CCCLIII.

Dans un roman policier récent, l’auteur écrit… Non, exactement, le traducteur écrit : elle enfila une paire de jeans. On n’y prête plus d’attention de nos jours (je veux dire : à la phrase). J’aurais connu les temps du blue-jeans, du jeans, puis de la paire. Laissons pour rien denim et Levi, coquetteries de fashionables. […]

CCCLII.

Sauf vot’ respect, la rue Louis-Ricard est sens dessus dessous. Travaux dit-on. Ils ne modifieront en rien la physionomie de cette rue qui change et ne change pas. Toujours son esprit XIXe. Esprit qu’elle conservera tant qu’une municipalité désœuvrée ne décidera pas, un soir de conseil, de l’affubler d’un autre nom. Celui-ci faisant oublier, de […]

CCCLI.

Une récente chronique m’a amené à une incidence sur Pierre-René Wolf, directeur et fondateur de Paris-Normandie. Mort pour mort, j’étais à l’inhumation du premier, en avril 1972. Avec un certain aplomb, fort de mes souvenirs, j’ai écrit ici : jamais eu aussi froid. Une vigilante lectrice me rappelle à l’ordre des souvenirs : je ne pouvais avoir […]

CCCL.

Que penser de la campagne électorale ? Patienter en attendant les résultats. De mon côté, le choix est fait et je n’en changerai pas. Quoiqu’il arrive ? Oui et que pourrait-il arriver ? L’apocalypse ? Vous plaisantez. Non, ce qui retient, c’est le remue-ménage que cela occasionne. Ça et la prétendue vérité des personnages. Il y a quelque temps, […]

CCCXLIX.

Encore une chronique refusée ! Vagabondant de souvenirs en souvenirs, je pensais à Bob Bucher, barman de l’Escale, rue Jeanne d’Arc, puis propriétaire de l’Hôtel de la Poste à Duclair, enfin tenancier d’une boutique d’alcools à l’angle de la rue Massacre et Émile Verhaeren… Mais tu as déjà raconté ça ! m’assène Jérôme. Et il n’y a […]

CCCXLVIII.

Pourquoi le nier, il m’arrive de déjeuner place Saint-Marc. Toujours dans cet établissement nommé La Boucherie, chaine industrielle ni meilleure ni pire. C’est vaste, décor passe-partout, on n’y est pas les uns sur les autres et le service est comme j’aime : attentionné ni trop. On y mange ce qu’on y mange, sans y penser, de […]

CCCXLVII.

Pourquoi notre quotidien se meurt ? Longtemps, tel le Narrateur, j’ai pris mon petit-déjeuner au Café des Postes. Chaque matin ou presque, pain beurre, grand café crème, lecture des journaux. Il paraîtrait qu’il s’agissait du Café de la Poste. Possible. J’ai du confondre. En tous cas, je maintiens. Donc, au Café du-des, on trouvait Le Figaro, […]

CCCXLVI.

Cela ne chagrine que les nostalgiques, il n’empêche : la mort annoncée de notre vieux Fanal de Rouen ne fait que renforcer cette impression de dégringolade dont nos élites locales se satisfont (quand elles ne la revendiquent pas !) Fidèle lecteur, le feuilletage du canard me prend, chaque matin, de moins en moins de temps. Depuis plusieurs […]

CCCXLV.

Ce qui se passe ici ne m’amuse pas plus que ça. On le prétend aux entours : Rouen va perdre son triple A. Il s’agira, dans le désordre, des A d’ambition, d’amitié et de caractère. Les lecteurs vigilants remarqueront que caractère ne commence pas par un A. Ils auront raison. C’est que j’écris déjà après la […]

CCCXLIV.

On me trouvera optimiste mais tant pis. Figurez-vous que je suis allé à la Foire Saint-Romain. Oui, encore une fois. Peut-être la dernière me suis-je dit. Ça fait combien de Saint-Romain depuis que je suis au monde ? A quatre-vingt ans passés, disons presque chaque année, moins celles de la guerre, entre soixante et soixante-dix foires ? […]

CCCXLIII.

Une de mes dernières chroniques portait sur ces angoissantes et contemporaines questions : faut-il que la ligne Sept croise la Douze ? Faut-il que le Métro avance ou recule ? Faut-il plus ou moins de parkings-relais en périphérie ? Sur ces sujets, la réflexion municipale se dirigerait vers un stationnement réservé aux habitants et un autre réservé à […]

CCCXLII.

Autre chose en ville, et qui aussi s’efface : les stations-service. On ne cesse de vouloir nous cerner avec déplacements, parcages, covoiturage, bicyclettes, autobus doux ou hard… D’accord oui, mais voilà, il n’y a plus de pompes à essence. Ce n’est pas à regretter notez-le (si, un peu tout de même). Il fut un temps où […]

CCCXLI.

Ce jour, mercredi 2 novembre, feuilletant Le Fanal de Rouen, j’apprends la mort de Marianne Lamy. Long avis de décès avec la mention qui dit l’essentiel, à savoir qu’elle fut ici bibliothécaire de 1962 à 1999. Quarante ans de lecture publique ! Que d’histoires à raconter ! Oui, surtout comme amie des livres et des lecteurs. Car […]

CCCXL.

Ainsi croyant aller à la Taverne Saint Amand (ce qui déjà, en soi…) j’allais en réalité, de mon plein gré mais à mon insu, à la Taverne St Amant. Ce que c’est que d’avoir des lettres et de l’oublier ! Par bonheur, il ne manque pas d’attentifs lecteurs pour me rappeler à l’ordre. J’en ai bien […]

CCCXXXIX.

A l’occasion d’une passation de relais, on met à l’actualité la Taverne Saint-Amand (sur la place du même nom). J’ai, il y a une bonne vingtaine d’années, passé là des nuits mémorables. A ce point mémorable que je ne m’en souviens pas. Rien à dire donc du lieu ni de l’homme de l’art dont le […]

CCCXXXVIII.

Tant d’invitations ! Le vertige me prend devant la pile des cartons. Chacun d’eux réclame un effort. Me secouer, m’habiller, sortir… Que ce soit concert, exposition, inauguration, première (rares désormais)… tout m’ennuie ou m’effraie. Que vais-je apprendre, qui vais-je rencontrer ? D’avance, je sais que mes émotions seront d’un autre ordre. Passons discours, démonstrations, analyses (aïe, aïe)… […]

CCCXXXVII.

Il semble que, du côté des rayonnages des bibliothèques publiques, on se lasse. De quoi ? Surtout de l’enlisement. Jusqu’ici on pataugeait, à présent on perd pied. On a commencé par manquer d’idées, puis de courage, et pour finir, de personnel. Bientôt on manquera de livres. Prenez-donc un dvd cher abonné… lesquels, on le sait, dureront […]

CCCXXXVI.

Ce vendredi, à l’Hôtel de Région pour un hommage à Pierre Garcette. Hommage tardif mais véritable sous l’intitulé L’Ivre d’Art. Tout était dit pour la majorité, ce soir là, d’entre nous. Les vieux de la vieille, voilà ce que j’ai pensé en pénétrant dans la salle. Quoique, à la réflexion, non, car ceux d’autrefois étaient […]

CCCXXXV.

Jérôme, neveu fidèle, s’occupe des contingences de Rouen Chronicle. Il m’additionne les connexions, les visites, les hits (qu’est-ce ?) et autres technicités. Bref, voici ma cheville ouvrière. A ce titre, il m’affirme que la chronique la plus lue (du moins la plus visitée) est celle où j’évoquais, il y a deux ou trois ans, les changements […]

CCCXXXIV.

La mort de François Tonsard, qui s’annonce, me fait ressouvenir des années passées. Tant de choses nous séparaient, tant nous rapprochaient. Dire que je vais perdre un ami serait trop ; plus exact est de dire qu’une part de moi-même s’en va. Tout (ou presque) de ce qu’il aimait m’était étranger. Et l’inverse. Rien de plus […]

CCCXXXIII.

A peine ai-je voulu faire de Rouen Chronicle une tribune politique que mon projet s’effondre. Du moins s’effrite. Un vieil ami, expert en la matière, m’affirme qu’au soir du 6 mai 2012, le président de la République se nommera François Hollande. Cet ami, au demeurant journaliste retraité, a toujours prédit (déduit ?) le nom du vainqueur […]

CCCXXXII.

Arrivé place du Vieux-Marché, j’entre au musée Jeanne d’Arc. Dès le seuil, m’avise une sorte de gardien (qui n’en a que l’air). Bonjour, dis-je, je viens pour les Primaires socialistes. – Ah, ce n’est pas aujourd’hui, c’est la semaine prochaine. L’homme poursuit : Vous avez le temps. Profitez-en pour réfléchir. Pour une fois que j’étais décidé ! […]

CCCXXXI.

Sortant de ce qui remplace le Grès d’Alsace (et se nomme Les Initiés) nous nous sommes quittés rue Thouret, chacun reprenant son chemin. Pour une surprise ! Je n’avais pas vu François Tonsard depuis plusieurs mois. Là, le croisant rue Gros-Horloge, à peine si je l’ai reconnu. Rouge, boursoufflé, la démarche lente, et une lueur dans […]

CCCXXX.

Pour faire suite, la rue Percière, qui n’en finit pas. Insomnie ou lourde digestion, je tente de fixer avec plus de mémoire, Le Bar fécampois, la boutique de Marc Miranda, le bar Le Club, Saint-Arnould l’électricien, un boulanger, un marchand de farces et attrapes et Le Diplomate nommé alors Café du Palais… Rien ne parvient […]

CCCXXIX.

Il paraît que la rue Percière va devenir piétonne. Rien de notable pour le futur piéton, l’ancien circulant déjà sur la chaussée. Le changement sera pour les bistrots et restaurants, côtés nord et sud, tous inscrits au tourniquet des modes urbaines. Telle que, la rue a son charme, celui d’être étroite et bordée de hautes […]

CCCXXVIII.

Il y a soixante ans ou cinquante, on s’amusait. Par exemple, chaque année, ici, on avait droit à La féérie étoilée des bâtons blancs. La chose, sorte de gala, se passait à l’Omnia. Pas celui d’aujourd’hui mais celui d’hier, tout blanc, tout beau, avec des fresques remplies de faunes, de cerfs et de déesses jouant […]

CCCXXVII.

En bon Rouennais, je vais peu rive gauche. Encore moins rive sud. Deux ou trois fois l’an, visiter mes cousins chinois, là-bas, du côté du Château Blanc. Dans un temps lointain, qui n’existe plus, j’ai fréquenté le quartier Saint-Sever. Du temps où l’Olympia n’était pas une banque et où Le Petit Paris n’était pas Tati. […]

CCCXXVI.

Quelque part ou ailleurs, à propos d’un chanteur ou d’un cinéaste, je lis ceci : Il compte jouer un rôle dans les élections et comme beaucoup de citoyens, il militera à sa manière. Le conseil tient de l’élémentaire bon sens. Au point qu’on ne peut qu’engager nos politiques à le suivre. Oui, qu’ils militent à leur […]

CCCXXV.

Chez le médecin, habituel cérémonial, puis ordonnance que je m’efforce (non sans difficulté) d’obtenir la plus courte possible. A mon âge, vous croyez que c’est encore utile ? Il me regarde et lève les yeux au ciel. On transige sur les analyses : tension, cholestérol, diabète, tous chiffres à la limite, mais que mon Diafoirus aimerait voir […]

CCCXXIV.

Lorsque j’allais au théâtre (je n’y vais plus), au concert (pas mieux) ou au cinéma (idem), ailleurs aussi, je pensais bien faire. J’y croyais. Je tenais mon rôle. A présent tout m’ennuie. Les bonnes résolutions de la rentrée (aller au cinéma, lire tel livre, revoir untel) se brisent sur un total manque de volonté. Désormais […]

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