CDXLIII.

Qu’on ne se moque pas de moi : je viens d’apprendre qu’il existe ici, désormais, un restaurant tibétain. Parait-il depuis des années. Rue Saint-Sever. Au même endroit, antiquité, où vivotait autrefois une charcuterie nommée Au Duché de Bretagne. De Tréguier à Lhassa, quel chemin ! Idem, même rue, sur l’autre rive, on peut apercevoir Le Venise, sombre […]

CDXLII.

Puisque nous en sommes aux bars d’autrefois, jadis et naguère, il faut dire trois mots de L’Épicerie. Rue Beauvoisine, dans cette partie qui n’est ni Beauvoisine ni des Carmes. Sous un autre nom, c’est, du reste, toujours un café. Tantôt ouvert, tantôt fermé. Le Mascot ? Oui. Il y a une bonne quarante d’années, c’était une […]

CDXLI.

Ces visites trimestrielles à la clinique Saint-Hilaire m’obligent à l’arpentage régulier de la rue du même nom. Aller et retour. Pas gai, le moins que l’on puisse dire. Passe encore la Croix de Pierre, mais avant et après, on s’y ennuie. Revenant de consultation, quelle que soit l’heure, je m’offre une pâtisserie chez le boulanger […]

CDXL.

Abattu ce qui restait de l’ancienne institution Rey, les archéologues s’activent. Creuser à Rouen est toujours intéressant. De fait, ces jours-ci, la presse locale nous apprend qu’on vient de mettre à jour une sorte de décharge publique. Datant du XVe siècle (ce qui ne nous rajeunit pas) elle constitue, à ce qu’il semble, un témoignage […]

CDXXXIX.

Entrée dans l’hiver ou fin de partie ? Je me passionne peu par ce qui se passe ici (et ailleurs, donc !). Pourquoi m’en suis-je pris à Laurence Tison ? A Guy Pessiot ? Que m’ont-ils fait ? A moi, rien. Et aux autres ? Encore moins. Une fois écrit mes chroniques où je ne veux qu’une chose – amuser la […]

CDXXXVIII.

Ma mère hantait (sens imagé) les merceries. Boutons, fils, agrafes, elle passait des heures penchée sur le comptoir en compagnie de demoiselles moins expertes qu’elle dans l’art de la reprise, du biais ou du passepoil. Enfant, à peine moins haut que le comptoir, j’étais pétrifié du sérieux des débats. En regard, dans le bureau de […]

CDXXXVII.

L’autre jour, musée des Beaux-arts. Encore une inauguration. Une de plus, une de moins. L’assistance habituelle, toujours les mêmes, autant d’amateurs que de professionnels. Cependant, dès l’entrée, je perçois comme une atmosphère particulière. On semble plus souriant, plus vif, plus joyeux. De quoi s’agit-il ? Mon oreille traînante enregistre des bribes : – Oui, c’est une bonne […]

CDXXXVI.

En 1431, quelques Anglois ennuyés, chauffés par l’université de Paris, brûlèrent Jeanne d’Arc. Cela se passait place du Vieux-Marché, au n° 18. Cendres balancées du haut du pont, une partie du contingent rentra chez lui. M’as-tu rapporté du sucre de pomme ? demanda (en vieil english de Norfolk) Margaret à Andrew. Pas eu l’ temps, on a […]

CDXXXV.

Le plus pénible lorsqu’on écrit une chronique régulière, c’est de ne pouvoir compter sur les autres. Je veux dire, les lecteurs. Si l’on essaie d’être discret ou subtil, ils n’ont de cesse de traquer vos fautes d’orthographe. De style, si vous y allez un peu fort ; votre manque de retenue, si vous dites le fond […]

CDXXXIV.

Toujours à propos de bière, je me souviens que le seul endroit où l’on pouvait boire de la gueuze à la pression, était le Petit-Bruxelles. Ce café existe toujours, mais loin de ces temps anciens. Y boit-on encore de la gueuse ? Mais qui boit de la gueuze ! Il fut aussi un temps, plus ancien encore, […]

CDXXXIII.

Rentrant du Vieux-Marché où j’ai dîné (ni bien ni mal), je prends la rue du Gros-Horloge (écrire : j’emprunte la rue). Bref arrêt chez Glups pour quelques nounours à la guimauve (chacun ses faiblesses). Puis poursuite de ma route, en suivant avec bonhommie le camion-poubelle (chacun ses plaisirs). Au passage je m’aperçois que ce que fut […]

CDXXXII.

Les villes comme des tortues : elles ne posent aucune question ; elles ne réclament aucune réponse. Voilà pourquoi les architectes feraient mieux de se taire. Au lieu de ça, ils bavardent. A preuve, ce qui se prépare ici et là. Du côté du fameux éco-quartier Luciline. Ou de la rue Verte, de Saint-Sever, ou ailleurs, où […]

CDXXXI.

L’anniversaire de l’Armitière, encore. Les habits neufs de l’Armitière, toujours. Concernant l’oubli commémoratif (l’escamotage ?) d’Ute Stroheker (devenue Moulin) je rappelais son livre de souvenirs, Du Danube à la Seine, sous titré Histoire d’une petite fille allemande devenue une femme française. Une amie de rencontre m’appelle pour me dire que le livre est disponible à la […]

CDXXX.

Entre amis choisis, on célèbre le cinquantième anniversaire de l’Armitière, librairie ici connue. Chacun, séparé ou ensemble, y va de son témoignage. Comme on écrit l’histoire ! Tout y est à peu vrai. Et si loin du réel d’autrefois ! Chacun sa vérité dit-on. Oui, comme disait Carabine : j’ai pas souvenir de ça. Elle avait raison. Peut-être […]

CDXXIX.

On lit ça et là que Rouen est une ville sale, moche et bête. Les gens exagèrent ! Est-ce à dire que Rouen est intelligente, propre et belle ? Bien sûr que non. La vérité doit être entre les deux (centriste un jour, centriste toujours). Bref, qu’il y a des jours avec et des jours sans. Y […]

CDXXVIII.

En ai-je déjà parlé ? Possible. Il m’arrive de ne plus me souvenir. Je mélange tout. Il fut un temps ou je fréquentais avec assiduité le quartier Beauvoisine, la rue Beffroy surtout. A l’angle, il existait une épicerie spécialisée en produits dits bretons. Cela s’appelait, off course, Aux Délices de Bretagne. Il fut donc un temps […]

CDXXVII.

Dans ma dernière chronique je me suis amusé (oh, pas beaucoup) aux dépens du directeur du Musée de Peinture. Il est connu sous le nom de Sylvain Amic. L’histoire, au vrai, ne le concernait guère. Cette affaire de tableau volé se déroulait sous le lourd règne de Laurent Salomé. Je me demande toujours comment (pourquoi ?) […]

CDXXVI.

Très amusante cette histoire de tableau volé, retrouvé et rendu. Si vous n’avez pas suivi l’affaire, je résume : notre municipalité s’est fait barboter un tableau. XIXe siècle, pas loin d’une croûte. Où, quand, comment ? C’est flou. Reste qu’il a été retrouvé au Havre, les policiers ayant été avertis par un marchand à qui la toile […]

CDXXV.

  Gustave Flaubert disait (paraît-il) que Rouen était une ville bête. Seize (ou dix-sept) décennies plus tard, on reprend le propos. Aussi qu’elle est sale. Et moche. Et triste. Bref, désenchantement de rigueur. Faut-il y voir l’énième renouveau (la permanence ?) de ce qui fit l’essentiel de la pensée des romantiques ? La bière en plus ? Gustave […]

CDXXIV.

La dernière fois que je l’ai aperçu, c’était rue de la Champmeslé, à la terrasse du Tyrol. Personne ne va au Tyrol, je veux dire personne qui importe. Sauf elle, bien sûr. A bien m’en souvenir, il me semble que ce printemps-là s’annonçait froid. Elle était, comme on dit, en terrasse. Seule et frigorifiée à […]

CDXXIII.

Bavardant autour du Vieux Marché, on apprend que la municipalité y prévoit un nouvel aménagement. Rien de fabuleux, on s’en doute. Il s’agit surtout de faire oublier, à moindres frais, l’état de délabrement général (et persistant) de la place. On va enlever des bancs, en remettre d’autres, nettoyer ici, nettoyer là. Le tout sans volonté […]

CDXXII.

Dans mon immeuble, vivent une mère et sa fille. Cette dernière, la soixantaine passée. Bonjour, bonsoir. Mais à force, on finit par connaître et savoir. L’autre jour, je croise la fille dans l’escalier. Tout de suite, je devine : comme on dit, ça ne va pas. Elle s’arrête, je m’arrête ? Maman est partie me dit-elle. Le […]

CDXXI.

Une chose simple et tranquille : qui se souvient de la flûtiste qui chaque fin d’après-midi jouait place de la cathédrale avec, à ses pieds, un chien-loup ? Qu’est-elle devenue ? En existe-t-il une photographie ? Ici, peut-être, pas certain. Dans le monde, à coup sûr. Les touristes, toutes origines confondues, aiment enregistrer ce qu’ils ont, sur le coup, […]

CDXX.

Les récents jeux olympiques ont réservé une surprise, celle de passionner le public pour les efforts des handicapés. Ce fameux public, dans sa vérité, trouvait une satisfaction à voir courir des unijambistes, sauter des aveugles, nager des manchots. J’écris ces derniers mots en ayant conscience de ce qu’ils peuvent avoir de choquant aujourd’hui. L’atténuation ou […]

CDXIX.

Le récent commentaire d’un lecteur contient comme un reproche voilé. Voulant parler de la place du Général de Gaulle, j’ai parlé (je parle toujours) de la place de l’Hôtel de Ville. La première est celle de l’appellation officielle ; la seconde celle de l’usage. Ce lecteur a deviné : je déteste autant le Général que les calendriers […]

CDXVIII.

Une précédente chronique évoquait, de façon trop brève m’a-t-il semblé, le peintre Jean Rouquier. J’ai écrit que celui-ci habitait rue Beffroy. A la réflexion, j’en doute. N’étais-ce pas rue de la Seille ? Quelle importance, me dira-t-on. Oui. De peinture, peintre et souvenirs autour, m’est revenu qu’il existait, de fait, rue Beauvoisine, un magasin de fournitures […]

CDXVII.

Nous voici rendus à la vie civile. A nos vieux chaussons. Vive l’année prochaine disent les parasols des bistrots. Ou des restaurants où je me suis bien amusé (à défaut d’autre chose). Curieuse impression d’avoir été, un court temps, étranger dans sa ville. J’ai visité des musées, été au concert, me suis reposé au jardin. […]

CDXVI.

Qui se souvient de Jean Rouquier, lequel tenait chaque soir ses assises aux Floralies ? Aux temps anciens, ceux où la place du 22 avril 1944 n’existait pas. Ni l’Espace du Palais, ni la terrasse du Socrate, ni l’extension du lycée Saint-Saëns. Et encore moins ce restaurant dit 16/9e, lequel était un marchand de meubles avant […]

CDXV.

Distraction habituelle des ouvriers retraités d’autrefois, je suis allé voir l’avancement des travaux place de l’Hôtel de Ville. Rien de clair à première vue sinon la grande satisfaction pour moi de constater un immense espace vide. Enfin, presque. Certes bagnoles et bus ne tarderont guère, mais pour l’instant, sous un beau soleil (parfois) la vision […]

CDXIV.

Pour qui répugne à la villégiature (mon cas) la présente saison semble longue. Boulangeries fermées, charcuteries itou. Hormis celles du centre, les rues sont désertes. Comme il est dit : il n’y a plus personne. Léone, mon aide-ménagère, étant repartie pour trois semaines dans son Gabon natal, j’en suis à dîner chaque soir (ou tant s’en […]

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut