tout va dépendre de l’examen de la seconde partie de la réforme qui va avoir lieu au tout début de l’année prochaine: les futurs conseils régionaux feront-ils vraiment le poids face aux grandes métropoles issues de la réforme « MAPAM » de 2013?

Une fois de plus, ce n’est pas la taille géographique qui compte c’est une vraie cohérence géo-historique servie par de vraies moyens budgétaires et des compétences précises… Pas sûr que l’idée régionale intéresse la classe politique française obnubilée par le centralisme parisien et par sa reproduction stérile dans de futures grosses métropoles « régionales » se préparant à écraser leurs provinces…

Une fois de plus, le cas régional normand fait école car si l’on réussit la « mise en réseau » de la Normandie, qui est la méthode qu’impose la géographie urbaine normande, il serait possible de démontrer qu’une région à taille humaine reposant une cohérence géo-historique forte, pourrait réparer la fracture qui sépare de plus en plus les territoires urbains métropolisés de tous les autres territoires…


 

http://www.slate.fr/story/93005/requiem-regions-francaises

Requiem pour les régions françaises

11.10.2014 – 14 h 04

mis à jour le 11.10.2014 à 14 h 04

Une carte des anciennes provinces de France, via Wikimédia Commons.

Une carte des anciennes provinces de France, via Wikimédia Commons.

Plus grandes et disposant de compétences élargies, les treize nouvelles régions devaient être enfin capables de lutter face à leurs homologues allemandes ou italiennes. Mais derrière les grands discours, la réforme s’annonce comme une victoire par K.O. des métropoles.

La France n’a jamais aimé ses provinces. À l’inverse d’autres grandes nations, l’État français s’est même construit contre les régions. Dès le Moyen Âge, la royauté a misé sur les villes pour affaiblir les baronnies locales, avant que la Révolution ne confirme définitivement la construction centralisatrice de la France. C’est si vrai que la prise de la Bastille a fini par faire oublier que le 14 juillet célébrait à l’origine la Fête de la Fédération avec le rassemblement des gardes nationales de toutes les provinces. Une volonté de rompre avec le passé qui s’est traduite dès 1790 par la suppression des provinces françaises au profit de 83 départements.

Deux siècles plus tard, l’heure de la revanche aurait-elle sonné? Une chose est sûre: les régions semblent prendre l’ascendant alors que le temps des départements parait compté.

Ce retour des régions remonte à 1969 quand elles ont été placées au cœur du référendum voulu par De Gaulle –retour manqué, comme chacun sait. Qu’à cela ne tienne: dans les années 80, 22 régions métropolitaines renaissent avec les lois de décentralisation. Bientôt regroupées en 13 régions –peut-être plus si l’Alsace obtient de rester seule–, elles sont promises à un bel avenir. Elles auront, selon le secrétaire d’État André Vallini, «les compétences nécessaires pour devenir de vrais moteurs de développement», afin d’atteindre l’objectif fixé par François Hollande: créer des régions «de taille européenne, capables de bâtir des stratégies territoriales». André Vallini l’a rappelé pour conclure: «Les Français veulent cette réforme, tous les sondages le disent.» 60% des Français, c’est vrai, sont favorables au regroupement des régions, selon l’Ifop. Mais les nouvelles régions auront-elles les moyens de leurs ambitions ? C’est loin est d’être aussi évident.

1.Plus grandes mais pas plus fortes

Le chef de l’État veut voir naître des régions «de taille européenne». Sur ce plan, il ne sera pas déçu. Les nouvelles entités seront grandes, très grandes même. Au sein du top 20 des régions européennes les plus riches, quatre régions françaises compteront parmi les six plus vastes: Aquitaine/Poitou-Charentes/Limousin sera ainsi deuxième avec 84.000 km² de superficie, juste derrière l’Andalousie. Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon sera troisième, Rhône-Alpes/Auvergne fera jeu égal avec la Bavière (quatrième ex aequo), devant Alsace/Lorraine/Champagne-Ardenne, sixième.

Mais cet effet de taille ne créé pas de miracle: les mégarégions françaises sont dans les dernières positions en termes de PIB global. En dehors de l’Île-de-France, portée par Paris (deuxième), et de Rhône-Alpes/Auvergne, située en milieu de tableau (onzième), les autres régions seront à la peine: Aquitaine/Poitou-Charentes/Limousin est seizième, Nord-Pas-de-Calais/Picardie dix-septième, Alsace/Lorraine/Champagne-Ardenne dix-huitième, Provence-Alpes-Côte-d’Azur dix-neuvième et Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon vingtième.

Une donnée dont tous les présidents de région ont conscience. Pour Alain Rousset (PS), président de l’Aquitaine et de l’Association des Régions de France (ARF), «la taille des régions ne change rien au problème, c’est la question des ressources et des compétences données aux régions qui est centrale».[1] Un point de vue que partage le seul président de région UMP, Philippe Richert, qui compare les 28 milliards de budget de l’ensemble des régions françaises au budget de 40 milliards du seul Bade-Wurtemberg.

2.L’usine à gaz de la fusion

Comme dans le secteur privé, la fusion de plusieurs groupes a des avantages: réduction des frais de fonctionnement, meilleure gestion et diminution des risques, progression des parts de marché face à la concurrence… Mais il y a aussi des contraintes à court terme, car il n’est jamais simple d’harmoniser les procédures de deux entreprises ou de fixer de nouvelles grilles de salaires.

Un schéma qui se vérifie également dans les collectivités locales.

Entre les transferts de personnels, le regroupement des services, les changements de locaux, la mise en cohérence des régimes indemnitaires, du temps de travail et des RTT,  sans oublier les inévitables rivalités politiques et géographiques (notamment autour du choix de la capitale régionale), il faudra beaucoup de temps pour parvenir à une coopération efficace au sein des nouvelles régions. Surtout dans le cas des regroupements difficiles, comme Alsace avec Lorraine/Champagne-Ardenne ou Nord-Pas-de-Calais avec Picardie. Compte tenu des difficultés prévisibles, des grèves ne sont pas exclure.

Comme le relève le géographe Gérard-François Dumont, «tout ce temps que les élus et les collaborateurs vont consacrer aux fameuses fusions, c’est du temps en moins pour travailler sur l’attractivité de leur propre région».

3.Des économies d’échelle inexistantes

«À ce jour on n’a pas d’études parce qu’on ne fait pas cette réforme pour faire des économies, en tout cas pas dans un premier temps.» Cette position de Marie-Guite Dufay, présidente de la Franche-Comté, rejoint celles des autres élus régionaux et des Français.

Mais si André Vallini assure que la fusion des régions va générer des économies d’échelle à moyen terme, il n’a avancé aucune estimation précise. Le président de la Région Lorraine, Jean-Pierre Masseret, juge que «deux mandats, soit dix ans, seront bien nécessaires pour que les synergies se traduisent, non seulement en création de richesses mais aussi en économies». Nombre d’experts et d’élus se montrent encore plus pessimistes. L’agence de notation Moody’s a ouvert le débat en juin, estimant que les mesures envisagées «ne font que redistribuer les coûts vers d’autres organes de l’État».

Plusieurs cabinets, comme KPMG, vont encore plus loin: le regroupement des régions devrait même leur coûter de l’argent, au moins dans un premier temps. Il faudra, entre autres chantiers, égaliser par le haut le régime indemnitaire des personnels, qui n’est pas le même entre Franche-Comté et Bourgogne ou entre Alsace et Lorraine, par exemple, mais aussi sans doute financer la création de nouvelles antennes régionales.

Enfin, les régions devront plus que jamais compter leurs dépenses, dans le contexte national d’austérité lié au remboursement de la dette publique. Déjà, les dotations de l’État accordées aux régions sont en forte baisse. Cela fait beaucoup d’impératifs pour ces futures régions, en attendant le nouveau souffle économique promis. Voilà de quoi donner raison aux 54% de Français qui doutent que la réforme permette de réaliser des économies.

4.Des possibilités d’investissement quasi-nulles

«Alors que les Länder allemands ont l’autonomie fiscale et un système de répartition des ressources, la France n’a rien de tout cela. Nos régions sont dépendantes de l’État», rappelle Jean-Paul Bachy, président de Champagne-Ardenne. Conscient de l’inadéquation entre le rôle qu’il souhaite leur voir jouer et leur budget actuel, le gouvernement envisage de céder aux futures régions la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE).

Mais leur capacité d’investissement dans les années à venir, qui est l’essence même de la réforme, semble plus que précaire. Les nouvelles régions sont censées accompagner elles-mêmes les entreprises, via le renforcement des pôles de compétitivité, et s’occuper seules d’infrastructures clés comme l’énergie, les transports ou le tourisme. Un objectif séduisant sur le papier, mais comment l’atteindre avec si peu de ressources?

En Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne souligne «qu’il a fallu mener une bataille homérique pour obtenir de l’État une part du versement transport, qui n’est pourtant qu’une subvention minime». Avant d’ajouter: «Si grâce aux régions, l’astre Etat n’est plus le seul astre qui puisse faire le bonheur des Français, alors il serait logique de tendre vers un partage des grands impôts d’Etat.» Rêve impossible en pratique: le gouvernement ne peut se permettre d’augmenter encore les impôts alors qu’il vient juste de resserrer brutalement la vis.

Dans ces conditions, on ne peut s’attendre qu’à des marges d’investissement réduites à peau de chagrin. «Récemment par exemple, j’ai voulu investir pour renforcer nos voies ferrées, se souvient Martin Malvy en Midi-Pyrénées, mais lorsque la SNCF m’a présenté la facture, c’était impossible de la régler.» Un problème auquel la réforme ne répond pas.

5.Un poids politique proche de zéro

Faute de transferts massifs de compétences, c’est à Paris, Lyon, Lille, Bordeaux, Toulouse que les ressources se concentreront, que les entreprises s’installeront, que les projets de développement économique d’envergure verront le jour. Ce sont les grandes métropoles, et pas les nouvelles régions, qui seront les grandes gagnantes de la réforme territoriale. Personne ne peut croire un instant que les départements de l’Auvergne sortiront plus forts que la métropole du Grand Lyon à l’issue de la fusion Rhône-Alpes/Auvergne. D’ailleurs, la réforme prévoit d’accorder aux métropoles des pouvoirs spécifiques –qui restent encore à préciser. Un exemple déjà connu: en Île-de-France, c’est la métropole de Paris, et non les villes de la région, qui bénéficiera des impôts des entreprises (CVAE).

Promues dans les médias, avec leurs nouvelles compétences liées à l’effacement du département (voirie, lycées, aides aux entreprises…), nos grandes régions deviendront en fait la cinquième roue du carrosse. Avec moins d’argent et plus de contraintes budgétaires. Certes, elles hériteront de certaines compétences du département… mais ne devront-elles pas s’acquitter un jour de leurs dettes?

Pour les futures régions, la position de Manuel Valls n’est pas rassurante. Dans ses récentes déclarations, le Premier ministre a non seulement défendu un Grand Paris le plus puissant possible mais aussi fait l’éloge public du «modèle lyonnais». Un discours cohérent avec celui de la ministre en charge de la Réforme territoriale. Pour Marylise Lebranchu, «les métropoles devront être des moteurs de la croissance, en confortant les facteurs du développement économique: l’innovation technologique mais aussi culturelle, la recherche-développement, l’enseignement supérieur, le rayonnement international…» Pour elle, «ces fonctions ne peuvent être assumées et portées que par des entités urbaines fortes», la ministre s’empressant d’ajouter « en cohérence avec les régions»

6.Grand vainqueur: les agglomérations

La réforme territoriale repose sur le renforcement d’un binôme: la région et les métropoles. Officiellement, l’heure des régions a sonné. Mais concrètement, l’histoire amorcée voici des siècles suit son cours. L’Etat entend s’appuyer sur les villes comme il l’a toujours fait, et continuer de limiter au maximum l’autonomie politique et économique des régions.

Contre toute attente, les départements ne disparaîtront pas tous en 2020. Et dans l’immédiat, les transferts de compétence s’annoncent moins importants que prévus. La faute à une longue tradition centralisatrice que les velléités d’indépendance de l’Ecosse et de la Catalogne ne font que renforcer.

La faute aussi, en partie, au rebasculement du Sénat à droite, puisque les défenseurs du département y sont les plus virulents. Mais l’absence de cohésion entre les présidents de région, pourtant presque tous socialistes, aura lourdement pesé dans la balance, certains refusant d’assumer les transports interurbains, d’autres ne voulant à aucun prix des collèges quand d’autres encore  étaient prêts à accepter l’ensemble des transferts de compétence pour peu que l’Etat leur garantisse les ressources correspondantes. Le premier vice-président de la région Nord-Pas-de-Calais, et futur candidat PS en 2015, Pierre de Saintignon, en convient: «Les présidents de régions auraient du travailler plus ensemble et l’Association des régions de France aurait pu jouer un rôle plus important»… Un constat qui sonne comme un regret à la veille de la reprise du débat parlementaire sur la réforme territoriale. Quant au gouvernement, la défaite prévisible des régionales aura fini par imposer une évidence: pourquoi donner plus de pouvoirs à des collectivités qui auront peut être toutes basculé à droite fin 2015? Autant dire que le lobbying de l’Association des régions de France relevait d’une mission impossible…

Les grandes figures politiques, elles, semblent déjà avoir fait leur choix entre métropoles et futures régions. Le Grand Paris suscite la convoitise de NKM, Alain Juppé vient de reprendre les commandes de la métropole de Bordeaux en avril et Gérard Collomb a même indiqué que s’il était «obligé de choisir entre un très beau ministère et la métropole de Lyon, [sa] réponse serait Lyon». Pour ces politiques qui misent sur la métropole, pas de doute: le requiem des régions a beau avoir de la gueule, il n’en reste pas moins le prélude à un enterrement…

1 — Les propos tenus par Alain Rousset, Philippe Richert, Jean-Pierre Masseret, Jean-Paul Bachy, Jean-Jack Queyranne et Pierre de Saintignon ont été recueillis par l’auteur lors d’entretiens téléphoniques réalisés entre le 10 septembre et le 4 octobre.

Franck Gintrand

Ligne SNCF Bréauté -Fécamp: Le fauteuil LE VERN usé n’entend plus les usagers…

Le fauteuil de direction LE VERN depuis qu’il a été transféré d’un bureau de conseil régional à un placard de la SNCF pour cause d’usure, n’entend plus la colère des usagers…

Le fauteuil de direction LE VERN est fatigué…

En l’occurrence celle des passagers réguliers de la ligne TER Bréauté-Fécamp qui après avoir supporté un train roulant à 40km/h pour cause de mauvaise état de la ligne que l’on devait réparer déjà en 2007, doivent désormais prendre des bus de remplacement pendant deux ans le temps que des travaux puissent enfin être réalisés… Sauf que ça chipote encore à hauteur de 20 millions entre l’Etat et un certain conseil régional où ledit fauteuil trônait autrefois. Cherchez l’erreur !

La colère des usagers de la ligne Bréauté-Fécamp

 

Association, élus et usagers souhaitent des garanties concernant la ligne de trains Bréauté-Fécamp, fermée prochainement pour deux ans de travaux.

  • Par Mathilde Riou
  • Publié le 20/10/2014 | 07:48, mis à jour le 20/10/2014 | 07:48
© France 3 Haute-Normandie
© France 3 Haute-Normandie

A partir du samedi 25 octobre, la ligne de train Bréauté-Fécamp sera en travaux pour deux ans. Les études engagées depuis la mise en application de la limitation temporaire de vitesse ont conclu à des problèmes hydrauliques et géotechniques importants sur cette ligne et donc à la nécessité de la fermer avant les pluies de l’automne.

Les associations, élus et usagers se sont rassemblés pour obtenir des garanties concernant ces futurs travaux . Ils réclament notamment un calendrier détaillé de la rénovation et l’assurance d’une réouverture en 2016.

Des bus de remplacement sont prévus pour assurer le transport. La ligne Bréauté Fécamp ne rouvrira pas avant le second semestre 2016. La SNCF a mis en place un service d’information disponible sur www.ter-sncf.com/haute_normandie ou par téléphone en contactant AléoRégion au 0 825 000 276 (0,15 € / mn). 

VIDEO : le reportage de France 3 Baie de Seine d’Isabelle Ganne et Danilo Commodi

http://france3-regions.francetvinfo.fr/haute-normandie/2014/10/20/la-colere-des-usagers-de-la-ligne-breaute-fecamp-574654.html

Des reliques de Saint OLAF de Norvège déposées à la cathédrale de ROUEN

Le millénaire du baptême chrétien de Saint Olaf, roi de Norvège permet de renforcer les liens culturels entre la Norvège et la Normandie: Mgr Decubes, archevêque de Rouen primat de Normandie l’a bien compris. La crypte de la cathédrale de Rouen accueille désormais une précieuse relique de Saint Olaf…


 

http://france3-regions.francetvinfo.fr/haute-normandie/2014/10/19/le-millenaire-du-bapteme-de-saint-olav-la-cathedrale-de-rouen-574612.html

Le millénaire du baptême de Saint-Olav à la cathédrale de Rouen

 

La ville de Rouen et le diocèse de Rouen ont célébré le millénaire de baptême du roi Olav Haraldsson, Olav II, saint patron de la Norvège, en présence de délégations de l’Eglise catholique et de l’Eglise évangélique luthérienne nationale de Norvège.

  • Par Mathilde Riou
  • Publié le 19/10/2014 | 17:46, mis à jour le 19/10/2014 | 19:13
© Julie Howlett
© Julie Howlett

La crypte de la cathédrale de Rouen conserve désormais une partie des reliques de Saint-Olav, patron de la Norvège. Ce dernier a été baptisé à Rouen en 1014 à l’âge de 19 ans. Il  s’empare  du  pouvoir  en  Norvège  en  1016.  Il  plaide activement  pour  convertir  les  norvégiens  au  christianisme,  parfois  à  marche  forcée  et,  en même temps, s’occupe de consolider son pouvoir et d’unir  toute les  régions du pays, ce qui
sera une source de conflit avec les gouverneurs régionaux et une partie de la population.

Sous son  règne progressa l’idée d’une organisation  fixe pour l’Eglise. Le  roi entreprend d’élaborer  un  corps  de lois  basé  sur la  doctrine chrétienne.  Le  droit  canon  fut plus  tard inclus  dans les anciennes lois provinciales

VIDEO : le reportage de France 3 Haute-Normandie de Julie Howlett et Mathieu Baudoin avec les interviews de :

  • Père Egil Mogstad, curé de la cathédrale de Trondheim
  • Père Christophe Potel, archiprêtre de la cathédrale de Rouen
  • Monseigneur Descubes, archevêque de Rouen

REUNION PUBLIQUE de Beuvron en Auge: Nous allons faire de la Normandie une grande région française…

Dimanche 19 octobre 2014 dans le cadre charmant du haras de Sens de Beuvron en Auge, l’association d’élus et militants réunificateurs normands présidée par le maire UDI de Deauville, Philippe AUGIER donnait une réunion publique à laquelle le collectif citoyen républicain « Bienvenue en Normandie », l’Union pour la Région Normande et le Mouvement Normand étaient conviés et représentés, ainsi que des élus de sensibilité centristes venus « de l’autre côté de l’eau », à commencer par le maire de Saint Adresse. Des militants réunificateurs normands du Parti Radical de Gauche étaient également présents…

Devant un public d’une bonne centaine de personnes avec la présence de nombreux maires et en présence de Jean-Léonce Dupont sénateur UDI et président du conseil général du Calvados, Philippe AUGIER, prenant longuement la parole, a brossé un tableau général assez complet de la question régionale normande en l’état…

Et, en l’état, bien que tous se soient réjouis de la perspective imminente d’une unité normande tant désirée et tant attendue, il n’y a que des urgences, des urgences inquiétantes voire des « urgences extrêmissimes » pour reprendre la formule de Philippe Augier parlant sous ce slogan pendu aux poutres de la grange aménagée en salle de réunion:

« Nous allons faire de la Normandie une grande région française »

D’emblée, nous avions le désir de corriger ce beau slogan par: « Nous risquons de faire de la Normandie, la seule région française » tant la réunification normande arrive « dans une réforme totalement gribouille » dixit Augier…

Auparavant, le maire de Deauville avait chaleureusement remercié les personnes présentes à cette réunion:

« Chacun à sa manière vous faites tous de la politique pour de bonnes raisons, pour vos convictions et vous contribuez par votre action pour la Normandie à recréditer l’action politique ». Et reprenant une réflexion entendue lors du récent « Global Women’s Forum » de Deauville, Philippe Augier d’ajouter: « le petit jeu politicien est condamné », insistant sur les effets redoutables du divorce désormais total entre la sphère politique et la société civile.

Il en veut pour preuve la façon dont l’actuelle réforme territoriale est menée par le Gouvernement: « de l’arbitraire politicien » imposé « par le dernier baron socialiste passé à l’Elysée entre 18 et 22 heures ». Détestable façon de mener les affaires publiques, commune, hélas à tous les grands partis dit de « gouvernement », c’est nous qui ajoutons…

Philippe Augier rappelle alors cette évidence:

« Il y a deux façons de faire de la politique: soit prendre le pouvoir, soit mettre en oeuvre un projet »

Mais, en terme de « projet normand », « depuis la publication de mon petit livre sur ce sujet en 2004, rien n’a bougé ! »

Dans son discours, le maire de Deauville commença, comme il se doit par une philippique contre la réforme territoriale en cours, et ce à juste titre. Il commença par dénoncer l’improvisation totale du Gouvernement qui donne l’impression de ne pas maîtriser toutes les conséquences complexes d’une grande réforme qui fut d’abord pensée comme un « coup politique » afin de montrer patte blanche à Bruxelles et à Angela Merkel qui ont des exigences d’austérité budgétaire avec les conséquences économiques et sociales que nous savons tous et qui contribuent au marasme français et européen (c’est nous qui ajoutons).

Philippe Augier dénonce l’absence de méthode et l’absence de toute réflexion et expertise préalable, l’absence « d’étude d’impact » de la réforme territoriale, le fait que pour d’évidentes raisons politiciennes, le Gouvernement a voulu d’abord définir le nouveau cadre électoral régional, les nouvelles circonscriptions régionales (la fameuse carte), le mode de scrutin et la date des prochaines élections régionales (décembre 2015) de « confirmation en confirmation » données par Matignon (qui montre que l’on pilote à l’aveugle au gré des pressions des uns et des autres dans une majorité présidentielle de plus en plus étroite et divisée) avant de définir le contenant, c’est à dire, le périmètres des futures compétences et des futures finances des futurs conseils régionaux. Au risque, selon Augier, de voter en décembre prochain, à l’aveugle, en ne sachant pas exactement pour quelle assemblée d’élus et pour quels enjeux, les citoyens devraient voter. 

Pour être clair, Philippe Augier prenant à témoin Jean-Léonce Dupont présent au premier rang, craint qu’il n’arrive aux futurs conseils régionaux ce qui arrive en ce moment aux conseils ex-généraux devenus « départementaux » qui seront renouvelés en mars prochain dans le cadre d’un mode de scrutin « bi-nominal paritaire » totalement baroque pour piloter dans un brouillard complet des départements dont personne ne sait, y compris à Matignon et à l’Elysée s’ils doivent disparaître ou non.

C’est donc l’improvisation la plus totale et le règne de l’arbitraire. Dernier événement en date: le coup de force du Parti Radical de Gauche qui menaçant de partir du Gouvernement, obtient le maintien de 54 départements ruraux tandis que le Gouvernement envisage de créer trois types de départements différents (ce qui en soit n’est pas idiot: il serait plus que temps d’en finir avec la niveleuse du jacobinisme centralisateur français)

Cet arbitraire, cette improvisation a même failli « mettre la Normandie en Picardie ou en Belgique » mais c’est aussi grâce à l’arbitraire de l’arbitre élyséen dont jamais le nom ne fut prononcé au cours de cette réunion, que le principe de préserver l’intégrité territoriale de la Normandie fut posé, avant le 70ème anniversaire du DDay mais aussi pour démontrer la pertinence de la méthode consistant à fusionner deux régions administratives adjacentes. Sauf que cela ne marche que pour la Normandie ou presque !

En attendant qu’advienne la réunification normande et que les départements sortent de la brume, les élus locaux subissent l’improvisation gouvernementale: « le gouvernement fragilise le travail des élus » fustige Philippe Augier en prenant l’exemple des conséquences concrètes de la baisse de la Dotation Globale de Fonctionnement, le maintien du prélévement « discrétionnaire » du fonds de péréquation des communes riches vers les communes plus pauvres (Vive la République ! Philippe Augier est maire de Deauville, rappelons-le…). Et surtout, il a été rappelé que le Gouvernement impécunieux et imprévoyant qui présente un budget en déficit s’en prend aux collectivités territoriales qui ont l’obligation constitutionnelle de voter des budgets en équilibre, moyennant les compensations financières d’une fiscalité locale qui n’est pas extensible par l’Etat. Or cet état central, au nom de la décentralisation, se désengage financièrement ce qui obligent communes, intercoms et départements à faire des économies, à baisser leurs investissements, à sabrer dans les services publics locaux et à avoir recours à l’emprunt.

Enfin, brume dans la brume, on ne sait toujours pas comment l’Etat compte réorganiser sa « déconcentration » sur les territoires en conséquence de la réforme en cours: il est évident que l’actuel réseau des préfectures régionales ne restera pas en place. Cette incertitude pour la plupart d’entre nous (mais déjà une certitude dans le secret des ministères concernés) va arbitrer la distribution des rôles entre Rouen et Caen dans la future Normandie réunifiée.

La seule occasion de se réjouir est donc la confirmation de l’unité normande avec ses effets positifs attendus.

Philippe Augier ose la comparaison: « la réunification normande c’est comme une fusion d’entreprises ». Il y a 3,5 millions d’habitants à convaincre avec un vrai projet normand pour que cette « fusion d’entreprises » ne soit pas assimilée à un plan social (c’est nous qui ajoutons…)

Pour éviter le doute de nos concitoyens toujours inquiets de l’avenir il faut clairement exposer un projet normand, en faire la pédagogie, déconstruire les faux problèmes qui cachent de vraies arrières pensées politiques et désigner les hommes et femmes qui vont fédérer les énergies pour mettre en oeuvre le projet normand.

Dans le projet normand il y a:

La réussite de la LNPN (du moins ce qu’il en reste…)

Valoriser enfin correctement tous les atouts normands: l’énergie, les grands ports avec un littoral de plus de 600km de côtes, la logistique autour d’HAROPA et de l’Axe Seine, l’agriculture et l’agroalimentaire qui représentent en Basse-Normandie jusqu’à 23% des emplois: cessons de rendre divergentes les agricultures normandes différentes mais complémentaires en Haute et Basse Normandie !

Ce n’est pas parce que la Haute-Normandie est plus marquée par les grandes cultures industrielles qu’il faut démanteler la filière de l’élevage en laissant fermer les abattoirs de proximité haut-normands ! La recherche de spécialisation économique Haut ou Bas normande est un échec !

La Normandie dans son ensemble serait la 2ème région française productrice de lait déjà présente sur le marché chinois avec une production à forte valeur ajoutée contrairement à d’autres régions agricoles françaises et avec des institutions agricoles normandes déjà unifiées (chambre d’agriculture, IRQUA, AOC, la cidriculture, fusion des deux conseils régionaux des chevaux…, bassin laitier unique).

Ne pas oublier la pêche, la conchilyculture.

Ne pas oublier que la Normandie reste l’une des grandes régions industrielles françaises (automobile et aéronautique) que la Normandie est une grande région patrimoniale, culturelle et touristique avec un renom international.

Et, enfin, avec le plateau universitaire caennais, la Normandie est présente dans la recherche scientifique fondamentale internationale: avec peine les universités normandes de Caen, Rouen et Le Havre se sont rassemblées pour créer en 2016 « Normandie universités ». Philippe Augier, prenant à partie Sonia De La Provôté, maire adjointe UDI de Caen précise: « On ne va pas supprimer le CHU de Caen avec la réunification. Les deux CHU normands vont travailler encore plus ensemble ».

Prépare-t-on réellement ce projet normand commun dans la perspective proche de la fusion normande?

Réponse: NON !

Sans revenir sur les difficultés qui inquiètent les deux présidents des CESER normands en charge de remettre d’ici la fin de cette année un rapport les difficultés à aplanir pour réussir la fusion des deux régions normandes, Philippe Augier prend l’exemple de la contractualisation séparée et non coordonnée des deux régions normandes pour les Fonds européens qui vient d’être signée pour 6 ans jusqu’en 2020 et pour financer des projets qui vont doublonner ou se concurrencer dans le futur cadre territorial normand:  « cela va générer une réunification normande à plusieurs vitesses ! »

Encore une fois, on doit avoir toujours à l’esprit les conséquences funestes du BILAN ANTI-NORMAND des années LE VERN (1998 – 2013) qui a tout fait pour que les politiques publiques régionales normandes ne soient pas convergentes: concernant la gestion des Fonds européens, le socialiste bas-normand Laurent Beauvais (favorable à la réunification) avait demandé une gestion commune et coordonnée à son camarade socialiste haut-normand Alain Le Vern (opposé à la réunification): voilà le résultat! Quel gâchis… Et que de temps perdu !

Car à moins de deux ans de la future unité normande, il n’y a en réalité, aucune véritable confiance entre le CRBN et le CRHN: le premier craignant d’être mangé, manipulé ou de subir le rapport de force d’élus haut-normands perçus comme « plus forts ».

Selon Philippe Augier, cette « faiblesse » bas-normande vient surtout du fait que la majorité régionale bas-normande est divisée et attentiste et donc incapable de prendre des décisions bien tranchées: le CRHN a hiérarchisé les investissements alors que le CRBN a fait le choix de « saupoudrer » . Cependant l’accord « 276 » donne des marges de manoeuvre financières qu’en Basse-Normandie on n’a pas car les collectivités territoriales bas-normandes sont politiquement trop divisées pour mutualiser finances et projets comme en Haute-Normandie (c’est nous qui l’ajoutons…)

Là où le bilan Le Vern a des effets catastrophiques c’est qu’il n’y a plus aucune relation de confiance entre les deux conseils régionaux normands pourtant gérés par la même sensibilité politique depuis 2008. Et Philippe Augier de signaler que Jean Callevwaert, le président du CRBN déplore et s’inquiète de cette situation: « on masque la réalité, il n’y a pas de dialogue, les politiques publiques régionales sont trop divergentes ».

Et pourtant, on ne peut pas dire pour autant qu’il n’y a rien pour préparer l’unité normande mais il n’y a pas de pilote dans l’avion de la réunification… Pour preuve:

1) Il y aura une métropole régionale à Rouen (au 1er janvier 2015) ce qui autorise Laurent Fabius via Mayer-Rossignol de balancer sa solution (un ballon d’essai ou une torpille…) dans le débat médiatique régional, les Jeux Equestres Mondiaux à peine terminés, pour la répartition des rôles entre Caen et Rouen.

2) Il y a une tentative de pôle métropolitain sur l’estuaire à partir du Havre mais elle est entravée par Laurent Fabius et elle peine à convaincre sur la rive Sud faute de vouloir aller clairement jusqu’à Caen (encore un petit effort cher Edouard Philippe !)

3) Il y a le formidable atout du maillage normand exceptionnellement dense des petites et moyennes villes: mais il n’y a pour l’instant aucune stratégie, aucune politique régionale pour le mettre en valeur à tel point que Joaquim Pueyo, le député maire d’Alençon (PS) envisageait de faire un … pôle métropolitain avec Le Mans. Devant le tollé le maire d’Alençon dit maintenant: « j’ai peut-être parlé trop vite »

4) Et puis il y a « l’extrêmissime urgence » dont parlait au début Philippe AUGIER: il faut désigner avant le 30 octobre prochain tous les grands projets présents sur les territoires concernés qui vont pouvoir être financièrement aidés par le futur Contrat de Plan interrégional avec l’Etat pour l’Axe Seine (contrat commun avec la Haute-Normandie et l’Ile de France). On découvre alors qu’il n’y a eu qu’une concertation a minima entre les deux régions normandes et qu’à moins de quatre semaines de la date fatale, la région Basse-Normandie n’avait pas encore fait la liste des projets à financer dans ce cadre: une fois de plus l’Axe Seine, une affaire de Haut-normands ignorant et méprisant la rive Sud et Ouest? Ou un manque d’anticipation du côté bas-normand, au risque de « rester au bord de la Seine »?

Mais face à ces difficultés, Philippe AUGIER cite le philosophe normand et percheron Alain: « le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté »

« J’appelle bonne volonté, le travail et l’engagement pour la Normandie au delà des enjeux politiciens de pouvoir »

C’est pourquoi Philippe AUGIER annonce dans la perspective des futures élections régionales normandes la constitution d’équipes « Normandie Demain » à partir de janvier 2015 et l’ouverture d’un grand débat contributif ouvert à tous les Normands « pour un développement durable et harmonieux de notre Normandie »


 

Après l’intervention de Philippe AUGIER, suivait une longue (trop longue?) intervention de Jean-Léonce DUPONT, sénateur UDI président du conseil général du Calvados qui a dit tout le mal qu’il pouvait penser du Gouvernement et de la majorité présidentielle actuelle non sans surjouer hélas jusqu’à la caricature (et c’est bien dommage) un rôle d’avocat du diable (au nom du  pragmatisme) pour doucher les enthousiastes de l’unité normande.

On retiendra de son propos qu’il faut maintenir l’échelon départemental qui assure « la péréquation territoriale » surtout lorsqu’on fait des régions plus grandes (ndlr: on ne lui donnera pas tort au contraire…) qu’il faudra faire la pédagogie de la Normandie car l’habitant de l’Avranchin et celui d’une banlieue Est de Rouen n’ont pas les mêmes visions de ce que peut représenter la Normandie (ndlr: la pluie est mouillée qui dira le contraire? Le vrai sujet c’est la qualité du parapluie…) et qu’en conséquence, il faudra éviter « le cercle vicieux » qui se mettrait en route si l’on décidait de tout mettre à Rouen en laissant libre cours aux logiques de métropolisation qui renforcent la ségrégation territoriale entre territoires riches urbanisés et territoires périphériques plus ruraux et plus pauvres.

Pour être clair, Jean-Léonce Dupont est sceptique sur la réussite du projet d’une métropole normande en réseau à partir des trois agglomérations de Rouen, Caen et Le Havre: il est trop pragmatique et méfiant (trop normand ?) pour faire confiance à cette solution trop rationnelle, trop idéale…

Pourquoi? « Parce que dans un ménage à trois, il faut faire partie des deux » Et pas sûr que la rouennaise désire un concubin caennais dans son lit puisqu’elle ne tolère même pas la présence du voisin havrais. D’autant plus qu’à Rouen au dire de Monsieur Dupont, « on ne sait pas encore que le Mont Saint Michel est en Normandie » (voilà le genre de sornettes qui contribuera à faire avancer le débat !)

Jean-Léonce Dupont préfèrerait un mariage à quatre en ajoutant Cherbourg au trio infernal Caen- Rouen- Le Havre. Mais alors pourquoi ne pas faire un mariage à cinq en ajoutant Dieppe et intégrer ainsi toute la façade maritime normande à la vallée de la Seine? Voire un mariage à 10 , 15 ou 20 si l’on voulait intégrer toutes les villes moyennes et petites villes normandes au pôle métropolitain: le cercle vertueux de Monsieur Dupont risque de se terminer comme une blague du honfleurais Alphonse Allais, qui visionnaire, voulait mettre les villes à la campagne et la campagne dans la ville…

Ces propositions font penser plutôt à d’ultimes manoeuvres dilatoires pour ne pas avoir à nous concentrer sur l’essentiel et le plus urgent: réussir a minima le pôle métropolitain de l’Estuaire entre Le Havre et Caen à défaut de pouvoir, dans un premier temps, intégrer la métropole rouennaise.

On sera de nouveau d’accord avec Monsieur Dupont quand ce dernier dénonce le marché de dupes proposé par Laurent Fabius (mettre à Caen une préfecture régionale au sort incertain) pour, au contraire, proposer d’installer le futur conseil régional normand à Caen en raison de la position centrale caennaise avec le Calvados qui est limitrophe de tous les autres départements normands.

Si un vrai pôle métropolitain de l’Estuaire se mettait en place jusqu’à Caen, le Pays d’Auge serait le coeur de la future Normandie.

Et Jean-Léonce Dupont, chemise bien ouverte sans cravate (car nous étions dimanche) de terminer en fustigeant fermement « la faiblesse des deux présidents de région actuels » tout en se réjouissant que les « Normands avaient pris le pouvoir au Sénat »: justement ! On aimerait bien que cela puisse se voir concrètement lorsque le projet de carte régionale, qu’il faut encore sensiblement améliorer, va repasser en seconde lecture à la haute assemblée à partir du 28 octobre prochain !

 

 

Jacques LEVY: Faire l’identité NORMANDE dans l’unité… ou se noyer dans le BASSIN PARISIEN

Le géographe français Jacques LEVY qui prêche depuis Lausanne, en agace plus d’un à commencer par nous mêmes ou nos amis géographes normands spécialistes du fait régional: Jacques Lévy avait notamment proposé un projet de redécoupage régional où seules comptaient les réalités économiques métropolitaines… Bigre !!!

http://www.slate.fr/story/85829/redecoupage-dix-regions


 

Mais il semblerait que le géographe le plus apprécié des grands médias parisiens ait enfin mis un peu d’eau humaine et géographique  dans son vin aigri par la seule raison économique: à l’occasion des débats de la réforme territoriale en cours, Jacques LEVY a enfin découvert une certaine évidence… Pour qu’une région ait une réelle existence, il lui faut combiner des « ressources objectives » (le poids économique, la métropolisation, les grands équipements, institutions…) et des « ressources subjectives » (l’identité culturelle régionale, l’héritage géo-historique, un espace vécu et approprié par les habitants)

Si l’on ne tient compte que des « ressources objectives » on prend le risque de créer des grands machins technos qui n’intéresseront que les élus et les haut-fonctionnaires. Si l’on ne tient compte que des « ressources subjectives » on prend le risque de développer un régionalisme identitaire tenté par le différentialisme et le séparatisme (même si, reconnaissons-le ce risque est peu élevé en France). 

L’idéal serait de tenir compte des deux: en ce sens, le projet d’unité normande est le cas d’école parfait !

Lire ci-après l’entretien donné par Jacques LEVY à l’hebdomadaire l’Express, avec pour une fois un questionnement plus que pertinent de la part du journaliste: le cas normand est, en effet, explicitement évoqué et on ne pourra que partager le diagnostic… Bigre !!!


 

http://www.lexpress.fr/region/jacques-levy-la-taille-des-regions-est-un-faux-probleme_1610876.html

Jacques Lévy: « La taille des régions est un faux problème »

Propos recueillis par Michel Feltin-Palas, publié le 16/10/2014 à 12:43

Universitaire réputé, Jacques Lévy s’intéresse à la géographie politique. Au sein d’équipes pluridisciplinaires, ce professeur à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse) a mené des recherches sur la mobilité et les modèles urbains. Récemment, il a publié Réinventer la France (Fayard). Il est persuadé qu’il faut revoir notre découpage territorial. Mais la manière dont le gouvernement s’y prend l’alarme. Explications. 

Jacques Lévy:

 

Réforme territoriale: « François Hollande et Manuel Valls ont cherché à « faire un coup » en lançant une réforme spectaculaire », affirme Jacques Lévy.

afp.com/ Philippe Huguen

Le gouvernement a décidé de diviser le nombre de régions par deux afin de leur conférer une « taille critique ». Souffrent-elles vraiment d’un manque de superficie?

Pas du tout. Les régions françaises sont diverses en étendue et en population. Ce sont même les plus vastes d’Europe, après l’Espagne ! En fait, la taille n’est pas le bon critère. Ce qui leur manque, ce sont des compétences et des moyens : le budget des régions françaises n’est pas à la hauteur des enjeux. Pour autant, la question du redécoupage territorial est capitale.  

Pour quelle raison?

Parce qu’il peut contribuer au développement juste du pays. La création des communes et des départements était adaptée à la France du XVIIIe siècle. Le problème est que l’on en est plus ou moins resté là, en aggravant même les choses depuis. De ce fait, notre organisation administrative est devenue un boulet. Il était donc urgent d’en changer. Encore aurait-il fallu suivre la bonne méthode. 

C’est-à-dire?

François Hollande et Manuel Valls ont cherché à « faire un coup » en lançant une réforme spectaculaire, mais dans l’improvisation. Ils ont ainsi annoncé en avril la suppression des conseils départementaux à laquelle le chef de l’Etat s’opposait en janvier. De même, alors que les régions et les départements actuels sont présentés comme inadaptés, le gouvernement exige que la nouvelle carte… respecte leurs contours. 

Quelle aurait été la bonne méthode?

Il fallait partir du local pour aller vers les régions et non l’inverse. L’urbanisation généralisée et l’explosion des mobilités ont changé la donne. La commune doit être remplacée par des territoires locaux pertinents, correspondant, en gros, aux espaces de vie des habitants, c’est-à-dire la ville, la banlieue et le périurbain ensemble. Une fois ce travail effectué, on pourrait regrouper ces « intercommunalités » à l’échelle de nouvelles régions, sans se soucier des découpages administratifs existants. Ainsi, dans l’Aisne : au sud, Villers-Cotterêts fait partie de l’aire urbaine de Paris tandis qu’au nord, Hirson jouxte la frontière belge. 

Mais quels critères suivre pour rassembler ces intercommunalités en régions?

Selon moi, il y en a deux. En premier lieu, il faut observer les ressources objectives : universités, entreprises de pointe, lieux de création, hubs de mobilité, etc. En général, ces points forts se trouvent dans les grandes villes : on peut donc construire des régions autour de Lyon, Toulouse, Bordeaux ou Lille… Mais il faut aussi tenir compte des ressources subjectives, c’est-à-dire de l’identification des habitants à un territoire. 

En quoi est-ce important?

Pour mener à bien un projet de développement, il faut s’appuyer sur une identité commune, laquelle suppose une mémoire partagée et un horizon de projection. Voyez la Catalogne ou la Bavière. 

L’identité ne conduit pas toujours au développement : on pourrait vous opposer la Sicile ou l’Andalousie.

L’homogénéité des appartenances perçues ne suffit pas, en effet. Une identité tournée vers le passé, fermée aux autres, aboutit à des blocages. En revanche, une identité ouverte, sur laquelle on va s’appuyer pour définir un projet d’avenir, est source de dynamisme, comme on le constate en Suisse ou en Suède, où se combinent de fortes identifications au(x) pays et une claire attirance vers la modernité. 

En France, quelles sont les régions qui cumulent grande ville et identité?

L’Alsace, par exemple, qui dispose à la fois d’une métropole, Strasbourg, et d’une culture spécifique incontestable. Il n’est donc nullement nécessaire de lui adjoindre la Lorraine ou la Champagne-Ardenne. Si on le fait, on va compliquer la mise en place de projets cohérents. La Bretagne est dans le même cas, sachant qu’il faut probablement lui adjoindre Nantes afin de lui donner toute sa force -si, bien sûr, les habitants concernés le souhaitent. 

Pourtant ailleurs, ressources « objectives » et « subjectives » ne coïncident pas forcément…

Non, et c’est alors qu’il faut trancher, en s’appuyant sur le débat public. La Corse, par exemple, n’a pas de grandes villes, mais dispose d’une singularité si forte que son maintien comme région s’impose. Le gouvernement a d’ailleurs eu la sagesse de ne pas proposer de la fusionner avec la Provence. Et il existe des situations plus ou moins comparables : la Savoie, la Catalogne comme la Vendée gagneraient à être traitées au moins comme des espaces spécifiques au sein de leur région. 

Mais il s’agirait de territoires minuscules!

Plutôt que de grandes régions faibles, mieux vaut de petites régions cohérentes, politiquement et fiscalement fortes, à condition qu’elles assument les conséquences de leur autonomie. 

Que faites-vous de la solidarité nationale?

Elle doit intervenir, bien sûr, et massivement, mais sur la base de raisons explicites et non dans l’opacité, comme c’est le cas aujourd’hui. Le point de dé- part, c’est l’autonomie ; la solidarité a pour mission de contribuer à une égalité effective, non à obtenir pour l’éternité des ressources payées par l’Etat central. 

La création d’un second département en Corse a débouché sur la mise en place d’une préfecture, d’un conseil général et d’une foule d’emplois publics dont l’utilité est très contestable. Il faut rompre avec cette tradition. La vraie question est : quelles sont les meilleures conditions pour que toutes les parties du territoire se développent ? Ou, dit autrement, quelle aide sera la plus efficace pour rendre les aides à venir moins nécessaires ? 

Existe-t-il des régions sans identité forte dotées de ressources « objectives »?

Oui. Le Bassin parisien, typiquement. L’influence de Paris déborde largement les frontières de l’Ile-de-France et com- prend la Picardie, la Champagne, le Centre, la Normandie, l’essentiel de la Bourgogne et une partie des Pays de la Loire. Il est logique que la région influencée par une aire urbaine de 12 millions d’habitants ait une certaine taille. Personne n’est surpris que Lyon, six fois plus petit que Paris, influence la Savoie, le Dauphiné et l’ Auvergne. 

La Normandie est dotée d’une réelle identité. Pourquoi voulez-vous l’inclure dans le Bassin parisien?

Sur le papier, Rouen-Caen-Le Havre, cela fait beaucoup de monde et d’énergie. Mais ce réseau métropolitain n’a toujours pas d’existence concrète, pas plus que Nantes-Rennes,Tours-Orléans ou Nancy-Metz. Si, au nom d’une identité commune, les Normands sont prêts à faire mieux que les synergies qui pourraient fonctionner au sein d’un grand Bassin parisien, cela mérite attention. Mais à eux de prouver qu’ils peuvent construire un projet de développement qui tienne la route. L’intégration dans le grand Bassin parisien est en tout cas une solution pertinente. 

Les habitants de ces régions ne sont pas forcément d’accord : ils auraient l’impression d’être ramenés à un statut de banlieusards éloignés…

En dehors de la France, tout le monde a compris que c’est une chance d’appartenir à un espace doté d’une grande ville! En étant associés à Paris, ils profiteraient de sa richesse. Et tout le monde y gagnerait car les villes moyennes comme Amiens ou Reims ont des atouts que la capitale n’a pas, notamment la modicité du foncier et la proximité d’espaces naturels plus sauvages. 

On aboutirait alors à un ensemble de 20 millions d’habitants! De grandes régions, adossées sur des sentiments identitaires, ne constituent-elles pas une menace pour l’identité nationale?

Ce chiffre est comparable à la population de la Rhénanie du Nord-Westphalie. Le ministre-président de ce Land est puissant : ce n’est pas pour autant qu’il menace Angela Merkel. Les républiques démocratiques n’ont pas peur des contrepouvoirs. Elles les recherchent. 

Vous proposez également une région Méditerranée, mais sans l’Aude ni les Pyrénées-Orientales. C’est curieux…

Cette partie sud du Languedoc-Roussillon a plus de liens avec Toulouse qu’avec Marseille. Cela dit, l’identité catalane peut mériter une prise en compte spécifique. 

Vous appelez de vos voeux une région Sud-Ouest immense, regroupant Aquitaine, Poitou- Charentes et Limousin. Quelle identité commune les Basques et les Béarnais, depuis les Pyrénées, partagent-ils avec les habitants de Poitiers?

Le gouvernement est arrivé, après tâtonnements, à une proposition raisonnable. Le point commun, c’est Bordeaux. Cela dit, ici comme ailleurs, il faut s’appuyer sur les désirs exprimés par les populations. Si, par exemple, les Poitevins se sentent plus ligériens (partie prenante du Bassin parisien) que Bordelais, à eux de le dire. 

Dans le Cantal, il n’y a pas de grande ville et le conseil général rend bien des services… Faut-il vraiment supprimer les départements partout, y compris en milieu rural?

La réponse est oui. Les odes au département émanent pour l’essentiel de roitelets qui s’accrochent à leur trône et à leur cassette. Ce sont eux, non les habitants, qui exercent actuellement un chantage sur le gouvernement. Des régions fortes et des intercommunalités de grande taille peuvent très bien gérer les compétences du conseil général, les routes par exemple. 

Grandes régions, métropoles, intercommunalités… N’est-on pas en train d’éloigner le pouvoir du citoyen?

Aux échelons local et régional, on pourrait fixer un socle de services accessibles à chacun, quelle que soit la localisation. De fait, le niveau des services disponibles pour la population a fortement augmenté, surtout grâce à la mobilité, qui rend la ville accessible à tous. Et il y a internet. Il serait absurde de se représenter la société de flux qu’est devenue la France contemporaine, comme si ses membres étaient encore rivés au sol. Il n’est pas forcément optimal pour la qualité du service d’installer des maternités ou des universités partout. Il y a d’autres manières d’établir l’égalité. 

Le gouvernement justifie sa réforme en expliquant qu’elle permettra des économies. Y croyez-vous?

Evidemment, dans un premier temps, ce changement aura un coût -l’alignement des statuts des personnels, par exemple. Dans un second temps, on peut espérer des économies d’échelle, à la fois par la mutualisation des prestations et la mise en cause des logiques clientélistes du système actuel. Cela dit, l’essentiel est ailleurs. Il consiste à savoir si cette réforme permettra ou non de créer les conditions du développement local et régional. Si les territoires sont bien agencés et mobilisés autour d’un projet cohérent, tout le pays en profitera. Le problème, c’est la France ; les Français, la solution. 

Jacques LEVY: Faire l’identité NORMANDE dans l’unité… ou se noyer dans le BASSIN PARISIEN

Le géographe français Jacques LEVY qui prêche depuis Lausanne, en agace plus d’un à commencer par nous mêmes ou nos amis géographes normands spécialistes du fait régional: Jacques Lévy avait notamment proposé un projet de redécoupage régional où seules comptaient les réalités économiques métropolitaines… Bigre !!!

http://www.slate.fr/story/85829/redecoupage-dix-regions


 

Mais il semblerait que le géographe le plus apprécié des grands médias parisiens ait enfin mis un peu d’eau humaine et géographique  dans son vin aigri par la seule raison économique: à l’occasion des débats de la réforme territoriale en cours, Jacques LEVY a enfin découvert une certaine évidence… Pour qu’une région ait une réelle existence, il lui faut combiner des « ressources objectives » (le poids économique, la métropolisation, les grands équipements, institutions…) et des « ressources subjectives » (l’identité culturelle régionale, l’héritage géo-historique, un espace vécu et approprié par les habitants)

Si l’on ne tient compte que des « ressources objectives » on prend le risque de créer des grands machins technos qui n’intéresseront que les élus et les haut-fonctionnaires. Si l’on ne tient compte que des « ressources subjectives » on prend le risque de développer un régionalisme identitaire tenté par le différentialisme et le séparatisme (même si, reconnaissons-le ce risque est peu élevé en France). 

L’idéal serait de tenir compte des deux: en ce sens, le projet d’unité normande est le cas d’école parfait !

Lire ci-après l’entretien donné par Jacques LEVY à l’hebdomadaire l’Express, avec pour une fois un questionnement plus que pertinent de la part du journaliste: le cas normand est, en effet, explicitement évoqué et on ne pourra que partager le diagnostic… Bigre !!!


 

http://www.lexpress.fr/region/jacques-levy-la-taille-des-regions-est-un-faux-probleme_1610876.html

Jacques Lévy: « La taille des régions est un faux problème »

Propos recueillis par Michel Feltin-Palas, publié le 16/10/2014 à 12:43

Universitaire réputé, Jacques Lévy s’intéresse à la géographie politique. Au sein d’équipes pluridisciplinaires, ce professeur à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse) a mené des recherches sur la mobilité et les modèles urbains. Récemment, il a publié Réinventer la France (Fayard). Il est persuadé qu’il faut revoir notre découpage territorial. Mais la manière dont le gouvernement s’y prend l’alarme. Explications. 

Jacques Lévy:

 

Réforme territoriale: « François Hollande et Manuel Valls ont cherché à « faire un coup » en lançant une réforme spectaculaire », affirme Jacques Lévy.

afp.com/ Philippe Huguen

Le gouvernement a décidé de diviser le nombre de régions par deux afin de leur conférer une « taille critique ». Souffrent-elles vraiment d’un manque de superficie?

Pas du tout. Les régions françaises sont diverses en étendue et en population. Ce sont même les plus vastes d’Europe, après l’Espagne ! En fait, la taille n’est pas le bon critère. Ce qui leur manque, ce sont des compétences et des moyens : le budget des régions françaises n’est pas à la hauteur des enjeux. Pour autant, la question du redécoupage territorial est capitale.  

Pour quelle raison?

Parce qu’il peut contribuer au développement juste du pays. La création des communes et des départements était adaptée à la France du XVIIIe siècle. Le problème est que l’on en est plus ou moins resté là, en aggravant même les choses depuis. De ce fait, notre organisation administrative est devenue un boulet. Il était donc urgent d’en changer. Encore aurait-il fallu suivre la bonne méthode. 

C’est-à-dire?

François Hollande et Manuel Valls ont cherché à « faire un coup » en lançant une réforme spectaculaire, mais dans l’improvisation. Ils ont ainsi annoncé en avril la suppression des conseils départementaux à laquelle le chef de l’Etat s’opposait en janvier. De même, alors que les régions et les départements actuels sont présentés comme inadaptés, le gouvernement exige que la nouvelle carte… respecte leurs contours. 

Quelle aurait été la bonne méthode?

Il fallait partir du local pour aller vers les régions et non l’inverse. L’urbanisation généralisée et l’explosion des mobilités ont changé la donne. La commune doit être remplacée par des territoires locaux pertinents, correspondant, en gros, aux espaces de vie des habitants, c’est-à-dire la ville, la banlieue et le périurbain ensemble. Une fois ce travail effectué, on pourrait regrouper ces « intercommunalités » à l’échelle de nouvelles régions, sans se soucier des découpages administratifs existants. Ainsi, dans l’Aisne : au sud, Villers-Cotterêts fait partie de l’aire urbaine de Paris tandis qu’au nord, Hirson jouxte la frontière belge. 

Mais quels critères suivre pour rassembler ces intercommunalités en régions?

Selon moi, il y en a deux. En premier lieu, il faut observer les ressources objectives : universités, entreprises de pointe, lieux de création, hubs de mobilité, etc. En général, ces points forts se trouvent dans les grandes villes : on peut donc construire des régions autour de Lyon, Toulouse, Bordeaux ou Lille… Mais il faut aussi tenir compte des ressources subjectives, c’est-à-dire de l’identification des habitants à un territoire. 

En quoi est-ce important?

Pour mener à bien un projet de développement, il faut s’appuyer sur une identité commune, laquelle suppose une mémoire partagée et un horizon de projection. Voyez la Catalogne ou la Bavière. 

L’identité ne conduit pas toujours au développement : on pourrait vous opposer la Sicile ou l’Andalousie.

L’homogénéité des appartenances perçues ne suffit pas, en effet. Une identité tournée vers le passé, fermée aux autres, aboutit à des blocages. En revanche, une identité ouverte, sur laquelle on va s’appuyer pour définir un projet d’avenir, est source de dynamisme, comme on le constate en Suisse ou en Suède, où se combinent de fortes identifications au(x) pays et une claire attirance vers la modernité. 

En France, quelles sont les régions qui cumulent grande ville et identité?

L’Alsace, par exemple, qui dispose à la fois d’une métropole, Strasbourg, et d’une culture spécifique incontestable. Il n’est donc nullement nécessaire de lui adjoindre la Lorraine ou la Champagne-Ardenne. Si on le fait, on va compliquer la mise en place de projets cohérents. La Bretagne est dans le même cas, sachant qu’il faut probablement lui adjoindre Nantes afin de lui donner toute sa force -si, bien sûr, les habitants concernés le souhaitent. 

Pourtant ailleurs, ressources « objectives » et « subjectives » ne coïncident pas forcément…

Non, et c’est alors qu’il faut trancher, en s’appuyant sur le débat public. La Corse, par exemple, n’a pas de grandes villes, mais dispose d’une singularité si forte que son maintien comme région s’impose. Le gouvernement a d’ailleurs eu la sagesse de ne pas proposer de la fusionner avec la Provence. Et il existe des situations plus ou moins comparables : la Savoie, la Catalogne comme la Vendée gagneraient à être traitées au moins comme des espaces spécifiques au sein de leur région. 

Mais il s’agirait de territoires minuscules!

Plutôt que de grandes régions faibles, mieux vaut de petites régions cohérentes, politiquement et fiscalement fortes, à condition qu’elles assument les conséquences de leur autonomie. 

Que faites-vous de la solidarité nationale?

Elle doit intervenir, bien sûr, et massivement, mais sur la base de raisons explicites et non dans l’opacité, comme c’est le cas aujourd’hui. Le point de dé- part, c’est l’autonomie ; la solidarité a pour mission de contribuer à une égalité effective, non à obtenir pour l’éternité des ressources payées par l’Etat central. 

La création d’un second département en Corse a débouché sur la mise en place d’une préfecture, d’un conseil général et d’une foule d’emplois publics dont l’utilité est très contestable. Il faut rompre avec cette tradition. La vraie question est : quelles sont les meilleures conditions pour que toutes les parties du territoire se développent ? Ou, dit autrement, quelle aide sera la plus efficace pour rendre les aides à venir moins nécessaires ? 

Existe-t-il des régions sans identité forte dotées de ressources « objectives »?

Oui. Le Bassin parisien, typiquement. L’influence de Paris déborde largement les frontières de l’Ile-de-France et com- prend la Picardie, la Champagne, le Centre, la Normandie, l’essentiel de la Bourgogne et une partie des Pays de la Loire. Il est logique que la région influencée par une aire urbaine de 12 millions d’habitants ait une certaine taille. Personne n’est surpris que Lyon, six fois plus petit que Paris, influence la Savoie, le Dauphiné et l’ Auvergne. 

La Normandie est dotée d’une réelle identité. Pourquoi voulez-vous l’inclure dans le Bassin parisien?

Sur le papier, Rouen-Caen-Le Havre, cela fait beaucoup de monde et d’énergie. Mais ce réseau métropolitain n’a toujours pas d’existence concrète, pas plus que Nantes-Rennes,Tours-Orléans ou Nancy-Metz. Si, au nom d’une identité commune, les Normands sont prêts à faire mieux que les synergies qui pourraient fonctionner au sein d’un grand Bassin parisien, cela mérite attention. Mais à eux de prouver qu’ils peuvent construire un projet de développement qui tienne la route. L’intégration dans le grand Bassin parisien est en tout cas une solution pertinente. 

Les habitants de ces régions ne sont pas forcément d’accord : ils auraient l’impression d’être ramenés à un statut de banlieusards éloignés…

En dehors de la France, tout le monde a compris que c’est une chance d’appartenir à un espace doté d’une grande ville! En étant associés à Paris, ils profiteraient de sa richesse. Et tout le monde y gagnerait car les villes moyennes comme Amiens ou Reims ont des atouts que la capitale n’a pas, notamment la modicité du foncier et la proximité d’espaces naturels plus sauvages. 

On aboutirait alors à un ensemble de 20 millions d’habitants! De grandes régions, adossées sur des sentiments identitaires, ne constituent-elles pas une menace pour l’identité nationale?

Ce chiffre est comparable à la population de la Rhénanie du Nord-Westphalie. Le ministre-président de ce Land est puissant : ce n’est pas pour autant qu’il menace Angela Merkel. Les républiques démocratiques n’ont pas peur des contrepouvoirs. Elles les recherchent. 

Vous proposez également une région Méditerranée, mais sans l’Aude ni les Pyrénées-Orientales. C’est curieux…

Cette partie sud du Languedoc-Roussillon a plus de liens avec Toulouse qu’avec Marseille. Cela dit, l’identité catalane peut mériter une prise en compte spécifique. 

Vous appelez de vos voeux une région Sud-Ouest immense, regroupant Aquitaine, Poitou- Charentes et Limousin. Quelle identité commune les Basques et les Béarnais, depuis les Pyrénées, partagent-ils avec les habitants de Poitiers?

Le gouvernement est arrivé, après tâtonnements, à une proposition raisonnable. Le point commun, c’est Bordeaux. Cela dit, ici comme ailleurs, il faut s’appuyer sur les désirs exprimés par les populations. Si, par exemple, les Poitevins se sentent plus ligériens (partie prenante du Bassin parisien) que Bordelais, à eux de le dire. 

Dans le Cantal, il n’y a pas de grande ville et le conseil général rend bien des services… Faut-il vraiment supprimer les départements partout, y compris en milieu rural?

La réponse est oui. Les odes au département émanent pour l’essentiel de roitelets qui s’accrochent à leur trône et à leur cassette. Ce sont eux, non les habitants, qui exercent actuellement un chantage sur le gouvernement. Des régions fortes et des intercommunalités de grande taille peuvent très bien gérer les compétences du conseil général, les routes par exemple. 

Grandes régions, métropoles, intercommunalités… N’est-on pas en train d’éloigner le pouvoir du citoyen?

Aux échelons local et régional, on pourrait fixer un socle de services accessibles à chacun, quelle que soit la localisation. De fait, le niveau des services disponibles pour la population a fortement augmenté, surtout grâce à la mobilité, qui rend la ville accessible à tous. Et il y a internet. Il serait absurde de se représenter la société de flux qu’est devenue la France contemporaine, comme si ses membres étaient encore rivés au sol. Il n’est pas forcément optimal pour la qualité du service d’installer des maternités ou des universités partout. Il y a d’autres manières d’établir l’égalité. 

Le gouvernement justifie sa réforme en expliquant qu’elle permettra des économies. Y croyez-vous?

Evidemment, dans un premier temps, ce changement aura un coût -l’alignement des statuts des personnels, par exemple. Dans un second temps, on peut espérer des économies d’échelle, à la fois par la mutualisation des prestations et la mise en cause des logiques clientélistes du système actuel. Cela dit, l’essentiel est ailleurs. Il consiste à savoir si cette réforme permettra ou non de créer les conditions du développement local et régional. Si les territoires sont bien agencés et mobilisés autour d’un projet cohérent, tout le pays en profitera. Le problème, c’est la France ; les Français, la solution. 

REFORME TERRITORIALE: le grand retour des départements

Arrêtez-nous ! Sinon, nous faisons un malheur ! Le parti Radical de Gauche, dernier soutien solide d’une majorité présidentielle et gouvernementale de plus en plus étroite avait menacé jusqu’à hier vendredi 17 octobre 2014 de quitter le gouvernement si certaines exigences n’étaient pas prises en compte par le Premier ministre et le gouvernement, à commencer par le maintien des 54 départements ruraux dans la réforme territoriale…

Le PRG vient donc d’être entendu sur ce point essentiel: les départements, en tant que territoires pour l’action publique ne vont pas tous disparaître comme il avait d’abord été prévu pour l’horizon 2020… Horizon d’autant plus vague que le Gouvernement découvre enfin qu’on ne pouvait pas, à la fois, créer des régions plus grandes tout en supprimant les départements: on eut souhaité que cette réforme majeure fût précédée d’une vraie réflexion et d’une vraie expertise (des géographes par exemple…) plutôt que de laisser l’avenir de nos territoires à la merci d’arbitrages politiciens, arbitrages arbitraires, on l’a vu, notamment pour le cas normand qui, pour lors, est la seule véritable réussite de la réforme territoriale en cours.

Le Gouvernement comprend enfin qu’il ne pouvait pas envoyer à la poubelle de l’Histoire de façon aussi désinvolte une organisation territoriale vieille de plus de deux siècles (1790) et qui garde en elle la mémoire géo-historique de la France: la plupart des départements vont demeurer en tant que territoires mais leur fonctionnement (compétences et finances) doivent être réformés.

Ci-après, un document exceptionnel que l’on trouvera sur le site du Sénat: une carte de France datant du 29 septembre 1789 étudiant déjà le « département » des anciennes provinces françaises et qui démontre que dans l’immense majorité des cas, les départements proviennent des anciennes provinces.

La Normandie d’abord divisée en quatre départements va refonder son unité régionale avec cinq départements: le Cotentin sera associé à l’Avranchin et le Calvados et l’Orne seront explicitement créées « à cheval » sur l’ancienne limite fiscale et administrative honnie de la Haute et Basse Normandie. En revanche, sur le flanc Sud Est de l’ancien duché de Normandie, le département du Perche en projet ne pourra pas aboutir…

http://www.cartesfrance.fr/histoire/cartes-france-revolution/carte-france-revolution.html

 

Carte des départements à la révolution

 

Seuls devraient disparaître par fusion ou par démantèlement partiel, les départements presqu’entièrement urbanisés et métropolisés afin que les grandes agglomérations urbaines aient enfin leur territoire propre: cela concerne avant toute chose le Grand Paris (recréation du département de « Seine » qui existait jusqu’aux années 1960), les deux-tiers du département du Rhône appelé à devenir le territoire du Grand Lyon ainsi qu’une partie du département des Bouches du Rhône appelé à devenir le territoire de la future métropole Marseille-Aix- Provence. La question peut aussi se poser pour Bordeaux, Lille ou Toulouse.

Dans les zones rurales, les conseils départementaux actuels resteront. Ailleurs, dans les zones péri-urbaines ou le semis des petites et moyennes villes n’est pas écrasé par une grosse métropole, le département pourra se transformer en fédération des intercommunalités moyennant la suppression du doublon canton / intercommunalité, la fusion de certaines intercommunalités pour en faire de plus grandes et la fusion de petites communes trop nombreuses et pas assez peuplées: c’est le cas qui intéresse les cinq départements normands qui demeureront en tant que territoire mais qui pourraient se transformer en fédérations départementales des intercommunalités avec des élus intercommunaux qui répondront enfin de leur action devant le suffrage universel.

Allons plus loin: 

Il est idiot d’opposer région à département: car pour toutes les raisons à commencer par la géo-histoire depuis deux siècles, la région ne peut s’imaginer, fonctionner, s’identitier en ignorant ses bases départementales: le Gouvernement, encore apeuré par l’ouverture de je ne sais quelle boîte de Pandore, n’a pas encore compris que si l’on veut de vraies régions efficaces, solidaires, clairement identifiées et à taille humaine, il fallait partir de la carte départementale. La méthode consistant à limiter l’impact d’une réforme territoriale circonscrite au seul échelon régional en fusionnant des régions limitrophes entre elles est mauvaise mais elle ne marche que pour la Normandie.

L’une des exigences du Parti Radical de Gauche reste donc à satisfaire: le droit d’un conseil départemental d’opter pour le rattachement à telle ou telle région a été verrouillé en juillet dernier en seconde lecture de la réforme territoriale à l’Assemblée Nationale par une commission des Lois naturellement aux ordres du Gouvernement. Il faut espérer que ce droit d’option soit complètement dévérouillé lors de la seconde lecture du projet de loi qui va débuter le 28 octobre prochain au Sénat au risque d’exaspérer la colère bretonne et alsacienne, au risque de fabriquer à nouveau des grands machins régionaux technocratiques qui n’intéresseront personne, au risque de laisser la Normandie  toute seule en France à être une vraie région géo-historique à taille humaine.


http://www.letelegramme.fr/france/reforme-territoriale-la-moitie-des-departements-ruraux-seraient-maintenus-17-10-2014-10390128.php

 

Réforme territoriale. La moitié des départements ruraux seraient maintenus

Réforme territoriale. La moitié des départements ruraux seraient maintenus

17 octobre 2014 à 17h02

Le Parti radical de gauche dit avoir obtenu de Manuel Valls l’assurance que les départements ruraux seraient maintenus pour moitié dans la réforme territoriale et qu’un texte sur la fin de vie serait déposé au Parlement, a annoncé ce vendredi son président. Dès lors, le comité directeur, parlement du parti qui se réunit à 18 h pour décider du maintien ou non des radicaux de gauche au gouvernement, devrait apprécier « la main tendue  » et « les efforts » faits par le gouvernement, a déclaré à la presse Jean-Michel Baylet.

© Le Télégramme – Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/france/reforme-territoriale-la-moitie-des-departements-ruraux-seraient-maintenus-17-10-2014-10390128.php

COURAGE CHURCHILLIEN pour 2016: Faire le PREMIER BUDGET REGIONAL NORMAND pour toute la Normandie

Lors de la dernière réunion plénière du conseil régional de Basse-Normandie, (les 16 et 17 octobre derniers) Laurent BEAUVAIS, président de région en Normandie depuis… 2008 a annoncé qu’un groupe de travail commun aux deux actuelles régions administratives normandes était à la tâche pour préparer ENFIN le premier budget régional normand pour toute la Normandie depuis… 1972 !

Il était temps !

Après l’urgence de réunifier au plus vite le débat public régional normand sur la réunification de la Normandie malgré la division médiatique toujours entretenue par Ouest-France, Paris-Normandie, France Bleue et France 3, il fallait aussi dans l’urgence en finir avec l’ignorance ou le mépris réciproques entretenu par les quinze dernières années (1998 – 2013) d’obstination anti-normande d’Alain LE VERN qui a tout fait pour rendre impossible une fusion des politiques publiques régionales normandes suivant une logique de sabotage clairement assumée par ce président de région socialiste pratiquant sans vergogne un étroit égoïsme de circonscription dès qu’il pouvait évoquer la menace du fantôme de la  « grande région normande » pour inquiéter nos concitoyens normands. 

L’annonce d’un budget régional normand unique pour 2016 qui sera comme l’acte de naissance concret, explicite de l’unité normande en action, en institution, en administration, est un moment important dans le chemin encore semé d’embûches vers cette Unité Normande dont certains d’entre nous attendent l’avènement depuis plus de 40 ans.

Cependant, ce premier collectif budgetaire régional pour toute la Normandie qui va s’appuyer sur le rapport commun aux deux CESER normands sur l’état des lieux des politiques publiques régionales normandes, va devoir surmonter les difficultés engendrées par le bilan anti-normand laissé par LE VERN.

Pour leur donner du courage et nous donner le courage d’aller jusqu’au bout du processus nous conduisant à l’unité normande, on citera une nouvelle fois Winston Churchill, le Premier ministre britannique qui a tenu bon dans la tourmente de la Seconde Guerre Mondiale:

« La différence entre un pessimiste et un optimiste vient du fait que le premier fera de toute opportunité une difficulté et que le second fera de toute difficulté une opportunité »


http://france3-regions.francetvinfo.fr/basse-normandie/2014/10/17/les-deux-normandie-preparent-un-budget-commun-pour-2016-573416.html

Les deux Normandie préparent un budget commun pour 2016

La Haute et la Basse Normandie, dont la fusion est prévue dans le cadre de la réforme territoriale, ont annoncé jeudi préparer un budget commun pour 2016 et un site internet de concertation.

  • avec AFP
  • Publié le 17/10/2014 | 12:17
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Les Conseils régionaux de Haute et Basse-Normandie ont déjà commencé à travailler ensemble. Ils ont annoncé ce jeudi préparer un budget commun pour 2016 et un site internet de concertation. « Même si la loi n’est pas encore votée, nous sommes d’ores et déjà dans la préparation de la fusion des deux Normandie » ont indiqué dans un communiqué commun les présidents PS haut et bas normands, Nicolas Mayer-Rossignol et Laurent Beauvais.

« Nous n’avons pas perdu de temps et sommes même en avance par rapport à la loi« , ajoutent-ils, précisant que leurs services « travaillent d’ores et déjà ensemble à l’harmonisation comptable afin de permettre l’adoption, début 2016, du premier budget normand« .

Dès le mois de juin, les deux présidents ont saisi les deux comités économiques, sociaux et environnementaux régionaux (CESER) afin qu’ils fournissent des études faisant le point sur les coopérations existantes et sur celles qui pourraient être engagées, afin de constituer une « base technique documentée pour nourrir les débats dès le début de l’année 2015« .

Des réunions publiques dans plusieurs villes

Estimant que la Normandie « ne se fera qu’avec les Normands« , ils ont décidé la mise en ligne prochaine d’un « site internet mutualisé à l’échelle normande », pour permettre à la population de participer aux débats. MM. Mayer-Rossignol et Beauvais vont, par ailleurs, multiplier les réunions publiques dans plusieurs villes de leurs territoires actuels sur le thème de l’avenir régional. En Basse-Normandie, 12 rencontres avec la population sont programmées du 7 au 15 novembre.

Mettant en avant leur travail commun en vue de la réunification de la Normandie, les deux présidents prennent soin de mettre en sourdine la question du choix de la capitale, Rouen et Caen revendiquant avec force ce statut.

Selon le calendrier national prévu, le projet de loi concernant la délimitation des régions et le calendrier électoral doit passer en deuxième lecture à la fin du mois au Sénat puis à l’Assemblée nationale fin novembre. Le projet de loi sur la clarification des compétences des collectivités est inscrit quant à lui au débat parlementaire début 2015.

 

LOGISTIQUE: Les conteneurs débarqués au Havre doivent être traités en Normandie

C’est tout l’enjeu d’une nouvelle conquête normande: que les milliers de conteneurs qui sont débarqués chaque année sur les quais du Port du Havre puissent être ouverts, et leurs marchandises traitées et rexpédiés depuis la Normandie sous peine de voir des norias de camions traverser notre région pour aller ailleurs avec leurs précieuses cargaisons tout en défonçant nos routes.

Après le projet de navette fluvio-maritime qui doit relier le porte du Havre à celui de Caen-Ouistreham pour l’acheminement des conteneurs des entreprises caennaises et bas-normandes, voici que va sortir de terre un grand projet de plateforme logistique à Honfleur, au pied du Pont de Normandie…

A condition que les contraintes environnementales fortes présentes sur l’estuaire de la Seine soient scrupuleusement respectées: on a vu qu’il y a trois ans, les associations écologistes ont réussi à faire condamner par le tribubal administratif de Rouen les études d’impact pour le creusement d’un tunnel ferroviaire sous-fluvial du port du Havre vers la rive Sud pour non respect des normes « Natura 2000 ». C’est bien dommage car ce projet ferroviaire sous-fluvial est la seule véritable solution pour un désenclavement logistique et ferroviaire du grand port maritime normand notamment vers le Sud et l’Ouest avec un projet de plateforme logistique à Mézidon-Canon (Pays d’Auge)


 

http://www.ouest-france.fr/plateforme-logistique-honfleur-le-permis-de-construire-dici-fin-2014-2909315

Plateforme logistique à Honfleur. Le permis de construire d’ici fin 2014

Honfleur – 11h15
  • La future platerofme logistique
  • La future platerofme logistique | Agence Franc

Une demande de permis de construire a été déposée à l’intercommunalité, au début de l’année. Depuis, elle est étudiée par les services concernés.

Reste qu’« il faut une autorisation particulière pour une installation classée de ce type, explique Pierre Lesens, directeur de l’agence Shema du Havre, aménageur du projet. Et que le permis de construire nécessite la tenue de deux enquêtes publiques : une sur l’installation classée » qui a pris fin hier, et une « pour le permis de construire, en consultation à la communauté de communes jusqu’au 29 octobre ».

 Sauf souci, le permis « devrait être délivré en fin d’année ». Le promoteur Concerto pourra ensuite commencer la construction de ce bâtiment intégré dans l’environnement avec un toit végétalisé.

La future plateforme logistique du parc Honfleur-Calvados, c’est quoi?

C’est un immense bâtiment de près de 12 ha contenant 19 cellules achetées par autant d’entreprises pour réceptionner des containers et palettes de marchandises en provenance des quais en Seine, et les dispatcher ensuite aux quatre coins du pays.

AFFAIRE GDE: La voix est libre sur FRANCE 3 BN

Alors que nous allons de rebondissement en rebondissement dans l’affaire de la décharge de Nonant le Pin, le Conseil régional de Basse-Normandie vient d’adopter une résolution prise à l’unanimité exigeant que les services du ministère de l’environnement prennent enfin toutes leurs responsabilités: la ministre, Ségolène Royal a été interpellée directement par les élus régionaux. L’affaire GDE sera le sujet de la prochaine diffusion de l’émission « La voix est libre » sur France 3 BN, samedi 18 octobre à 11h30. Alain Lambert, sénateur président du conseil général de l’Orne, mis en cause directement par les associations opposées à GDE sera invité à s’expliquer de même que le directeur du site, Hugues Moutouh, sur ses liens passés et supposés avec l’actuel ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve.


 

http://france3-regions.francetvinfo.fr/basse-normandie/2014/10/17/gde-le-conseil-regional-appelle-segolene-royal-agir-573210.html

GDE: Le Conseil Régional appelle Ségolène Royal à agir

 

Alors que le président de Basse-Normandie regrettait encore récemment le silence de la ministre de l’écologie sur le sujet, les élus de la région ont adopté à l’unanimité ce jeudi une motion demandant à Ségolène Royal de prendre une mesure de suspension

  • CM
  • Publié le 17/10/2014 | 09:50, mis à jour le 17/10/2014 | 09:51
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Si l’opposition a émis quelques réserves concernant le passage relatif à l’expulsion du camp, « cette expulsion s’est faite en application d’une décision de justice » a noté Bertand Deniaud, conseiller régional UMP, la motion sur le centre de stockage GDE de Nonant-le-Pin a toutefois été adoptée à l’unanimité.  « Tout le monde doit respecter le droit et les décisions de justice. Il en va de même pour GDE et les éléments récents démontrent bien que les décisions de justice ne sont pas appliquées en leur totalité« , a ajouté le conseiller d’opposition.

Cette motion sollicite l’intervention de la ministre de l’écologie. Ces dernières semaines, notamment lors du démantèlement du camp des anti-GDE, Laurent Beauvais, président de Basse-Normandie, a regretté le silence de Ségolène Royal sur la situation à Nonant-le-Pin. Cette motion, adoptée ce jeudi en séance plénière du Conseil Régional, demande à la ministre de « prendre, à titre conservatoire, et dans l’attente d’analyses complémentaires, une mesure de suspension de l’autorisation d’exploiter dont bénéficie actuellement GDE« .

UN SITE INTERNET pour réunifier le débat sur la réunification normande

L’Etoile de Normandie étant un site Internet normand dédié à l’unité normande mais réunifié depuis sa création, a le plaisir (avec un irrépressible sourire goguenard aux lèvres) de vous annoncer qu’ils vont lancer … un site INTERNET pour REUNIFIER le débat public sur la REUNIFICATION NORMANDE: à savourer sans modération sur l’excellent site 76actu  (MDR !!! tout de même…)


 

http://www.76actu.fr/reunification-de-la-normandie-%C2%AB-les-habitants-seront-consultes-sur-internet-%C2%BB_95511/

Réunification de la Normandie : « Les habitants seront consultés sur internet »

 

« La Normandie ne se fera qu’avec les Normands ». Les présidents des Régions Haute et Basse-Normandie annoncent la création d’un site internet pour faire avancer le débat.

Dernière mise à jour : 16/10/2014 à 17:54

Un site internet mutualisé à l’échelle normande va être mis en ligne « prochainement pour permettre à tout un chacun de contribuer au débat », ont annoncé, jeudi 16 octobre 2014, les deux présidents des Régions Haute et Basse-Normandie. .

Un site internet mutualisé à l’échelle normande va être mis en ligne « prochainement pour permettre à tout un chacun de contribuer au débat », ont annoncé, jeudi 16 octobre 2014, les deux présidents des Régions Haute et Basse-Normandie. (©Wikimedia Commons. Marco Farina.)

Lors de leurs séances plénières régionales respectives, Laurent Beauvais, président de la Région Basse-Normandie et Nicolas Mayer-Rossignol, président de la Région Haute-Normandie ont bien entendu évoqué LE dossier de la réunification, ces derniers jours.

Même si la loi n’est pas encore votée, nous sommes d’ores et déjà dans la préparation de la fusion des deux Normandie. Le travail technique est déjà en cours, les choses se mettent bien en place. Nous n’avons pas perdu de temps et sommes même en avance par rapport à la loi. La Normandie doit se faire pour les Normands, elle doit se faire avec eux », commentent Laurent Beauvais et Nicolas Mayer-Rossignol dans un communiqué commun, jeudi 16 octobre 2014.

– Le calendrier ? 
Le projet de loi sur la clarification des compétences des collectivités est inscrit au débat parlementaire du début d’année 2015 (travail en commissions dès le mois de décembre, puis en séance en janvier au Sénat). La loi concernant la délimitation des Régions et le calendrier électoral doit quant à elle passer en deuxième lecture au Parlement à la fin du mois d’octobre (au Sénat dès le 28 octobre puis à l’Assemblée Nationale fin novembre selon le calendrier annoncé). Compte tenu de ce calendrier, les services régionaux de Haute et de Basse-Normandie travaillent d’ores et déjà ensemble à l’harmonisation comptable afin de permettre l’adoption, début 2016, du premier budget normand.

– Les coopérations ? 
Laurent Beauvais et Nicolas Mayer-Rossignol annoncent avoir saisi dès la fin du mois de juin les CESER (Conseil économique, social et environnemental) de Normandie « afin de travailler sur les coopérations existantes et sur les politiques communes qui pourraient faire l’objet d’un rapprochement à la fois efficient et rapide. Le résultat de ce travail est attendu pour la fin de l’année. Cela fournira une base technique documentée pour nourrir les débats dès le début de l’année 2015. Les élus locaux y seront pleinement associés », annoncent-ils.

– Un site internet. 
« La Normandie ne se fera qu’avec les Normands », insistent les présidents de Région. C’est pourquoi un site internet mutualisé à l’échelle normande va être mis en ligne « prochainement pour permettre à tout un chacun de contribuer au débat ». Le groupe UMP-CPNT au conseil régional de Basse-Normandie a déjà lancé son site Internet « Ma Normandie demain » ouvert aux contributions depuis le 15 septembre 2014.

– Des réunions publiques. 

Nicolas Mayer Rossignol multiplie les rencontres avec les Haut-Normands à l’occasion de réunions publiques à Yvetot, Saint-Valéry-en-Caux, Serquigny, Gaillon et Val-de-Reuil, « pour échanger sur l’avenir de notre Région ».

La prochaine réunion se tiendra à Elbeuf le vendredi 17 octobre à 19h30.

De même, Laurent Beauvais organise du 7 novembre au 15 décembre, 12 réunions publiques qui, chacune, seront précédées de rencontres avec les agents des lycées qui font pleinement partie du personnel de la Région. « Consacrées à l’avenir de notre Région, à la réforme territoriale, à la fusion des Normandie, ces réunions sont l’occasion d’une large concertation. Ce travail démocratique sera poursuivi et amplifié ces prochaines semaines », annoncent les présidents.

Rouen, 76

 
Commentaire de Florestan:
 
Le collectif citoyen et républicain « Bienvenue en Normandie » en profite pour vous inviter à la première séance du 6ème séminaire « Normandie » de l’Université Populaire de Caen qui aura lieu le mercredi 12 novembre à 18h00 à l’auditorium du musée des Beaux Arts de Caen (entrée libre): il sera question d’un état des lieux de la question régionale normande, des perspectives  de l’unité normande prochaine et de la présentation du thème retenu cette année pour ce séminaire, à savoir celui de la capitale régionale- métropole normande.

 

BELLE VICTOIRE des défenseurs du patrimoine et des paysages: le Mont Saint Michel et sa baie doublement protégés…

Alors que les élus et décideurs de la  première destination touristique mondiale enlaidissent à la vitesse d’un TGV les paysages français à coup de ZAC, de ronds points, de zones prioritaires de ceci ou de cela, de lotissements pavillonnaires aussi mornes que médiocres, d’entrées de villes qui pourraient faire pâlir Las Végas, de permis de construire plus ou moins légaux selon la taille du dessous de table, d’éoliennes géantes brassant plus l’argent du contribuable que le vent, de lignes à haute tension zébrant les horizons, de bocages saccagés par le syndicat du crime agricole…  on apprenait, enfin, une bonne nouvelle, ou dumoins, on prenait connaissance de la tentative désespérée de l’Etat français d’apaiser la colère de l’UNESCO qui n’en peut plus de la désinvolture avec laquelle un site classé sur la liste du patrimoine mondial pouvait être traité par les élus, les haut-fonctionnaires français.

Grâce à la vigilance active et militante des défenseurs du patrimoine et des paysages, la baie et le Mont Saint Michel ont échappé il y a deux ans à des projets furieux d’implantation d’éoliennes géantes sur les collines entourant la Merveille à plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde: l’UNESCO avait alors menacé d’oter son précieux label au site si ces projets étaient maintenus.

La vigilance de l’UNESCO aiguillonnée par les associations de défense des paysages, à commencer par la SPPEF (Société protectrice paysage et esthétique de la France) a été maintenue jusqu’à ce jour car les travaux du rétablissement du caractère maritime du Mont Saint Michel s’achèvent avec une polémique au sujet d’une tranchée percée dans le rocher sacré et sur la hauteur de la future câle d’accès qui fera comme un dôme de béton posé devant l’entrée du  Mont…

Le Mont Saint-Michel vu depuis le carré militaire marocain du cimetière du bourg de Montjoie Saint-Martin (canton de Saint-James) 

Pour calmer le jeu, l’Etat a donc sorti le grand jeu: le Mont et la baie bénéficieront d’un double périmètre de protection visuelle contre toute construction aggressive, dysharmonieuse avec le paysage en co-visibilité avec le Mont: ce périmètre a même été étendu aux « Montjoie », c’est à dire à toutes les collines environnantes qui offrent des bélvédères sur le Mont Saint Michel: ces « Montjoie » étaient repérés dès le Moyen-âge par les pélerins sur les chemins « Montois » lorsque de la hauteur, ils avaient la joie d’apercevoir enfin le Mont Saint Michel. Ces lieux culturels et naturels feront l’objet d’une protection particulière pour éviter leur saccage visuel…

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Les prochaines élections régionales auront bien lieu en décembre 2015

Des rumeurs insistantes évoquaient un nouveau report du calendrier électoral. Mais le Premier ministre et le président de la République ont confirmé le calendrier: les élections régionales auront donc bien lieu en décembre 2015. On peut raisonnablement penser que ce scrutin crucial pour l’avenir de la Normandie se déroulera dans le nouveau cadre territorial normand. Manuel Valls devra confirmer très précisément ce point lors de son discours de politique général au Parlement qu’il a prévu de prononcer le 28 octobre prochain à l’occasion du retour en seconde lecture devant le Sénat du projet de réforme territoriale.


 

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/10/16/97001-20141016FILWWW00168-matignon-confirme-le-calendrier-electoral-2015.php

Matignon confirme le calendrier électoral 2015

      • Par Le Figaro.fr avec AFP
      • Mis à jour le 16/10/2014 à 13:19
Les élections départementales (ex cantonales) se tiendront bien les 22 et 29 mars 2015 et les élections régionales « en décembre », a confirmé ce matin Matignon, démentant fermement un possible nouveau report évoqué par Les Echos.

Le quotidien Les Echos, citant « plusieurs sources parlementaires et gouvernementales », affirme ce matin que le gouvernement chercherait à repousser les cantonales en décembre 2015 et les régionales en mars 2016. « Le gouvernement dément formellement cette information erronée. Comme annoncé par le premier ministre lors de son discours de politique générale, les élections départementales auront lieu les 22 et 29 mars et les élections régionales en décembre 2015 », a notamment réagi Matignon.

Manuel Valls avait dévoilé la date exacte des départementales lors d’un déplacement à Toulouse la semaine dernière. « le Premier ministre aura l’occasion de réaffirmer sa volonté d’organiser les élections aux dates annoncées lors de son discours de politique générale, lors de la déclaration qu’il fera devant le Sénat le 28 octobre sur la réforme territoriale », a-t-on ajouté.

François HOLLANDE avait lui aussi confirmé que les régionales « se tiendront bien en décembre 2015 ».

La Normandie ce n’est pas le FAR WEST !

Les Français seraient de plus en plus nombreux à fuir la région parisienne qui concentre encore plus de 20% de la population totale et surtout qui réalise la majeure partie du 5ème PIB mondial. Et de rechercher une meilleure qualité de vie, voire pouvoir changer de vie en se mettant au vert et au soleil. Sauf qu’entre la carte postale des vacances et la réalité quotidienne d’une nouvelle vie en « province » il y a, parfois, un monde. Le « Sud » attire de plus en plus au risque de décevoir de plus en plus. La région lyonnaise tout comme Nantes et Toulouse ou Bordeaux sont les métropoles qui attirent le plus car la combinaison entre opportunités professionnelles et qualité de vie serait la meilleure. L’Ouest se transformerait donc autour de Nantes et Rennes en… Far West auquel échappe encore la Normandie pourtant rattrappée dans l’Eure, par la 4ème couronne de banlieusards de la région parisienne avec pour corrolaire l’alignement des prix immobiliers normands sur les prix franciliens.

La Normandie est donc tiraillée entre la banlieusardisation lointaine de la région parisienne et l’attractivité des métropoles ligéro-bretonnes.

Si l’on veut éviter l’écartèlement de la Normandie, il faut réunifier au plus vite et créer cette fameuse métropole normande en réseau autour de Caen, Rouen et Le Havre dont on parle maintenant depuis plus de 20 ans !


 

http://www.lexpress.fr/region/quitter-paris-pourquoi-l-herbe-est-elle-plus-verte-ailleurs_1610305.html

Quitter Paris: pourquoi l’herbe est-elle plus verte ailleurs?

Dossier réalisé par Yves Deloison, publié le 16/10/2014 à 13:20

Fuir la ville pour la campagne, passer de l’est à l’ouest, d’un appartement à une maison, se reconvertir, lancer son entreprise… les formes de migration sont multiples, les aspirations aussi. Enquête sur la mobilité des Français. 

Quitter Paris: pourquoi l'herbe est-elle plus verte ailleurs?

Chaque année, environ un million de Français d’entre eux changent de région – ici, Benet, en Vendée.

« Quand on a acheté notre maison complètement isolée au fin fond du Perche pour y passer week-ends et vacances, on ne s’imaginait pas une seule seconde y vivre au quotidien. C’est en venant régulièrement et en ayant une vie sociale à laquelle on ne s’attendait pas qu’on a commencé à se projeter ici. » Comme Emmanuelle Walter, coauteure du livre Quitter Paris… ou pas ?(Parigramme), et son conjoint, beaucoup de Français déménagent pour d’autres horizons.  

Chaque année, environ un million d’entre eux changent de région et ils sont 200000 à quitter l’Ile-de-France pour des destinations en tout genre. « Aujourd’hui, les espaces qui gagnent en population sont plutôt les zones littorales du sud-est mais aussi de l’ouest », pointe Sylvie Marchand, chef du département de l’activité régionale de l’Insee. La région Provence-Alpes-Côte-d’ Azur reste la destination la plus prisée des Français. « Dans notre société, les lieux désirables ont changé au cours du siècle dernier. 

Alors qu’au XIXe siècle, les migrations s’effectuaient au gré du travail, en direction des mines du Nord et de l’Est par exemple, elles ont depuis plutôt ··· évolué en fonction du développement des espaces touristiques, constate Jean Viard, sociologue et auteur de L’éloge de la mobilité (Ed. de L’ Aube). C’est ainsi que le sud est devenu petit à petit la destination phare. Environ 120 000 Français, dont 60000 retraités, s’implantent chaque année entre Perpignan et Nice. » Si l’emploi reste néanmoins le moteur principal des migrations, d’autres paramètres influencent fortement les choix opérés par les Français.  

« La proximité des équipements éducatifs ou de santé, les commerces ou les services à disposition, les activités socioculturelles ou sportives, les types de logements disponibles, l’environnement et les paysages apparaissent comme essentiels, résume Sylvie Marchand. C’est la combinaison de ces différents éléments qui permet aux candidats à la mobilité de se projeter ailleurs avec comme objectif de gagner en qualité de vie. » 

Plus sain, plus humain

Changer de région, c’est d’abord et avant tout privilégier un autre rapport à l’espace et au temps : vivre dans une maison individuelle, profiter d’un jardin ou d’une forêt à proximité, pouvoir circuler à vélo ou à pied sans risque, réduire le rythme professionnel ou au moins le temps nécessaire pour se rendre sur son lieu de travail. Bref, revenir à un monde plus sain, plus vert, plus humain. Et tenter de redonner du sens au quotidien. 

« C’est fou ce qu’on accepte de vivre parfois, s’étonne Emmanuelle Walter. En Ile-de-France, par exemple, on est comme des warriors, fiers de rester dignes même dans les pires circonstances, pressés comme des sardines dans le métro ou avec nos énormes sacs de courses à bout de bras à travers les rues. 

On accepte des contraintes inouïes de logistique ou de pollution jusqu’au jour où on se dit que ça devient ridicule puisqu’on ne profite même plus des plaisirs qu’est censée offrir une ville comme Paris. Alors qu’à la campagne, le rythme est différent, le rapport à l’espace change. Ramasser un légume au potager ou chercher les oeufs à la ferme d’à côté sont des gestes porteurs de sens. » 

Quitter Paris pour casser le rythme métro-boulot-dodo, c'est le voeu de beaucoup.

Quitter Paris pour casser le rythme métro-boulot-dodo, c’est le voeu de beaucoup.

Mais attention aux illusions qui peuvent se cacher derrière la douceur d’un climat, la beauté des paysages ou le charme d’une vie de village. Viviane Mignon et son mari cultivaient un rêve de longue date, celui de vivre sous le soleil de Provence. Après cinq années passées au rythme des cigales, ils ont regagné le Nord. « Il a fallu se rendre à l’évidence, dit-elle. Cette région ne nous procurait pas le bonheur escompté. » Carence de liens sociaux, contraintes financières… le couple accumule les griefs contre ce territoire. « Nous avons confondu vacances et vie réelle, reconnaît-elle. Depuis, je sais que le soleil ne fait pas tout et qu’il faut arrêter de croire que telle ou telle région est idéale. Tout dépend surtout de soi. »  

Une fois installés, certains regrettent la vie culturelle ou associative de leur ancienne vie ou l’absence de transports en commun (ceux qu’on fuyait, pourtant…). D’autres, comme Viviane, se plaignent du coût de l’immobilier. « Le prix du foncier entre Montpellier et Nice est devenu inaccessible, confirme Jean Viard. Le processus de migration vers la façade méditerranéenne, la Côte d’ Azur en particulier, qui a commencé dans les années 1960 arrive à présent à saturation. Et si vous filez entre Narbonne et Perpignan, il est moins élevé mais là, les candidats à l’installation font face à un déficit d’entreprises et d’emplois. » Pour lui, le sud-est peut donner l’impression d’être une région parfois aussi dure que l’Ile-de-France ou la capitale. « Malgré l’image attractive de Marseille, beaucoup ne veulent pas y rester car c’est une ville compliquée et tendue », ajoute-t-il. 

D’autres territoires en vogue sont perçus en revanche comme propices à une implantation réussie. « Les flux évoluent car l’Ouest a contre-attaqué intelligemment dans les années 1980 en développant une communication articulée autour de l’authenticité, reprend Jean Viard. La politique événementielle autour de l’océan ou du monde de la voile, avec le Vendée Globe par exemple, contribue à créer de l’imaginaire et porte ses fruits en terme de séduction. »  

Bien des territoires se sont engouffrés dans la faille. Pour devenir attractifs, les régions racontent à présent une histoire autour d’un terroir ou d’une atmosphère afin de créer du désir. « Une ville comme Lille, depuis longtemps dirigée par des élus passionnés de culture, a su se donner de l’éclat en restaurant son patrimoine et a développé une politique événementielle autour du culturel, poursuit le sociologue. Lille capitale européenne de la culture en 2004, ou plus récemment Lille 3000, forment la légende. » Résultat, la capitale des Flandres attire une population pourtant souvent rétive au Nord. 

Globalement, grâce à ce style de médiatisation, toutes les grandes aires urbaines telles que Toulouse, Nantes, Rennes, Montpellier ou Bordeaux sortent gagnantes du match démographique qui se joue dans le pays. Les 13 plus grandes villes recensent 20 % de la population française au centre ou en périphérie et bénéficient de 30% de la hausse démographique générale du pays. Marseille-Aix gagne près de 8 000 résidents tous les ans.  

Selon l’enquête Apec « Attractivité des métropoles et emploi cadre », réalisée en 2014, « la moitié des cadres du privé travaille dans les huit métropoles les plus importantes pour l’emploi cadre : Grand Paris, Lyon, Aix-Marseille- Provence, Lille, Toulouse, Nantes, Bordeaux et Grenoble. » Hors Paris, c’est Lyon qui remporte la palme des villes les plus attractives en matière de carrières et Bordeaux, Montpellier, Nantes et Toulouse s’illustrent pour la qualité de vie qu’elles représentent aux yeux des sondés. Autre voie importante de mobilité géographique pour Sylvie Marchand, « une partie importante des migrations s’opère en direction des régions limitrophes de l’Ile-de-France. » Dans l’Eure, à Vendôme, Chartres, Orléans, mais aussi « dans tout le grand périurbain parisien y compris des villes de Picardie telles que Beauvais ou Amiens, remarque Jean Viard. 

D’ailleurs, ces villes ou d’autres, à l’instar de Clermont-Ferrand ou de Bourg-en-Bresse, apparaissent souvent comme des havres de paix alors que beaucoup ne s’imaginaient même pas y vivre. Mais une fois sur place, ils apprécient vraiment ces endroits où, en général, on respecte les règles de sociabilité et où l’on peut notamment trouver de bonnes écoles ainsi que des places en crèche. » 

Besoin de vivre mieux

Bien sûr, selon l’âge, les motivations de la mobilité diffèrent : « Les plus jeunes partent finir leurs études ou décrocher leur premier emploi à Paris ou dans une grande ville, constate le sociologue, puis vers 27 ou 28 ans, au moment de construire leur couple ou quand les enfants naissent, ils migrent vers la province car ils pensent y vivre mieux et bénéficier de plus de commodités. » Le niveau de confort et de bien-être proposé par un territoire motive aussi le choix des retraités.  

Tout plaquer pour une nouvelle vie.

Tout plaquer pour une nouvelle vie.

REUTERS

« Même si tous ne passent pas à l’acte, 48% d’entre eux rêvent de quitter leur région à la retraite, poursuit Jean Viard. Et près de 50000 retraités parisiens le font chaque année. Beaucoup retournent sur leur terre d’origine ou celle de leur conjoint ou choisissent la région qu’ils ont aimée pendant leurs congés parce qu’ils la connaissent bien. Finalement, la retraite est vécue comme de longues vacances. »  

Mais les retraités qui ont passé leurs étés au Guilvinec vont plutôt se retirer à Quimper pour bénéficier des commodités qu’offre la ville. En outre, ils y ont aussi leurs repères, connaissent les commerçants et possèdent souvent un réseau social. Cela explique le succès d’une agglomération comme Les Sables-d’Olonne qui compte 40 000 habitants et cumule donc les avantages d’une ville avec un hôpital, des cinémas ou une piscine municipale tout en étant au bord de la mer. « Les immeubles de deux ou trois étages qu’on voit fleurir dans ce genre de petite ville sont d’ailleurs construits pour eux », remarque Jean Viard.  

Enfin, du côté des communes rurales, l’Insee constate qu’il n’y a globalement pas de perte de population, contrairement à ce qu’on imagine encore souvent. « Certaines d’entre elles en gagnent même, en particulier celles qui se situent dans un périmètre de cinquante kilomètres autour d’un centre urbain », précise Sylvie Marchand. Car c’est la ville qui reste le plus souvent attractive, quel que soit l’âge ou la situation des candidats à la mobilité. Si l’on pouvait enfin les construire à la campagne…  

Ils en rêvent, mais…

« Depuis toute petite, je rêve de la Provence, lance Caterina Piredda, 34 ans qui vit dans les Yvelines. Au fond de moi, je sais que mon bonheur se situe entre mer et montagne. Cela me hante, mais je n’arrive pas à franchir le pas. » Peur de se tromper ou d’être déçue ? « Pour un certain nombre de personnes, la frustration est le bénéfice névrotique du rêve, analyse Luce Janin-Devillars, psychanalyste, auteure du livre Changer sa vie (Michel Lafon). « Ce qu’on désire et qu’on ne met pas en pratique évite de se confronter à la réalité. C’est un imaginaire idéal et merveilleux, alors que lorsqu’on passe à l’acte, on sait que tout ne sera pas rose et que des ajustements seront nécessaires. »  

Mais l’indécision peut être temporaire. « Avant de s’engager, certains ont besoin de temps pour élaborer leur projet », constate la psychanalyste. Pour faire le tri entre freins imaginaires et véritables obstacles, elle propose de lister tout simplement ce qui empêche le candidat au changement de se lancer et d’examiner le résultat. « On s’aperçoit ainsi que la contrainte réelle qui empêche de changer de région est souvent limitée. » Dont acte? 

 

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