Les enfants attirés par le Musée des antiquités.
Affluence exceptionnelle en ce samedi soir pour l’institution de la rue Beauvoisine. Participant à cette nouvelle nuit européenne des musées, l’établissement donnait à voir en ce samedi soir, un parcours thématique, mettant en lumière les différents chantiers et travaux de restauration mis en œuvre à Rouen au XIXe siècle. Cette manifestation temporaire est divisée en deux volets : un premier parcours présente une série d’œuvres (sculptures, vitraux, éléments d’architecture) provenant de la cathédrale de Rouen, tandis qu’une exposition-dossier est organisée autour de la maquette de Saint-Ouen réalisée par l’architecte Henri Grégoire, et s’interroge sur la question du courant néogothique au XIXe siècle. En marge de cette collection, celle intitulée « Gothique-néogothique » a recueilli bon nombre de regards passionnés. Originalité de cette soirée, alors que papa et maman confortaient leur érudition, les enfants, en nombre, profitaient d’un atelier maquillage mené par la compagnie Sakadé. A la question « qu’est-ce qui vous intéresse le plus dans la visite du musée ? », Héléna 7 ans et Albane 8 ans, ont répondu, sans équivoque : « l’atelier maquillage ! ».
A l’abri des arbres du jardin.
Pour cette nuit des musées 2014, le musée Flaubert et d’histoire de la médecine a proposé à ses nombreux visiteurs la découverte de deux expositions originales : « Mesdames Bovary » et « l’incroyable histoire des quintuplés Dionne ». Mais Alexandrine, retraitée de l’éducation était venue pour autre chose. « Ces visites commentées m’intéressent mais je les connais. Ce pourquoi je suis venue se déroule dans le jardin. En plein centre-ville, dans un petit havre de paix, protégé des bruits extérieurs par ses hauts murs. Tout à l’heure, je vais m’y installer, avec les autres, et écouter… ». Et de fait, deux fois dans la soirée, la comédienne Sophie Caritté s’est installée dans le carré de verdure baigné du soleil de fin de journée. Elle a lu « Madame Bovary c’est l’autre », une nouvelle de Woody Allen et discouru sur le thème des jumeaux à l’aide de textes de George Sand, J. Godbout et Olivier Frébourg…
Le musée des Beaux-Arts, grand gagnant de la nuit européenne des musées.
L’art est prisé des rouennais. Pour preuve, la file d’attente devant les portes du musée des Beaux-Arts en cette nuit spéciale et gratuite dédiée, autre autres, à la visite de l’une des plus grandes vitrines artistiques de la ville. L’institution, issue de la révolution française, a une fois de plus fait le plein, réunissant, avec le musée du Secq des Tournelles et celui de la céramique, quelques 1.109 visiteurs dont 195 de moins de 26 ans, en légère progression par rapport à 2013 (+1%), confirmant le succès de cette manifestation auprès des visiteurs et le rayonnement des collections municipales. Les visiteurs, pressés de franchir les portes de l’établissement comme un premier jour de soldes, ont pu se laisser aller à la découverte des plus de dix-mille dessins et trois-mille peintures qui ornent les murs du bâtiment du 19e siècle. Si la majorité des passionnés étaient venus pour s’enivrer de la vue des collections permanentes, d’autres se sont laissé tenter par la visite en audio-description. Ainsi, Pascal à t-il chaussé un masque de relaxation avant « écouter une œuvre », décrite par la conférencière. « Expérience innovante », témoigne-t-il, «dans laquelle on imagine, durant de longues minutes, le tableau, que l’on découvre enfin après avoir recouvrer la vue ».