Je voulais aller voir ce que devenait le couvent des Dominicains, rue de Joyeuse. Là où on prévoit la construction d’une résidence prétendue haut de gamme. Je n’ai rien vu. Certes, on s’y s’active, mais portes closes. A l’arrière, rue Sainte-Marie, côté du grand jardin, rien n’est démarré. A voir l’affaire affichée sur les panneaux […]
CDLXXII.
Dans les conditions actuelles, il est malvenu de nous parler d’élections municipales. Supputer chances des uns, malchance des autres, attentisme des troisièmes. Attendons le vrai printemps. Puis l’été, les vacances peut-être ? Allez, disons la rentrée, ce sera suffisant. Vrai, on ne parle que de ça : de politique. Pas le moment de parler d’élections. Encore que, […]
CDLXXI.
Il y a peu, je n’ai pas mis en doute l’existence d’un bouquiniste au bas de la rue Cauchoise. Une distinguée lectrice (toutes ne le sont pas) a voulu me prouver que j’avais tort. Elle a fait un portrait si flatteur des lieux que, toutes craintes dehors, j’ai renoncé à m’y rendre. Sinon les bibliothèques […]
CDLXX.
Pour qui s’en souvient, il était, autrefois (disait-on) dangereux de déambuler, la nuit, dans rue Damiette. Légende à demi vraie, elle valait pour d’autres rues ou quartiers. Vieil adage, on le sait : chacun voit midi à sa porte. Cela dit, la rue Damiette a changé. Ni en bien, ni en mal. Personne, de nos jours, […]
CDLXIX.
Faut-il s’agiter à propos des prochaines élections municipales ? S’agiter à ce point et déjà ? Tant de précipitations, déductions, spéculations et autres tions. La route est encore longue me semble-t-il. Le plus drôle, au fil des vraies-fausses nouvelles est de constater qu’on tire sur les plus grosses (et vieilles) ficelles du métier. C’est ainsi qu’on nous […]
CDLXVIII.
Beaucoup de vies fixes ou mouvantes se rapportent à la rue Cauchoise. Comme Beauvoisine, elle constituait autrefois l’axe pour s’évader. Vers les hauteurs, les campagnes. L’ailleurs qui n’était pas Paris. Bref, nous voici dans des rues historiques et littéraires. Flaubert pour la seconde, Maupassant (à vérifier) pour la seconde. Historiques et littéraires, à Rouen elles […]
CDLXVII.
Quelqu’un qui a vieilli, c’est Anny Duperey (quel mufle !) Laquelle ne s’est jamais nommée Duperey, ni Anny. Lorsque nous étions jeunes (elle plus que moi) on l’appelait Annie Legras. Un père photographe, une tante infirmière, la tragédie qui la laissa orpheline, etc. Inutile de rappeler tout ça, elle l’a écrit et bien écrit. Elle a […]
CDLXVI.
Une des dernières antiquités rouennaises est, sans conteste, la petite cahute de gardien à voir encore dans le jardin de l’Hôtel de Ville. Elle est près de l’entrée, au débouché de la rue Abbé de l’Épée. A l’évidence, dans la cahute, plus de gardien. Et depuis longtemps. Encore un emploi de perdu ! Encore une victime […]
CDLXV.
Tous l’ont oublié, mais pourtant. De nos jours, on a des difficultés à croire que la place de l’Hôtel de Ville fut le centre de Rouen. Ou à peu près. On y trouvait, outre la mairie, la caserne des pompiers, l’essentiel des tramways, le siège du grand journal local, le commissariat central de police, une […]
CDLXIV.
Personne ici ne connaît la place du 19 avril 1944. Tout le monde connaît la place des Floralies. Ne cherchez pas, c’est au même endroit. La première, celle qui date, commémore The bombardement of the War. La seconde, un très ancien marché aux fleurs qui se trouvait par-là. Non pas par là, par là. Place […]
CDLXIII.
Trois chroniques sur Jean Lecanuet, est-ce trop ? Tout dépend de l’âge du lectorat. Si je m’appesantissais sur le déménagement de l’École des Beaux-arts, l’intérêt serait plus immédiat. Ce même Jean Lecanuet qui, au tournant des années soixante-dix, tonnait contre les étudiants d’icelle. Et pourquoi donc ? Parce que ces godelureaux, escholiers d’un autre siècle, saucissonnaient dans […]
CDLXII.
Retour sur la commémoration des 20 ans de la disparition de Jean Lecanuet. Vrai, au national, l’homme ne rappelle plus grand-chose. Sinon à faire admettre qu’ayant fusillé le Centrisme pour longtemps, il accompagna les réformes de Valéry Giscard d’Estaing avec plus de retenue que de conviction. Force est de se reporter sur son rôle d’élu […]
CDLXI.
Avec une nonchalance guindée, on commémore le vingtième anniversaire de la mort de Jean Lecanuet. Pour la circonstance, celui qui eut longtemps une stature nationale, est ramené à la portion locale. Réunion réfrigérante sur sa tombe, meeting éteint à la Halle aux toiles et messe à Ste-Jeanne d’Arc. Pour le cinquantenaire, que fera-t-on ! Ce n’est […]
CDLX.
En quelques jours, sinon quelques heures, la ville s’est couverte d’avis de recherche. Il s’agit d’une disparition. Un homme jeune, sortant d’un bar, un soir, le 31 janvier dernier. Depuis, plus de nouvelles. On tient avec ça. Il se prénomme Emmanuel. Son portrait, presque un instantané, montre un visage passe-partout, à la mode. A s’y […]
CDLIX.
Rouen était naguère une ville de rumeurs. Combien en avons-nous connues ! Et commentées. Des un peu vraies, quelques-unes souvent fausses. Toutes alimentant les conversations de bistrot. On en tire aujourd’hui de solides études sociologiques. Il y fallait avant tout du sexe, de l’argent, de la notoriété. Au delà, rien qui vaille. Certaines semblent avoir la […]
CDLVIII.
Ce qui disparaît, ce sont les gens. Si leur souvenir reste, que dire de la voix, des attitudes, du visage ? Passe encore du caractère ou des anecdotes, et des phrases revenues. Qui nous reviennent. Aussi les photos et les réminiscences. Celles-ci, durables ou fortuites. Chacun connaît ça : pourquoi ai-je pensé à Untel ou Unetelle ? Tiens, […]
CDLVII.
Encore une chose oubliée : la venue ici de René Goscinny et d’Albert Uderzo. Séance de dédicace. Cela se passait dans le hall de Paris-Normandie (à l’époque, place de l’Hôtel de Ville). 1965 ou 66 ? Sans aller plus loin, n’était-ce pas à l’occasion de la sortie d’Astérix chez les Normands ? Que les amateurs nous écrivent, ils […]
CDLVI.
Aimez-vous le théâtre ? Moi, beaucoup. Enfin autrefois car je n’y vais plus guère. Mes goûts ne sont plus d’aujourd’hui. Mon enthousiasme non plus. Et puis, les théâtres jouent si peu. A peine annoncées que les représentations s’achèvent. Ou qu’elles affichent complet. Ainsi ai-je voulu aller voir Une Odyssée, spectacle d’Irina Brooks (c’est la fille). C’était […]
CDLV.
Nos municipaux ont le projet arrêté de transférer l’École des Beaux-arts. Il va s’agir, pour étudiants et professeurs, de monter à la Grand-Mare. Adieu l’Aître Saint-Maclou, bonjour le collège Jean-Giraudoux. Ses locaux sont, paraît-il, vides. La Guerre de Troie aura-t-elle lieu ? On s’en doute, étudiants et professeurs refusent de jouer la pièce. Pourquoi ? Ils ne […]
CDLIV.
Côté anniversaire, on va commémorer les vingt ans de la mort de Jean Lecanuet. Vingt ans ! Quel bail ! Que reste-t-il, ici de Jeannot ? Pas grand-chose, j’ai l’impression. Une sourde rancœur, un peu diffuse. Certes, quelques badernes vont se réunir et se tenir au garde-à-vous. Ce sera surtout histoire de se congratuler. De se faire une […]
CDLIII.
Les médecins d’aujourd’hui sont d’aimables fantoches. Leur idéal est qu’on s’agite, qu’on coure, qu’on marche. Ils veulent sauver votre corps comme d’autres votre âme. Jadis, à Saint-Patrice, l’abbé vous engageait à dire trois Pater et six Ave. Ici et maintenant, nos modernes Knock nous forcent au sport et au mouvement. Vous voulez le Ciel ? Adhérez […]
CDLII.
On a davantage de lecteurs lorsqu’on fait rire. Sourire, on en a déjà moins. Si l’on est sérieux, on entre dans une troisième catégorie, celle des pas l’ temps de lire. Avant de commencer cette énième chronique, je pensais amuser. Je ruminais des blagues à propos de la mairie et du changement de nom du […]
CD.LI.
Nous voici au Théâtre des Arts. C’est mercredi. Ce sont les vœux du maire. La demi-salle patiente en regardant d’un œil le film Je suis Rouen. Au fil des passages et repassages, on se surprend à en trouver la bande sonore entêtante. Renseignons-nous. Et apprenons (que ferait-on sans Internet) qu’il s’agit d’un morceau du groupe […]
C.D.L.
Une vieille pièce d’un auteur nommé René Fauchois s’intitule Prenez garde à la peinture. René Fauchois est né à Rouen (il y a longtemps). Il est aussi connu pour avoir signé Boudu sauvé des eaux dont Jean Renoir fit un film amusant. René Fauchois a beaucoup écrit. Sans doute trop. J’ignore ce que raconte Prenez […]
CDXLIX.
Durant les fêtes, Yvon Robert, vieux grognard de l’Empire, n’est pas resté les bras croisés. De chevalier, il est passé officier de la Légion d’honneur. La nouvelle a paru au bulletin officiel de la Grande Armée. A quoi notre maire doit-il cette promotion ? On prétend qu’elle émane du ministère impérial de l’instruction publique, signalant ainsi […]
CDXLVIII.
J’ai évoqué la rue Percière, son bar Le Club, sa tenancière (une certaine Édith) et les joyeuses soirées qu’on y passait. Ces soirées, plus d’un d’entre nous les trouveraient aujourd’hui sinistres. N’empêche, je me dois d’être conforme à ces souvenirs. Aux miens, en l’occurrence. Le Club était un bar d’habitués, de nuit, à filles. Ni […]
CDXLVII.
Réveillon de la Saint-Sylvestre dit-on. Belle maison du quartier Jouvenet, véranda chauffée, une vingtaine de personnes. L’assistance : fonctionnaires de l’éducation nationale, professeurs, quelques cultureux, un ou deux vieux décatis comme moi. Je m’ennuie mais arrive à le cacher. Les conversations roulent sur les sujets du jour, pas de politique (un peu tout de même), Gérard […]
CDXLVI.
Celle des fêtes n’est pas ma période. Du 5 décembre au cinq janvier, qu’une hâte : que ça se termine. Consommation, airs de fêtes, mines réjouies (vraies ou fausses), je suis au supplice. Suis-je le seul ? Mais bon, patientons. Viendra (peut-être) le temps où nous serons majoritaires. Et les autres minoritaires. Tout sera alors (un peu) […]
CDXLV.
Voulez-vous une leçon de philosophie politique ? La scène se passe en mairie, il y a peu. Il s’agit pour les municipaux, et les habitants du quartier, de deviser gaiement sur l’avenir de la rue de l’Hôpital. Trop de voitures, pas assez de piétons, comment y remédier ? Simple : à un bout (côté place) une borne télescopique ; […]
CDXLIV.
Déjeuner à la Brasserie Paul, rituel qu’avec Éva on perpétue, depuis que Molineux n’est plus. Nos conversations se resserrent. L’âge et le temps. Cela fait combien d’années que nous venons ici ? Des lustres au sens strict. Vents et marées. A reprendre nos souvenirs, depuis la disparition du Vieux-Marché (le vrai) et son remplacement par cette […]